Je le savais…

candleJe savais que ça ne serait pas sans conséquence, et pourtant je l’ai fait. La sentence ne s’est pas faite attendre : certains lecteurs n’ont pas aimé mon dernier article et m’en ont fait part.

Au moment où j’écris ces mots, me vient une question : « Suis-je sur le point de me justifier pour le choix du sujet de mon dernier article ? » Cette question se pose, oui, parce que, si on y réfléchit bien, c’est notre blog et on écrit ce qu’on veut dedans, hein, Une Plume ?!! Mais quand même… L’idée d’avoir semé le trouble dans l’esprit de mes lecteurs les plus assidus me plait bien m’interpelle.

Tant pis j’assume. Depuis plus d’un an maintenant, on se connaît vous et moi. Je vous écris, je vous fais découvrir mes chansons, je me confie parfois. Je vous fais part de quelques-unes de mes lectures, celles qui m’ont touchée, faite rire ou attendrie. Et Une Plume fait pareil (en plus bavard, certes, vous l’aurez remarqué aussi). Je vous ai parlé de quelques romans, certains humant bon la patate douce ou parlant de la langue française avec tendresse. Eh bien figurez-vous – attention, ça va peut-être vous paraître étonnant, incroyable, fou ! – figurez-vous que je ne lis pas que des romans. Je lis aussi des livres culturels, des essais philosophiques, des bouquins de psychologie, et même des livres traitant de – le mot va être lâché – spiritualité ! Si si, je vous assure ! Et le pire – décidément, pauvre Une Voix, elle glisse dans un abîme sans fond – c’est que ça me passionne ! Et le pire du pire du pire – si, c’est possible – c’est que je partage cet intérêt avec Une Plume (La preuve) !

On pourrait ne pas vous en parler, c’est vrai. Après tout, ces livres n’ont pas toujours un style des plus littéraires ni une intrigue des plus palpitantes. Encore que… Posez-vous ces questions en toute honnêteté : Quoi de plus excitant que de découvrir enfin les clefs du bonheur ? Ne sommes-nous pas tous en train de cheminer, à notre manière, clopin-clopant, ramant même parfois, pour débrouiller cette énigme du sens de la vie ? Si c’est le cas et que des livres existent et que ces livres sont intéressants, ils trouvent naturellement leur place sur ce blog !

D’aucuns diront – où penseront et se retiendront de le dire – que pour Une Plume, bon, ok, c’est normal qu’elle lise beaucoup et écrive sur ses lectures, c’est elle la littéraire. Mais Une Voix, hein ? Ne pourrait-elle pas nous parler de musique un peu ?!! C’est son job, zut (Littéralement ce n’était pas zut, mais le zut est plus approprié pour l’écrit vous en conviendrez) !

C’est promis, je vous reparlerai de musique bientôt. Bientôt quand ? Je ne sais pas vous dire. D’abord parce que je ne sais pas lire dans l’avenir (et c’est une bonne nouvelle), ensuite parce nous avons tout notre temps (avec Une Plume nous n’avons pas l’intention d’arrêter ce blog prochainement) et enfin parce que pour l’instant mon humeur est plus à la lecture méditative qu’à la théorie musicale. Sans compter qu’un déménagement récent a enfermé tous mes accessoires de musique et d’enregistrement (sauf ma guitare heureusement) dans des cartons et que je n’ai pas la place pour le moment de les réinstaller – mais ce n’est pas une excuse, j’en conviens.

J’espère, cher lecteur, que tu ne me tiendras rigueur ni de ma difficulté à te parler musique en ce moment, ni des « lectures sérieuses » dont je pourrais souhaiter t’entretenir…

J’espère, cher lecteur, que tu continueras à nous lire avec plaisir malgré le fait que nous ne soyons qu’humaines, Une Plume et moi et arborions beaucoup d’imperfections (Une Plume moins que moi, c’est vrai)…

J’espère enfin, cher lecteur, ne point t’avoir ennuyé avec cet article plein d’états d’âmes. C’est cela aussi le partage et je souhaite continuer de partager avec toi…

A très bientôt… en musiques ou en mots !

Les intervalles (2ème partie)

Dans la première partie de notre série consacrée aux intervalles, nous avons vu les intervalles élémentaires (ton et demi-ton) et la façon dont ils s’articulent pour former les gammes majeure et mineure. Aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur la dénomination d’intervalles plus grands, sur leur composition et sur leur qualification. Enfin, nous verrons comment faire le lien entre cet apport théorique et les accords de notre chanson!

La dénomination des intervalles

Reprenons la suite des notes naturelles: Do, ré, mi, fa, sol, la si, do’ (j’appelle ce dernier do, do prime pour le distinguer du premier).

  • L’intervalle entre deux notes conjointes (sans tenir compte des altérations) s’appelle une seconde. Voici quelques exemples de secondes: Do-ré, mi-fa, sol- la bémol, ré dièse-mi
  • L’intervalle comprenant une seule note entre ses bornes s’appelle une tierce. Voici quelques exemples de tierces : Do-mi, ré-fa dièse, sol-si bémol, do dièse-mi bémol, …
  • L’intervalle comprenant deux notes entre ses bornes s’appelle une quarte. Voici quelques exemples de quartes : Do-fa, ré-sol dièse, sol-do, ré bémol-sol dièse, …
  • L’intervalle comprenant trois notes entre ses bornes s’appelle une quinte. Voici quelques exemples de quintes : Do-sol, ré-la dièse, sol-ré bémol, do dièse-sol bémol, …
  • L’intervalle comprenant quatre notes entre ses bornes s’appelle une sixte. Voici quelques exemples de sixtes : Do-la, ré-si bémol, fa dièse-ré, …
  • L’intervalle comprenant cinq notes entre ses bornes s’appelle une septième. Voici quelques exemples de septièmes : Do-si, ré-do dièse, sol- la bémol, …
  • L’intervalle comprenant six notes entre ses bornes s’appelle une octave. Voici quelques exemples d’octaves : Do-Do’, Ré-ré’, sol dièse-sol dièse’, …
  • L’intervalle comprenant sept notes entre ses bornes s’appelle une neuvième. Voici quelques exemples de neuvièmes : Do-ré’, mi-fa’, sol- la bémol’, ré dièse-mi’
  • L’intervalle comprenant huit notes entre ses bornes s’appelle une dixième. Voici quelques exemples de dixièmes : Do-mi’, ré-fa dièse’, sol-si bémol’, do dièse-mi bémol’, …

etc…

Quelques remarques:

  • Il faut citer le « non-intervalle » unisson, représentant l’intervalle entre deux notes identiques (do-do, ré-ré, …).
  • L’intervalle de neuvième et l’intervalle de seconde se ressemblent étrangement. La seule différence est que dans l’intervalle de neuvième, l’une des bornes est située une octave plus haut (ou plus bas). L’intervalle de neuvième est équivalent à un intervalle de seconde + un intervalle d’octave. Souvent d’ailleurs, un intervalle de neuvième est simplifié en intervalles de seconde.
  • Même remarque pour l’intervalle de dixième et l’intervalle de tierce, et ainsi de suite.

La composition des intervalles

Donner la composition des intervalles consiste simplement à indiquer le nombre de tons et de demi-tons compris entre les bornes de l’intervalle (si besoin, se reporter à l’article Les intervalles (1ère partie)).

Par exemple, entre Do et Fa, nous avons 2 tons et 1/2 ton, entre Ré et La, nous avons 3 tons et 1/2 ton et entre Do et Do’ nous avons 6 tons.

La qualification des intervalles

Le travail se corse un peu à ce stade des opérations! Il s’agit, à partir de la dénomination et de la qualification d’un intervalle de déterminer sa qualification. Pour se faire utilisons le tableau récapitulatif suivant:

Dénomination Composition Exemple Qualification
Unisson 0 ton Do-Do juste
½  ton Do- Do dièse augmenté
Seconde ½ ton Do-Ré bémol mineure
1 ton Do-Ré majeure
1 ton ½ ton Do-Ré dièse augmentée
Tierce 1 ton ½ ton Do-Mi bémol mineure
2 tons Do-Mi majeure
2 tons ½ ton Do-Mi dièse augmentée
Quarte 2 tons Do-Fa bémol diminuée
2 tons ½ ton Do-Fa juste
3 tons Do-Fa dièse augmentée
Quinte 3 tons Do-Sol bémol diminuée
3 tons ½ ton Do-Sol juste
4 tons Do-Sol dièse augmentée
Sixte 4 tons Do-La bémol mineure
4 tons ½ ton Do-La majeure
5 tons Do-La dièse augmentée
Septième 5 tons Do-Si bémol mineure
5 tons ½ ton Do-Si majeure
6 tons Do-Si dièse augmentée
Octave 5 tons ½ ton Do-Do bémol diminuée
6 tons Do- Si dièse juste
6 tons ½ ton Do-Do dièse augmentée

Quelques remarques:

  • Les formes diminuée et augmentée de l’octave et de l’unisson sont très rares.
  • Les intervalles de quarte augmentée et de quinte diminuée ont la même composition : Do-Fa dièse et Do Sol bémol se jouent de manière identiques sur un piano, mais leur fonction en théorie musicale n’est pas la même. Explication à suivre…
  • Deux intervalles conjoints dont la somme des compositions donne 6 tons (une octave) sont appelés intervalles complémentaires. Ils ont d’ailleurs les mêmes notes à leur borne, à une octave près: Sol-Fa et Fa-Sol’ par exemple. Une astuce avec les intervalles complémentaires est que l’on peut déduire la composition de l’un à partir de la composition de l’autre (puisque la somme fait 6 tons). Il est alors plus facile de déterminer la composition et la qualification de Fa-Sol, seconde majeure (1 ton) que de Sol-Fa, septième mineure (5 tons).

 A quoi ça sert ?

Vous êtes toujours là ? Tant mieux parce que c’est là que ça devient intéressant

Dans un article précédent (Tonalité et accords), nous avions vu quels accords pouvaient être déduits de la tonalité d’un morceau, mais nous n’avions pas expliqué comment déterminer si un accord est majeur ou mineur. Voici l’explication:

Nous avons vu qu’un accord à trois sons est constitué de sa première note, de la tierce et de la quinte déterminées à partir de cette première note. C’est la qualification de la tierce qui donne le qualificatif de majeur ou de mineur à l’accord. Par exemple :

  • L’accord do-mi-sol. L’intervalle Do-mi est une tierce majeure (2 tons). L’accord est donc Do majeur.
  • L’accord ré-fa-la. Ré-fa est une tierce mineure (1 ton et demi) . L’accord est donc Ré mineur.
  • Et ainsi de suite…

En qualifiant la tierce de l’accord, on peut donc qualifier l’accord lui même.

Cette logique est poussée encore un peu plus loin dans le cas des accords à quatre sons. Nous verrons cela très bientôt, mais à chaque jour suffit sa peine …et sa dose de théorie musicale. Je vous libère pour ce soir!

Les intervalles (1ère partie)


Comme un piano

Nous allons aujourd’hui parler des intervalles, une notion essentielle pour comprendre la construction d’une gamme ou d’un accord.

Le Ton (et le demi-ton) c’est bon

  • 1 demi-ton correspond à l’intervalle entre deux touches adjacentes sur un piano (une noire et une blanche ou deux blanches non séparées par une noire)  ou à l’intervalle entre deux notes séparées par une fret sur une guitare. Le demi-ton est donc le plus petit intervalle que l’on puisse faire avec un instrument comme le piano.
  • 1 ton – je vous le donne en mille – est un intervalle composé de deux demi-tons successifs. Sur un piano, on retrouve cet intervalle entre deux touches blanches séparées uniquement par une touche noire… ou par deux touches noires séparées uniquement par une touche blanche. Quant au repère sur une guitare, je vous laisse le déduire tous seuls en reprenant la définition du demi-ton !

Y a comme un beug

Les plus attentifs d’entre vous aurons remarqué que sur un piano, la répartition des tons et des demi-tons ou plutôt la répartition des touches noires et des touches blanches n’est pas uniforme. On a parfois deux touches blanches de suite…. Si si! Et même ces deux touches blanches de suite sont réparties avec un schéma un peu bancal: blanche noire blanche noire blanche blanche noire blanche noire blanche noire blanche blanche

Non, ce n’est pas un beug mais le résultat de la construction de toute la musique occidentale!

En fait, les touches blanches, correspondent aux notes dites « naturelles », c’est à dire do, ré, mi, fa, sol, la  et si …et ainsi de suite. Les touches noires, elles correspondent à des notes dites « altérées » qui sont en fait des notes intermédiaires entre deux notes naturelles. Comme entre deux touches successives on a toujours 1 demi-ton, on en déduit qu’il y a certaines notes naturelles qui ne sont séparées que d’1 demi-ton tandis que les autre sont séparées d’1 ton entier.

Voici les intervalles qui existent entre les notes naturelles:

  • Entre Do et Ré = 1 ton (la note intermédiaire s’appelle do dièse ou ré bémol)
  • Entre Ré et Mi = 1 ton (la note intermédiaire s’appelle ré dièse ou mi bémol)
  • Entre Mi et Fa = 1/2 ton (pas de note intermédiaire)
  •  Entre Fa et Sol = 1 ton (la note intermédiaire s’appelle fa dièse ou sol bémol)
  • Entre Sol et La = 1 ton (la note intermédiaire s’appelle sol dièse ou la bémol)
  •  Entre La et Si = 1 ton (la note intermédiaire s’appelle la dièse ou si bémol)
  • Entre Si et Do = 1/2 ton (pas de note intermédiaire)

 Et alors ?

A certains cette découverte fait une belle jambe. Les autres n’ont qu’à lire la suite…

La gamme de Do Majeur que tout le monde connait (Mais si: « do, ré, mi, fa, sol, la , si, do, gratte moi la puce que j’ai dans l’dos…« ) est la plus simple qui soit puisqu’elle ne comporte que des notes naturelles. La répartition des tons et des demi-tons entre ces notes forme un genre de schéma (2 fois 1 ton, 1/2 ton, 3 fois 1 ton, 1/2 ton) que nous allons pouvoir réutiliser pour former d’autres gamme!

Par exemple pour construire la gamme de Sol Majeur, on reprend le même schéma et on l’applique en partant du sol:

  • Sol
  • Sol + 1 ton = La
  • La + 1 ton = Si
  • Si + 1/2 ton = Do
  • Do + 1 ton =
  • Ré + 1 ton = Mi
  • Mi + 1 ton = Fa dièse !
  • Fa dièse + 1/2 ton = Sol

Nous venons de construire la gamme de Sol Majeur qui comprend une note altérée le Fa dièse (ou Fa#) ! Il est bien entendu possible de faire cet exercice à partir de toutes les notes naturelles… et même à partir des notes altérées. C’est magique !

Majeur et mineur

Le schéma que nous avons vu plus haut (2 fois 1 ton, 1/2 ton, 3 fois 1 ton, 1/2 ton) est le schéma de la gamme majeure. Il existe d’autres schémas pour construire d’autres gammes. Il existe même des gammes qui ne comportent pas 7 notes.

Cependant, les schéma les plus utilisés dans la chanson sont les schémas majeur et mineur.

La gamme mineure qui ne contient que des notes naturelles est la gamme de La mineur: La, Si, Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La. Le schéma correspondant est donc le suivant 1 ton, 1/2 ton, 2 fois 1 ton, 1/2 ton, 2 fois 1 ton.

Et les accords dans tout ça ?

Voila une première approche de la notion d’intervalle, en espérant avoir été limpide dans mes explications. Nous reviendrons très prochainement sur la composition et la qualification des intervalles, ce qui nous permettra de comprendre comment sont composés les accords d’une trame harmonique.

Passionnant, non ?

Une voix

Solfège or not solfège

Combien de fois ai-je entendu dire « j’ai été dégouté de la musique par le solfège » ou bien « je voulais jouer de la guitare mais j’ai été obligé de faire du solfège alors j’ai arrêté » ?

Le solfège, pour les autodidactes ou pour ceux qui souhaite pratiquer la musique comme un hobby, est souvent une corvée pénible et sans intérêt. On confond cependant souvent « solfège » et « théorie musicale ».

Le solfège est l’apprentissage de la lecture chantée des notes sur une partition en les nommant et en respectant leur valeur rythmique. L’intérêt premier de cet apprentissage est  évidemment lié à l’utilisation de partitions. Cette discipline est donc fondamentale pour un musicien classique qui souhaite rejoindre un orchestre ou pour un musicien amateur désireux d’apprendre de nouveaux morceaux par le biais de partitions. On admettra par contre aisément qu’un guitariste de rock ne souhaite pas apprendre à chanter une partition. En cela, je comprends la frustration de musiciens amateurs que l’on oblige à acquérir cette compétence dont ils n’auront jamais l’utilité.

Par extension, on rattache souvent l’apprentissage de la théorie musicale à la notion de solfège. Or il s’agit là de deux choses fondamentalement différentes. Si le solfège nécessite un apprentissage répétitif et fastidieux (et, comme on l’a vu précédemment, potentiellement inutile), la théorie musicale, elle, porte sur la compréhension du langage musical et de sa construction. C’est un domaine passionnant!

Certes la construction des gammes par exemple peut paraître absconse à première vue. Mais c’est justement ce que la théorie musicale nous explique. Et cette compréhension aboutit ensuite à des découvertes extraordinaires. Pour le musicien qui veut composer ou apprendre à improviser, c’est une source de bienfaits intarissable!

Je n’en citerai que quelques uns: transposer facilement un morceau pour pouvoir le chanter dans sa tonalité de prédilection, trouver comment faire une variation efficace ou une modulation dans un morceau, ou cibler les notes d’un solo instrumental… Après cela vous conviendrez comme moi que la théorie musicale c’est du pur bonheur!

Pour finir sur une note consensuelle et faire taire un peu la virulente protectrice de la théorie musicale que je suis, je conclurais en disant qu’il n’est évidemment pas obligatoirement nécessaire d’avoir une compréhension « intellectuelle » de la théorie de la musicale pour progresser. Certains musiciens – je citerais le jazzman autodidacte Chet Baker – en ont une compréhension intuitive qui frôle le génie. Mais rares sont ceux qui ont pareille oreille ! Pour les autres, s’ils souhaitent s’ouvrir de nouveaux horizons, en termes de composition par exemple, il leur reste… la théorie musicale!

Une voix