Poérotique

CircéIl a fallut un style, une voix, une liberté d’écriture un peu hors norme pour me sortir de mon mutisme rédactionnel et me faire retrouver le chemin de ce blog que j’ai laissé un peu prendre la poussière ces derniers temps.
Des chantiers personnels m’ont éloignée de vous pendant quelques temps. Chers lecteurs, je vous prie de m’en excuser.

Vous connaissez peut-être déjà Circé Deslandes ?
Elle vient de sortir un album, dont le titre (Œstrogenèse) annonce la couleur.

Je découvre cette artiste et je pressens qu’elle va faire parler d’elle prochainement et pour plus d’une raison.

La première est sans aucun doute son vocabulaire. Je pensais ma plume affranchie, je tombe de haut quand je découvre le premier extrait de son disque, dédié au sexe masculin, et dont le titre arbore fièrement et tel un obélisque un mot de quatre lettres commennçant par « b » et finissant par « ite ». Je ne vous parlerai pas du clip de la dite chanson, je vous laisse vos recherches par vous même…

Certains parleront de style provocant, à cause des images suggérées par les mots (et les mots suggérés par les images du clip d’ailleurs). Mais ce serait à mon sens assez réducteur et je préfère parler de liberté, de désinvolture. Désinvolture mais toutefois aussi beaucoup de sérieux dans cet univers qui, on le ressent, n’a pas été artificiellement construit pour choquer ni interpeller.

Les sujets érotiques, voire un peu crus sont abordés sans fausse pudeur mais avec une grande poésie. Poésie que l’on retrouve dans la musique qui est subtile et ciselée et qui m’a fait penser aux premiers albums du groupe Air dans les atmosphères et les orchestration. La voix est tantôt suave, tantôt ingénue et portent de vraies mélodies.

Trop la décrire risquerait de la desservir ou de rétrécir son univers et je n’en ai pas envie.
Je vous laisse la découvrir et venir nous en parler sur ce blog si le cœur vous en dis.

J’essaie de vous revenir vite, Inch Allah.
Bonne écoute !

Tonalité et accords

Aujourd’hui, une petit introduction sur la tonalité et les accords, base de la trame harmonique d’une chanson! Je me contente volontairement d’une présentation simplifiée ici, nous aurons l’occasion de détailler les différents points dans des articles ultérieurs.

Tonalité késako

Commençons par le début, qu’est-ce que la tonalité d’un morceau ou d’une chanson ?

C’est le contexte harmonique, le cadre de la chanson. La tonalité se base sur une note, la tonique (par exemple DO) et sur une couleur par exemple Majeur. Si la tonalité de notre chanson est DO Majeur, cela signifie que notre morceau s’appuie sur la gamme de DO Majeur. Cette gamme est très importante, car c’est elle qui va déterminer les accords que nous pourrons utiliser pour accompagner notre chanson. Cette gamme, c’est aussi l’ensemble des notes dans lequel nous allons piocher pour écrire la ligne mélodique qui va porter le chant et éventuellement le solo instrumental.

Les accords issus de la gamme

Pour construire les accords à partir des notes de la gammes, commençons par aligner les notes de la gamme de DO Majeur, puisque c’est notre tonalité exemple.

DO

RE

MI

FA

SOL

LA

SI

(DO)

A partir de chacune de ses notes, on « empile » deux autres notes issues de la gamme: la tierce (la troisième note à partir de la note de l’accord) et la quinte  (la cinquième note à partir de la note de l’accord):

1) DO-MI-SOL: Cet accord s’appelle Do Majeur, que nous noterons Do ou C à la manière anglaise.

2) RE-FA-LA: Cet accord s’appelle Ré mineur, noté Ré m ou Dm.

3) MI-SOL-SI Cet accord s’appelle Mi mineur, noté Mi m ou Em.

4) FA-LA-DO: Cet accord s’appelle Fa majeur, noté Fa ou F.

5) SOL-SI-RE: Cet accord s’appelle Sol majeur, noté Sol ou G.

6) LA-DO-MI: Cet accord s’appelle La mineur, noté La m ou Am.

7) SI-RE-FA: Cet accord s’appelle Si mineur, noté Si m ou Bm.

Nous avons résumé ici tous les accords de base, à trois sons, de la tonalité de Do majeur. Nous apprendrons bientôt à déterminer si un accord est coloré majeur ou mineur et comment retrouver facilement les accords d’une tonalité quelle qu’elle soit. Nous verrons également comment enrichir ces accords pour leur donner une identité sonore originale. Pour le moment notons quand même deux choses :

  • L’accord sur la tonique porte le même nom que la gamme et que la tonalité.
  • Nous disposons de 3 accords majeurs et de 4 accords mineurs.

Construction d’un accompagnement à partir de ces accords

Nous pouvons à présent nous servir de ces accords pour construire l’accompagnement harmonique de notre chanson. Faites l’essai: jouez, dans le désordre, ces accords et vous verrez qu’ils s’enchainent sans impression de fausses notes. Il existe des règles et des enchainements « classiques » d’accords, mais pour l’instant notez juste les conseils suivants:

  • Commencez et terminez votre chanson par l’accord formé sur la tonique (l’accord noté 1) c’est à dire dans notre cas, C.
  • N’abusez pas de l’accord du septième degré (l’accord noté 7), dans notre exemple Bm.

Voici un exemple de « grille » d’accompagnement pour une chanson en Do majeur:

Et si je veux utiliser d’autres accords que ceux là, d’abord ?!

Rien ne vous en empêche… avec le risque d’introduire une impression de fausseté ou d’étrangeté dans votre chanson. Cependant, sortir des accords de la tonalité est un processus très utilisé pour induire une rupture harmonique (un pont instrumental par exemple). Reste à bien choisir ces accords dits « out » ou à carrément trouver un moyen de changer de tonalité sur toute une partie de la chanson. Nous verrons par la suite comment faire, point trop n’en faut pour aujourd’hui !

A suivre, donc…

Une voix

Solfège or not solfège

Combien de fois ai-je entendu dire « j’ai été dégouté de la musique par le solfège » ou bien « je voulais jouer de la guitare mais j’ai été obligé de faire du solfège alors j’ai arrêté » ?

Le solfège, pour les autodidactes ou pour ceux qui souhaite pratiquer la musique comme un hobby, est souvent une corvée pénible et sans intérêt. On confond cependant souvent « solfège » et « théorie musicale ».

Le solfège est l’apprentissage de la lecture chantée des notes sur une partition en les nommant et en respectant leur valeur rythmique. L’intérêt premier de cet apprentissage est  évidemment lié à l’utilisation de partitions. Cette discipline est donc fondamentale pour un musicien classique qui souhaite rejoindre un orchestre ou pour un musicien amateur désireux d’apprendre de nouveaux morceaux par le biais de partitions. On admettra par contre aisément qu’un guitariste de rock ne souhaite pas apprendre à chanter une partition. En cela, je comprends la frustration de musiciens amateurs que l’on oblige à acquérir cette compétence dont ils n’auront jamais l’utilité.

Par extension, on rattache souvent l’apprentissage de la théorie musicale à la notion de solfège. Or il s’agit là de deux choses fondamentalement différentes. Si le solfège nécessite un apprentissage répétitif et fastidieux (et, comme on l’a vu précédemment, potentiellement inutile), la théorie musicale, elle, porte sur la compréhension du langage musical et de sa construction. C’est un domaine passionnant!

Certes la construction des gammes par exemple peut paraître absconse à première vue. Mais c’est justement ce que la théorie musicale nous explique. Et cette compréhension aboutit ensuite à des découvertes extraordinaires. Pour le musicien qui veut composer ou apprendre à improviser, c’est une source de bienfaits intarissable!

Je n’en citerai que quelques uns: transposer facilement un morceau pour pouvoir le chanter dans sa tonalité de prédilection, trouver comment faire une variation efficace ou une modulation dans un morceau, ou cibler les notes d’un solo instrumental… Après cela vous conviendrez comme moi que la théorie musicale c’est du pur bonheur!

Pour finir sur une note consensuelle et faire taire un peu la virulente protectrice de la théorie musicale que je suis, je conclurais en disant qu’il n’est évidemment pas obligatoirement nécessaire d’avoir une compréhension « intellectuelle » de la théorie de la musicale pour progresser. Certains musiciens – je citerais le jazzman autodidacte Chet Baker – en ont une compréhension intuitive qui frôle le génie. Mais rares sont ceux qui ont pareille oreille ! Pour les autres, s’ils souhaitent s’ouvrir de nouveaux horizons, en termes de composition par exemple, il leur reste… la théorie musicale!

Une voix

Ma première chanson

Qu’on soit guitariste du dimanche, chanteur sous sa douche, amateur de karaoké ou qu’on écrive des poèmes dans un journal intime, on a tous un jour rêvé d’écrire une chanson. Mais la question qui se pose rapidement c’est : comment s’y prendre ?

Ma première réponse sera une réponse de normand : il n’y a pas de recette! …ou plutôt, en reformulant, il y a mille recettes ! Avouez que la seconde formulation est plus rassurante…

Certains écrivent d’abord les paroles puis composent une musique pour le texte ainsi obtenu, d’autres cherchent tout d’abord une mélodie puis se l’approprient en la chantant « en yaourt » (comprenez : en la chantant avec des sons et onomatopées que remplaceront plus tard de vrais mots) avant d’écrire les paroles, d’autres enfin sont spécialistes pour marier un texte et une musique écrits séparément.

Le choix de la méthode dépend de chacun. Si l’on est plus à l’aise avec sa guitare (ou avec son piano), il peut être judicieux de commencer par trouver l’accompagnement de la chanson. Si par contre, on aime jouer avec les mots, l’écriture du texte peut être préalable. Pour ma part, je commence en général par le texte, quitte à le retravailler ensuite, lorsque j’ai trouvé la musique.

Il faut ensuite choisir un thème à sa chanson, un niveau de langue et/ou un ton particulier que l’on souhaite pour le texte. Je donnerai des conseils plus précis à ce sujet dans des articles ultérieurs. Disons pour l’instant simplement que l’amour (ou souvent le manque d’amour) reste un sujet inspirant et que conserver un vocabulaire simple peut s’avérer très efficace.

Comme support pour travailler le texte, on peut prendre une chanson existante que l’on aime bien. On chantonne la mélodie de cette chanson en remplaçant les phrases originales par ses propres phrases. Cela permet de vérifier que le rythme du texte (le nombre de pieds de chaque vers) est bon et que la sonorité des mots utilisés est jolie (les rimes en –oire sont à éviter par exemple !).

Viens ensuite la question de la forme : suite de strophes de même structure ou alternance Couplets / Refrain ? Insertion d’une variation au milieu de la chanson ? Durée du morceau ? Là encore, tout est question de goût. Pour une première chanson cependant, le choix d’une structure Couplets / Refrain avec une variation sur la fin est judicieux car c’est une forme éprouvée et efficace. A nouveau, s’inspirer de la forme d’une chanson de variété peut être très aidant.

Du côté de la musique, il faut choisir une tonalité dans laquelle on sera à l’aise pour chanter car c’est bien la finalité de notre première chanson : la chanter et qu’elle soit jolie. Dans cette tonalité, il faudra ensuite trouver une mélodie et construire l’accompagnement. Tout un programme pour lesquels j’aurai plein de conseils à vous donner.

Voila notre chanson déjà bien esquissée! Il nous reste à présent à trouver de beaux arrangements pour cette chanson et à l’enregistrer avec les moyens du bord. Autant de thèmes qui feront l’objet d’articles très bientôt, c’est promis !

Une voix