Solfège or not solfège

Combien de fois ai-je entendu dire « j’ai été dégouté de la musique par le solfège » ou bien « je voulais jouer de la guitare mais j’ai été obligé de faire du solfège alors j’ai arrêté » ?

Le solfège, pour les autodidactes ou pour ceux qui souhaite pratiquer la musique comme un hobby, est souvent une corvée pénible et sans intérêt. On confond cependant souvent « solfège » et « théorie musicale ».

Le solfège est l’apprentissage de la lecture chantée des notes sur une partition en les nommant et en respectant leur valeur rythmique. L’intérêt premier de cet apprentissage est  évidemment lié à l’utilisation de partitions. Cette discipline est donc fondamentale pour un musicien classique qui souhaite rejoindre un orchestre ou pour un musicien amateur désireux d’apprendre de nouveaux morceaux par le biais de partitions. On admettra par contre aisément qu’un guitariste de rock ne souhaite pas apprendre à chanter une partition. En cela, je comprends la frustration de musiciens amateurs que l’on oblige à acquérir cette compétence dont ils n’auront jamais l’utilité.

Par extension, on rattache souvent l’apprentissage de la théorie musicale à la notion de solfège. Or il s’agit là de deux choses fondamentalement différentes. Si le solfège nécessite un apprentissage répétitif et fastidieux (et, comme on l’a vu précédemment, potentiellement inutile), la théorie musicale, elle, porte sur la compréhension du langage musical et de sa construction. C’est un domaine passionnant!

Certes la construction des gammes par exemple peut paraître absconse à première vue. Mais c’est justement ce que la théorie musicale nous explique. Et cette compréhension aboutit ensuite à des découvertes extraordinaires. Pour le musicien qui veut composer ou apprendre à improviser, c’est une source de bienfaits intarissable!

Je n’en citerai que quelques uns: transposer facilement un morceau pour pouvoir le chanter dans sa tonalité de prédilection, trouver comment faire une variation efficace ou une modulation dans un morceau, ou cibler les notes d’un solo instrumental… Après cela vous conviendrez comme moi que la théorie musicale c’est du pur bonheur!

Pour finir sur une note consensuelle et faire taire un peu la virulente protectrice de la théorie musicale que je suis, je conclurais en disant qu’il n’est évidemment pas obligatoirement nécessaire d’avoir une compréhension « intellectuelle » de la théorie de la musicale pour progresser. Certains musiciens – je citerais le jazzman autodidacte Chet Baker – en ont une compréhension intuitive qui frôle le génie. Mais rares sont ceux qui ont pareille oreille ! Pour les autres, s’ils souhaitent s’ouvrir de nouveaux horizons, en termes de composition par exemple, il leur reste… la théorie musicale!

Une voix

5 réflexions au sujet de « Solfège or not solfège »

  1. Complètement d’accord avec ce qui est dit sur ce sujet. Je pense néanmoins qu’arrivé à un certain niveau musical, maîtriser le solfège et l’écriture musicale peut s’avérer plus qu’utile. Ne serait-ce que pour faire savoir par écrit de quoi il en retourne à d’autres musiciens, par exemple, dans des séances d’enregistrement avec musiciens de studio. C’est un sérieux gain de temps car en séance d’enregistrement, « time is money » ! Ça peut également être utile lorsqu’on veut envoyer des partitions de chansons à la SACEM, bien que cet organisme accepte maintenant les CD et autres MP3 (sauf erreur de ma part)….. Mais il est évident que l’on peut fort bien se passer de cet apprentissage si cela ne pose vraiment pas de problème récurrent pour ce que l’on souhaite faire de ses compositions.

  2. Merci Philou pour ton complément d’information. On peut effectivement bien plus facilement se passer de connaître le solfège que de connaître la théorie musicale. S’il s’agit uniquement de coucher sur le papier ce qui a déjà été composé, il existe des outils et des moyens plus ou moins laborieux. Quand il s’agit par contre de comprendre la composition d’un morceau ou d’un solo pour en imiter le style, la théorie musicale est très aidante et donne des pistes fiables. Même si ce n’est pas elle qui fournira l’inspiration!

  3. Complètement d’accord avec toi Marie. Une question intéressante à se poser -même s’il n’y a pas forcément de réponse !- c’est : d’où vient l’inspiration ? Est-elle basée sur un potentiel d’acquis techniques et de connaissances ? Est-ce un don de base ? Est-ce une « connexion » à une « vibration musicale universelle » ? Est-ce une répétition inconsciente de sources musicales entendues lors de notre enfance ?………….. Bref : c’est un sujet qui mériterait également d’être traité sur ce blog, non ? 🙂

  4. On peut difficilement parler d’écriture et de composition sans évoquer l’inspiration. Nous ferons certainement un article sur le sujet prochainement. Merci pour la suggestion!

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