La française Pop

La française popUne voix est muette. Pas un peu éraillée ou enrouée, non carrément muette. Elle ne s’exprime plus. Voila combien de jours, voila combien de nuits qu’elle n’a rien écrit sur ce blog qu’elle affectionne pourtant. Muette, donc, la Voix.

Possible. Mais sourde, pas encore. Elle écoute, attentive, les crissements d’Une Plume sur le papier et tant elle écoute qu’elle entend les appels que cette dernière a, dans son dernier article, chuchoté de manière très subtile comme dans un porte-voix de chantier.

Fidèle à son amie Plume, et répondant à ses apostrophes, la (lala) revoila (lala) donc, la Voix,  pour vous parler d’un livre sorti récemment et qui relate le mariage de la chanson française avec la pop.

La chanson française a une culture littéraire et certains auteurs de chanson française ont une vraie plume, que l’on pense à Georges Brassens, à Barbara, à Léo Ferré ou plus récemment à Fauve, Jeanne Cherhal ou Renan Luce. Dans les années 90, la « nouvelle scène française » voit émerger des artistes comme Philippe Katerine ou Dominique A, qui, très influencés par la musique anglo-saxonne et notamment la pop anglaise, créent un nouveau son pour porter leurs textes. La chanson française n’est plus uniquement chanson, elle devient pop.

En Octobre 2015, Charles Berberian (dessinateur et scénariste de bandes dessinées, grand prix d’Angoulême en 1999) et Christophe Conte (journaliste connu entre autres pour ses articles dans Les Inrockuptibles) sortent un ouvrage qui illustre cette pop à la française, son histoire et ses artistes. Une centaine de dessins, des textes inédits, des interviews, des chroniques, une généalogie d’artistes et même une discographie : tout est réuni pour former une anthologie à la fois très complète et très subjective du monde de la pop française.
Le livre s’appelle « La française pop » et est édité chez Actes Sud.

Quoi ? Vous voulez du son aussi ? Je vous l’ai dit je ne suis pas (encore) sourde. Je vous propose donc d’écouter une émission qui présente cet album et l’illustre à son tour, musicalement cette fois, par des prestations live d’artistes du cru. Dominique A, Albin de la Simone, Vincent Delerm, Jeanne Cherhal ou encore Bastien Lallemant sont de la partie. C’était hier soir sur France Inter dans Partons en Live d’André Manoukian et c’est à (ré-)écouter ici.

Quant à moi, je retourne à mon écoute silencieuse et je vous dis à très bientôt pour partager de jolis mots posés sur de belles mélodies !

Poérotique

CircéIl a fallut un style, une voix, une liberté d’écriture un peu hors norme pour me sortir de mon mutisme rédactionnel et me faire retrouver le chemin de ce blog que j’ai laissé un peu prendre la poussière ces derniers temps.
Des chantiers personnels m’ont éloignée de vous pendant quelques temps. Chers lecteurs, je vous prie de m’en excuser.

Vous connaissez peut-être déjà Circé Deslandes ?
Elle vient de sortir un album, dont le titre (Œstrogenèse) annonce la couleur.

Je découvre cette artiste et je pressens qu’elle va faire parler d’elle prochainement et pour plus d’une raison.

La première est sans aucun doute son vocabulaire. Je pensais ma plume affranchie, je tombe de haut quand je découvre le premier extrait de son disque, dédié au sexe masculin, et dont le titre arbore fièrement et tel un obélisque un mot de quatre lettres commennçant par « b » et finissant par « ite ». Je ne vous parlerai pas du clip de la dite chanson, je vous laisse vos recherches par vous même…

Certains parleront de style provocant, à cause des images suggérées par les mots (et les mots suggérés par les images du clip d’ailleurs). Mais ce serait à mon sens assez réducteur et je préfère parler de liberté, de désinvolture. Désinvolture mais toutefois aussi beaucoup de sérieux dans cet univers qui, on le ressent, n’a pas été artificiellement construit pour choquer ni interpeller.

Les sujets érotiques, voire un peu crus sont abordés sans fausse pudeur mais avec une grande poésie. Poésie que l’on retrouve dans la musique qui est subtile et ciselée et qui m’a fait penser aux premiers albums du groupe Air dans les atmosphères et les orchestration. La voix est tantôt suave, tantôt ingénue et portent de vraies mélodies.

Trop la décrire risquerait de la desservir ou de rétrécir son univers et je n’en ai pas envie.
Je vous laisse la découvrir et venir nous en parler sur ce blog si le cœur vous en dis.

J’essaie de vous revenir vite, Inch Allah.
Bonne écoute !

Rythmer un texte (3ème partie)

Il y a quelques temps, je vous avais donné des astuces pour rythmer un texte de chanson. Je précise « de chanson » car l’exercice est très différent pour un poème ou pour un texte en prose et ça, c’est loin d’être ma spécialité. Je voudrais y revenir aujourd’hui, car pour qu’une chanson « sonne » (sonne sonne !), il faut que le texte « sonne » aussi. Et si la sonorité est en partie due aux mots utilisés, le rythme du texte joue lui aussi un rôle fondamental.

Il y a tout d’abord, et comme nous l’avions déjà vu, la notion de temps accentués. Les syllabes portées par un temps fort sont accentuées, le principal temps fort d’une mesure étant le premier. La syllabe émise sur le premier temps de la mesure est donc accentuée. Il peut s’agit de la première syllabe du premier mot de la phrase (« Belle… c’est un mot qu’on dirait inventé pour elle ») …ou pas ! Parfois le texte commence avant le premier temps d’une mesure. (« J’ai du succès dans mes affaires »). Vous remarquerez que ce sont souvent des syllabes des mots importants qui tombent sur les temps forts (« Je voue mes nuits à l’assasymphonie, au requiem« ). C’est logique, non ? Puisque ce sont les mots qui seront accentués, autant que ce soit les mots qui ont du sens !

Voila donc encore une astuce pour rythmer vos textes de chansons : choisissez bien les mots à accentuer, en particulier les premiers mots des strophes. Cela peut changer la sonorité de votre texte. Faisons un essai, sans musique, juste en prononçant un texte en rythme :

  • Je n’ai aucun regret et pourtant ils me rongent
  • Je n’ai vraiment rien fait pour que tu hantes mes songes

J’aurais tendance à vouloir le rythmer de cette manière :

  • Je n’ai aucun regret et pourtant ils me rongent
  • Je n’ai vraiment rien fait pour que tu hantes mes songes

Mais on pourrait très bien imaginer :

  • Je n’ai aucun regret et pourtant ils me rongent
  • Je n’ai vraiment rien fait pour que tu hantes mes songes

Entendez-vous la différence ? Qu’est ce qui sonne le mieux à vos oreilles ? Sentez-vous également la différence d’impact sur la perception du sens de la phrase ?

Essayez avec vos propres phrases. Amusez vous à les accentuer de différentes manières. Vous remarquerez également qu’au delà du sens, certains sons sont plus jolis à accentuer que d’autres. Si dans l’exemple précédent, j’accentue « aucun« et « rongent« , ce n’est pas très joli. A mon goût, en tout cas, pas joli. En faisant ces essais vous verrez que vous serez parfois amené, parce que vous aurez décalé l’accent d’un mot à un autre, à vouloir rajouter ou supprimer des syllabes. Là encore, c’est du bon sens. Si je commence ma phrase avant le premier temps, il me reste moins de mots que si j’avais commencé la même phrase sur le premier temps.

Voila l’une des raisons qui fait que dans l’écriture de chansons, certains vers ont plus de syllabes que d’autres. Ce n’est pas la seule. Dans la chanson « C’est dit » de Calogéro, on trouve, en début de 2 couplets différents, les vers suivants :

  • Le temps des temtes arrive avant qu’on l’ait prédit (13 pieds)
  • Amours impossibles, faites, ironie (11 pieds)
  • (…)
  • Mais quand tout s’allume, quand tout enfin nous sourit (13 pieds)
  • Gloire, fête, symphonie, bravo, bijoux, frénésie (14 pieds)
  • (…)

On voit bien que sur le deuxième couplet cité, la deuxième phrase est beaucoup plus longue que sur le premier couplet en termes de syllabes prononcées. Pourtant, dans les deux cas, le texte est chanté dans le même laps de temps. Et dans les deux cas, le texte colle bien. Vous me direz que c’est simple : le deuxième texte est simplement chanté plus rapidement que le premier. C’est vrai, mais cela ne suffit pas pour que la sonorité soit jolie. Dans cet exemple, vous noterez que les deux vers dont nous parlons sont symétriques (ou presque). D’une part, la césure entre les deux parties de la phrase se fait au milieu. D’autre part, les mots sont articulés de la même manière de chaque côté de la césure :

  • Amours impossibles, défaites, ironie (11 pieds)
    • Mot de 2 syllabes + mots de 4 syllabes /// Mot de 2 syllabes + mots de 3 syllabes
  • Gloire, fête, symphonie, bravo, bijoux, frénésie (14 pieds)
    • Mot de 2 syllabes + Mot de 2 syllabes + Mot de 3 syllabes /// Mot de 2 syllabes + Mot de 2 syllabes + Mot de 3 syllabes

Si cet équilibre n’était pas respecté, je peux vous assurer que la sonorité en serait affectée et la chanson bien moins jolie. Vous pariez ? Vérifiez par vous-même (sans tenir compte du sens) :

  • Amours impossibles, bravo, bijoux, frénésie
  • Gloire, fête, symphonie,  défaites, ironie

Alors ? Sur ce, je vous laisse compter vos vers et mesurer vos pieds afin d’en trouver la juste pointure (ou plutôt compter vos pieds et mesurer vos vers) et je remercie mon preux chevalier de beau-frère de m’avoir inspiré cet article !

On n’écrit pas sur ce qu’on aime

© François SpinelliNon, mon titre ne signifie pas que l’on n’aime pas ce que l’on écrit, même si on pourrait l’interpréter ainsi en capillotractant (j’aime bien ce néologisme) quelque peu notre façon de le comprendre. En plus, ce n’est même pas mon titre… j’ai piqué la phrase d’une chanson de Zazie : « Sur toi ». Fort heureusement, nous pouvons encore utiliser des phrases qui appartiennent à des chansons sans être taxés de plagiat, sinon, vu la prolixité des auteurs, beaucoup de termes nous seraient interdits, à commencer par le fameux « je t’aime » chanté sur bien des tons et dans bien des langues !

Non, je ne viens pas pallier le manque de loquacité de Une Voix ces derniers temps en terme d’articles de composition, de musique, d’analyses de chanson. Simplement, j’aime cette chanson, j’aime beaucoup des chansons de Zazie, et celle-ci à une saveur toute particulière : elle parle d’écriture. Et, je vous surprendrai peut-être, mais c’est un thème qui m’est chair cher.

Il y a longtemps, au lycée, était-ce un beau jour ou peut-être une nuit pour une dissertation, un commentaire composé, ou même en cours de philosophie ? Toujours est-il que je me souviens encore d’avoir discuté sur ce fait étonnant : le bonheur ne se raconte pas. Un peu comme quand des parents parlent des enfants à une future mère, ils vous racontent toutes les contraintes et les misères de la maternité, de la parentalité, et puis pour le reste « tu verras, c’est que du bonheur ! ». On n’écrit pas la chance qu’on a. Avez-vous lu beaucoup de romans qui ne parlent que de bonheur, de bons moments ? Dans la majorité des cas, on nous montre les déboires des protagonistes, on s’étend peu sur leurs moments heureux. Prenez un Disney, quand tout est résolu l’histoire s’arrête, « et ils vécurent heureux… ». Le bonheur serait-il barbant ?! Et les informations ! Combien de catastrophes, de guerres, de désastres, de meurtres, d’accidents à la une pour combien de jolies histoires, de cordonnier ou de professeur qui à sa tâche chaque jour change la vie ?

On n’écrit pas sur ce qui va bien. Que ce soit pour un roman, ou quand on écrit son journal, on jette plus souvent des mots qui parlent de problèmes, d’obstacles, de challenges, de deuils, de contrariétés qu’on ne raconte la beauté de quelques nuages roses sur un ciel azur, la sensation de joie au sourire des enfants, la douceur du sable du château que l’on bâtit, la sérénité à faire la planche dans l’eau tiède au grand soleil, les fous rires entre amies, le plaisir des câlins avec un être aimé. Il y a plus de mots pour les émotions négatives que positives, non ? Ou du moins elles nous rendent plus loquaces. Et Zazie évoque très bien cela, écoutez-la :

Belle chanson d’amour, n’est-il pas ? D’amour pour celui qu’elle évoque, d’amour de l’écriture, d’amour de la vie. Et qu’il est facile de m’y retrouver et de répondre à l’aide de ses mots à ce « pourquoi écrire ? ». Écrire c’est reculer l’instant où tout va s’écrouler… Le blues, le spleen, la douleur inspiratrice des poètes ; l’écriture comme une  catharsis :  la transformation de l’émotion en pensée.

Bien sûr, il existe des contres-exemples, heureusement. A vous de le les citer ci-dessous !

En attendant, j’écris à côté de toi, autour de toi, avec toi, pour toi, grâce à toi, à cause de toi, par toi, sans toi, par choix, mais, non, pas sur toi… Rassure-toi !

J’écris sur ce que j’endure
Les petites morts, sur les blessures
J’écris ma peur
Mon manque d’amour
J’écris du cœur
Mais c’est toujours

Sur ce que je n’ai pas pu dire
Pas pu vivre pas su retenir
J’écris en vers
Et contre tous
C’est toujours l’enfer
Qui me pousse

A jeter l’encre sur le papier
La faute sur ceux qui m’ont laissée
Écrire c’est toujours reculer
L’instant où tout s’est écroulé

On n’écrit pas
Sur ce qu’on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n’écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J’écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu’il me reste
Mes kilomètres de vie manquée
De mal en prose, de vers brisés

J’écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J’écris l’abcès
J’écris l’absent
J’écris la pluie
Pas le beau temps

J’écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j’écris sur les toits
Écrire, c’est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir

On n’écrit pas qu’on manque de rien
Qu’on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n’écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J’écris quand j’ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau

J’écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu’à un
Et d’avoir le mot de la fin

Il faut qu’elle soit partie déjà
Pour écrire ne me quitte pas
Qu’ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu’il vienne lui dire qu’il s’en va

On n’écrit pas la chance qu’on a
Pas de chanson d’amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n’écris rien
Sur toi
Rassure-toi

Sur Toi – Zazie

Il était un piano noir…

Il était un piano noirLa première fois que j’ai entendu Nantes, une grande émotion m’a saisie. Depuis, chaque fois que j’entends cette chanson, j’ai – dans le meilleur des cas – les larmes aux yeux. Outre celle-ci, nombre de chansons de Barbara et de chansons d’autres auteurs interprétées par Barbara me touchent profondément. Me sentant très proche des émotions transportées par ses morceaux, j’avais presque l’impression de connaître l’artiste. En réalité, après avoir découvert les mémoires interrompus de Barbara, je m’aperçois qu’il n’en était rien.

Les transports en commun sont un fantastique moyen de découvrir et de se cultiver. Une Plume qui profite de ses trajets en bus pour dévorer une grande quantité de livres, confirmerait ce point. Moi c’est en me préparant à un long trajet en train, que j’ai « podcasté », sur les recommandations avisées de mon conseiller personnel en lecture (bon ok, mon père), un feuilleton en dix épisodes, produit par France Culture reprenant des extraits des mémoires interrompus de Barbara, entrecoupés d’enregistrements de ses chansons.

Ce texte nous livre nombre de secrets, d’évènements, d’anecdotes de la vie de la dame en noir. On la découvre enfant puis ado nomade, jeune fille vivante et vibrante et enfin femme aimante et passionnée. Sa vie est très tôt guidée par une envie profonde de devenir une « femme qui chante » au piano et elle ne lâchera jamais ce rêve, même lorsqu’il fut réalisé. Il lui imposa parfois des décisions pouvant ressembler à des sacrifices. Mais vivre c’est faire des choix, et choisir, c’est forcément accepter de perdre. Barbara le savait et elle a choisi.

Les chansons de Barbara parlent de sa vie, des personnes et des lieux qu’elle a rencontrés. Si certaines sont très connues, comme Nantes que je citais plus haut ou Dis quand reviendras-tu, d’autres le sont moins. Éclairées par le replacement dans leur contexte, elles deviennent limpides de clarté. Elles nous parlent d’amour mais surtout elles nous parlent d’elle. Les mémoires de Barbara sont le prolongement de ses chansons. Elle décide de les écrire après avoir fait le deuil de la scène, alors que sa santé fragile l’empêche de remonter sur les planches. Pour Barbara alors, « Écrire, aujourd’hui, est un moyen de continuer le dialogue. ». Le ton choisi lui permet d’évoquer ses émotions avec pudeur mais sans artifice. Comme le font ses chansons, finalement.

Dans le feuilleton, le récit est présenté comme un dialogue entre Barbara et son piano noir, qui l’accompagne toute sa vie, virtuellement d’abord puis physiquement sur scène. Ce procédé radiophonique, qui rend le récit plus vivant, m’a donné envie de lire le livre (Il était un piano noir – Mémoires interrompus) en intégralité. Enfin, l’intégralité de ce que Barbara a eu le temps d’écrire avant sa disparation. Je viens d’en terminer la lecture. Pour ceux qui sont touchés par cette artiste, je vous invite à faire de même ou, si vous avez devant vous un long moment en train à meubler, je ne saurais trop vous conseiller de préparer votre trajet en téléchargeant le feuilleton ici.

Il était un piano noir

Plus jamais je ne rentrerai sur scène.
Je ne chanterai jamais plus.
Un soir de 1993, au Châtelet, mon cœur, trop lourd de tant d’émotion, a brusquement battu trop vite et trop fort, et, durant l’interminable espace de quelques secondes où personne, j’en suis sûre, ne s’est aperçu de rien, mon corps a refusé d’obéir à un cerveau qui, d’ailleurs, ne commandait plus rien.
J’ai gardé, rivée en moi, cette panique fulgurante pendant laquelle je suis restée figée, affolée, perdue.
J’ai dû interrompre le spectacle pendant quelque temps, puis définitivement…
Durant deux ans, j’ai fait le deuil d’une partie de ma vie qui venait brusquement se terminer.
Ecrire, aujourd’hui, est un moyen de continuer le dialogue.