Ecrire au kilomètre

Image courtesy of digitalart / FreeDigitalPhotos.net

Entendons-nous bien, mon « écrire au kilomètre » d’aujourd’hui n’a rien à voir avec le sens que certains donnent à cette expression : écrire n’importe quoi, sans inspiration, juste pour faire du remplissage. Non ! Loin de moi l’idée de vous inciter à (croire) remplir un potentiel objectif impliquant des séances fixes d’écriture par une telle pratique. Mon interprétation de cette expression est bien différente. Ce serait même tout le contraire ! C’est pour faciliter le travail de Mme Muse que je viens aujourd’hui vous donner ce conseil : écrivez au kilomètre.

Ce n’est pas juste « écrire en ne mettant un retour à la ligne que lorsque le paragraphe est terminé ». Non, écrire au kilomètre, selon moi, c’est oublier toutes les fioritures de la forme pour se concentrer sur le fond. C’est ouvrir son traitement de texte et y inscrire les mots qui nous viennent sans se préoccuper de la police de caractères, des retours à la ligne, des espacements entre les paragraphes, du style des titres de chapitres, du format de nos citations, de passer tel mot en gras ou en italique… C’est donc laisser de côté la mise en page tout simplement. Il sera toujours temps de s’occuper d’elle à la fin.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais quand l’inspiration me vient, si j’ai la chance que ce soit à un moment idoine où je peux jeter sur le papier le clavier les mots qui débordent, le fait de m’interrompre pour justifier mon paragraphe, formater une citation ou styliser un titre risque de mener directement à un tarissement du flot de mots et à la perte de l’idée qui avait jailli. Donc, écrivons au kilomètre, sans nous arrêter à savoir si c’est bien présenté. D’autant que par la suite on reviendra certainement sur notre manuscrit tapuscrit, changer des phrases, en ajouter, en éliminer, ce qui pourrait influencer la forme et nous contraindre à la revoir.

Alors gagnez du temps : écrivez le fond sous n’importe quelle forme et ensuite prenez le temps de le formater. Certains ignorent tout des possibilités des traitements de texte à ce sujet, et utilisent encore des retours à la ligne pour espacer leur lignes et paragraphes ou vont aller appliquer titre après titre un formatage tel que la mise en caractères gras ! Gagnez encore du temps : apprenez à utiliser les formats et les styles. Le temps passé à cet apprentissage sera amplement rentabilisé par l’économie faite sur le temps de formatage. Imaginez un texte que vous voudriez envoyer à des destinataires différents, disons des éditeurs, tiens, qui souhaiteraient un formatage spécifique : quel temps perdu de refaire le tout à la main quand vous pourriez rapidement, juste en mettant à jour trois ou quatre styles, avoir le format demandé ! Possible que je vous écrive à l’occasion un petit article à ce sujet, mais vous trouverez facilement dès aujourd’hui, dans l’aide de votre traitement de texte ou sur le web, des explications.

Attention, vous écrivez au kilomètre, vous avez le fond, c’est bien, mais insuffisant si vous omettez deux étapes importantes : la relecture (à ce sujet ne corrigez pas non plus les fautes d’orthographe en cours d’écriture, ça peut vous couper autant que de formater un mot) et le formatage. Écrire un article, une nouvelle, un livre implique toujours trois phases :

  • la rédaction du contenu
  • le formatage (structuration du contenu : titres, paragraphes, espacements, formatage des citations…)
  • la relecture (correction des fautes d’orthographe, de grammaire, de style…)

Aussi bon que soit le contenu, mal présenté, mal orthographié il ne passera pas ! Et je sais d’expérience que même après relecture il nous reste souvent une coquille, une faute, un détail qui pêche. Pas faute d’être perfectionniste pourtant ! Les lecteurs seront (du moins je l’espère) indulgents pour une ou deux coquilles ou un retour chariot oublié. Ils ne le seront pas du tout si les fautes et le formatage insuffisant compliquent leur lecture et leur font oublier le fond…

Écrire au kilomètre donc, puis formater et relire. Finalement on passe parfois plus de temps aux deux dernières étapes qu’à la première. Je comprends mieux pourquoi mon dernier article fut si chronophage et pourquoi j’ai du coup voulu faire court pour cette fois !!!

Ecrire un livre : résolution ou objectif ?

Image courtesy of pakorn / FreeDigitalPhotos.net(Attention pavé ! Mais ça vaut le coup.)

Il n’y pas si longtemps, Une Voix vous a présenté sa résolution pour cette année 2014, comme nous l’avions d’ailleurs fait, même si sous une forme différente, l’année dernière. Nos résolutions s’avèrent d’ailleurs souvent assez proches. Et… devinez quoi ?

Nous ne les « tenons » pas !

Manquerions-nous de persévérance ? Où serait-ce tout simplement la forme des résolutions qui ne convient pas ? Je parierais bien sur cette dernière hypothèse. Les résolutions que nous prenons ont bien souvent la forme d’une simple phrase du style : « j’arrête de fumer », « je fais du sport », « je perds du poids », « je cesse de me ronger les ongles », « je passe plus de temps à jouer avec les enfants », « je consacre du temps à une cause humanitaire », j’en passe et des meilleures… Ces pieuses promesses restent souvent lettres mortes, ne servant qu’à donner parfois un petit coup de culpabilité quand on y songe et qu’on constate qu’on ne les a pas « tenues ».

A ce stade vous vous demandez peut-être le rapport avec les mots, les chansons ou les techniques d’écriture ? Que vient faire là un pensum sur les résolutions de la nouvelle année quand vous y cherchez soit des conseils pour écrire, soit une sympathique analyse de chanson, soit un conseil de lecture ?! Patience, j’y viens. En attendant, méditez un peu sur la résolution « j’écris un livre/une chanson et je suis publié(e)/diffusé(e) » ! Ça vous parle ?!

Je disais donc que c’est la forme des résolutions qui pêche. Dire « j’écris un livre » (oui, ce sera mon exemple de prédilection pour le coup), ne me dit ni comment je m’y prends, ni quand, ni pourquoi d’ailleurs… Et c’est là qu’intervient la nécessité de transformer ma résolution en objectif ! Et attention, pas en un objectif sous la forme d’une phrase simple comme la résolution (tel un « j’arrive à écrire une chanson complète prête à passer à la radio » qui est un but, et non un objectif au sens où je l’entends !).

« Au sens où je l’entends », car oui, on pourrait ergoter un moment sur la différence entre un but, un objectif et une résolution, et ce n’est pas mon propos ! Mon propos, puisqu’il faut bien que j’y arrive, est de vous parler de la façon de définir nos objectifs qui nous donne beaucoup plus de chances de les atteindre que ma fameuse résolution « j’écris un livre ». Et donc, au vu de la résolution choisie, une clé pour nous aider à écrire ce fameux bouquin.

J’ai d’abord cru me souvenir avoir lu cette « façon » de se poser des objectifs dans un livre précis, que j’aurais pu présenter ici. En fait, il n’en est rien.

Bien sûr vous trouverez des indications sur l’art et la manière de se définir des objectifs (et de les réaliser) dans bien plus d’un livre et à profusion sur le net. Pour ma part, ce sont diverses sources (formation de sciences humaines, ateliers de développement personnel, cours sur la gestion de projet, sites internet où je musardais…) qui ont forgé ma vision des objectifs et de l’art de les fixer. Globalement, quand je suis à la lettre cette « méthode », je réalise souvent ces objectifs. Quand je ne la suis pas, et bien… Je ne les atteins pas ! Je vous invite à la tester vous même et voir si elle vous aide. Et vous la livre sans filets, un peu comme elle arrive, ci-dessous, en me servant de notre exemple « j’écris un livre ». A vous de l’adapter à votre résolution ou à votre livre !

Image courtesy of photostock / FreeDigitalPhotos.net

Clair

Déjà il faut que mon objectif soit clair, spécifique, détaillé, tout l’inverse de nos exemples de résolutions vagues ci-dessus ! Alors spécifiez bien ce que vous voulez atteindre, jusqu’au moindre détail. Ce n’est plus « J’écris un livre » mais « J’écris un roman de fiction basé sur des éléments auto-biographiques traitant notamment de insérez-ici-votre-sujet-de-prédilection destiné à être édité, lu par un public adulte et qui devrait faire dans les 300 pages ». Sentez-vous déjà la différence ? Je m’en trouve bien plus motivée rien qu’à l’énoncer ! Et je sais que je ne vais pas écrire un essai, une nouvelle, un mémoire, un recueil de poèmes, ni un conte pour enfants. J’ai une meilleure idée de « », vers « quoi » je vais. C’est spécifique et clair. Mais… Ça ne suffit pas !

Daté

Daté, c’est à dire situé dans le temps. « J’écris un roman (… je vous épargne l’intégralité de la phrase à chaque répétition …) de 300 pages » ne me dit pas quand je l’écris et quand je souhaite qu’il soit prêt à publication. Et mine de rien, c’est une des raisons principales de l’échec de nos résolutions avec leur « demain » sous-entendu qui fait qu’on ne commence jamais ! Mon objectif devient « J’écris un roman (…) de 300 pages dont une première version sera prête le 31 Août 2015 » (attention ceci est un exemple, pas un engagement de ma part !!!). Donc décidez d’une date à laquelle vous souhaitez atteindre votre objectif (et tachez de la tenir !). Il est « pour quand » ? Ah, par contre, une date ré-a-lis-te !

Réaliste

Ça parait évident comme ça, mais pourtant, combien d’entre nous se démotivent juste parce qu’ils se chargent d’objectifs irréalistes, inatteignables ? Alors si « J’écris un roman (…) pour le 31 Août 2015 » me parait faisable, il est clair que « J’écris un roman pour le 25 Février 2014 », alors que j’ai des enfants, un travail à plein-temps, une vie de couple, une vie sociale, des activités sportives et un certain besoin de sommeil, est totalement irréaliste et ne servira qu’à me décourager ! Pensez à votre objectif, à vos contraintes, à vos ressources, à vos possibilités pour en mesurer la faisabilité. Demandez-vous « est-ce possible ? ». Et, selon la réponse, vous pouvez soit être moins gourmand plus réaliste (« ah oui, je ne peux pas l’avoir fait pour dans un mois, bon ok je me donne un an ! ») soit adapter vos ressources et contraintes pour que l’objectif le devienne (ce qui n’est pas toujours faisable : non, je ne peux pas prendre un mois sabbatique et le consacrer à écrire exclusivement, en plus ça n’y suffirait sans doute pas). Mais d’ailleurs, pourquoi s’adapter pour le rendre réalisable ?

Motivé

Le fameux « pourquoi ? ». Et il est crucial. Pourquoi j’écris un livre ? Pourquoi je vais passer des heures à jouer avec les mots ? Pourquoi je vais prendre sur mon temps de sommeil, de lecture, de repassage, de congés, de jeux, de… (cherchez l’intrus !) ? Listez tout ce qui vous motive à réaliser votre objectif. J’ai bien dis TOUT. Tous les bénéfices que vous tirerez à l’avoir atteint, ne serait-ce que d’avoir tenu une décision que vous avez prise ! Ça parait tout bête, on a l’impression de le savoir, et bien, non, ce n’est pas si évident de faire une liste de ce que nous apporte la réalisation de notre objectif ! Mais c’est nécessaire, c’est ce qui nous fera continuer même dans les moments de découragement. C’est la liste à laquelle nous reviendrons quand nous voudrons abandonner.

J’écris pour la joie et le soulagement que ça me procure, j’écris pour la presque transe dans laquelle l’activité me met, j’écris pour toutes ces phrases qui demandent à sortir de mon esprit surchargé, j’écris parce que j’ai envie d’être lue, parce que j’aime les mots, les belles phrases, les rythmes des sons. Mais au-delà de ça, pourquoi « J’écris un roman de fiction basé sur des éléments auto-biographiques traitant notamment de relations humaines destiné à être édité, lu par un public adulte et qui devrait faire dans les 300 pages dont une première version sera prête le 31 Août 2015 » ? Qu’est-ce que cela va m’apporter ?

Je garde ma liste pour moi, écrivez la votre selon votre objectif et vos motivations.

Atteignable

Je tiens mon objectif (mon « où » je souhaite parvenir, mon « quoi » je veux faire), je connais la limite temporelle que je me suis fixé (mon « pour quand »), je sais « pourquoi » je souhaite l’atteindre, je le pense réaliste, il me reste à l’atteindre ! C’est mon « comment ».

Souvent on bute sur ce « comment » parce que ça parait une montagne immense ce « J’écris un livre » (ou la résolution de votre choix). C’est là que je me souviens de cette phrase, dont je ne sais plus d’où elle me vient, qui dit qu’on mange un éléphant une cuillère à la fois ! Tout simplement. La peur qui nous tétanise devant un but vague et trop vaste s’efface grâce au découpage. Si l’objectif est trop énorme, et bien, je le découpe en plus petits objectifs. C’est ainsi que mon livre devient non plus un livre mais un ensemble de dix-huit chapitres (bon, parce que l’idée a quand même muri dans ma tête et m’a informée de la structure potentielle de mon ouvrage). Tiens, écrire un chapitre c’est déjà moins énorme à réaliser qu’un livre entier. Aller hop, dix-huit éléphanteaux, plutôt qu’un énorme pachyderme ! Et me voilà avec dix-huit objectifs « J’écris un chapitre », auquel je vais appliquer le même traitement qu’à mon objectif global: les rendre plus spécifiques, définir pour quand de façon réaliste etc.

Mouais, mais bon, ça reste gros un éléphanteau… Alors je vais encore découper : quels sont mes objectifs intermédiaires pour écrire un chapitre ? Je suis un écrivain sans expérience, je ne saurais dire combien de pages je peux écrire à l’heure, combien de temps il me faut pour relire, alors pour ce premier livre je vais découper par tranche horaire plutôt que par nombre de pages ou de caractères (d’autant que c’est le genre de contrainte qui me briderait au lieu de m’aider, cette quantifications des signes !). Et voilà que mon « comment » (qui inclut le « quand ») devient « J’écris pendant trois heures tous les lundis et jeudis soirs de 20h30 à 23h30 à mon bureau, toutes sources de distraction potentielles coupées ». Bien sûr vous n’écrirez pas n’importe quoi, ce sera en fonction de la structure de votre livre, de l’idée que vous avez de votre sujet, de l’inspiration du moment, de ce qu’est censé raconter ce chapitre etc. Mais ça ce sera l’objet d’un autre article, restons focalisés sur la définition d’objectifs !

Alors, prenez votre éléphant, et découpez-le jusqu’à obtenir les portions que vous êtes capables d’avaler, une à la fois. Obtenez-en les objectifs à atteindre successivement qui vous donneront un « comment » clair, réaliste, daté, motivé, atteignable et attelez-vous à l’action !

Souple (mais pas trop)

J’ai donc décidé d’écrire six heures par semaine et que mon chapitre sera prêt dans un mois. Et je vais me tenir à ces six heures, coûte que coûte, sauf cas d’extrême urgence (et il en existe peu de ces cas-là, une invitation à dîner d’un couple d’amis n’en est pas une !). Et quand je serai tentée de procrastiner, je relirai la liste de mon « pourquoi » pour me motiver.

Mais mon objectif doit rester souple : inutile de se décourager en réalisant au bout d’un mois qu’à raison de six heures par semaine, à peine la moitié du chapitre est finalisée ! C’est notre premier livre que diable, nous apprenons en faisant ! Alors nous allons réévaluer nos portions d’éléphanteau et le temps qu’il nous faut pour les dévorer, et nous remettre à l’action avec ces nouvelles données. En fonction de mes contraintes et de mes ressources, peut-être que je pourrais écrire neuf heures au lieu de six ? Ou je devrais juste revoir la date de livraison. En tout cas je m’adapte. Attention, je m’adapte, je réévalue mon objectif par une confrontation à la réalité, mais je maintiens l’effort !!!

Engagé

Je maintiens l’effort… Mais même avec ma belle liste de bonnes raisons pour laquelle je le fais, je vais passer par des périodes de découragement et être tentée d’abandonner. C’est pourquoi, quand j’ai établi mon objectif, il est bon de m’engager à le tenir. En moi-même mais aussi (surtout ?) auprès d’autres. J’annonce donc publiquement mon objectif (et un post Facebook n’y suffit pas, non). Il est plus facile d’atteindre un objectif avec des proches qui nous y encouragent et suivent nos progrès. A ce sujet, parlez-en à des personnes qui croient en vous, qui sont positifs, des gens indulgents, qui vous féliciteront, qui vous épauleront. Fuyez ceux qui tenteront de vous décourager ! Votre objectif est réaliste rappelez-vous !

Mesurable

Il est réaliste, clair, daté, motivé, découpé en cuillerées. Reste à ce qu’il soit mesurable, c’est à dire que vous puissiez mesurer selon un ou des indicateurs, que vous l’avez atteint. Comment je sais que j’ai atteint mon objectif ? Dans notre exemple la mesure est facile:  je vois bien si au bout d’un mois j’ai écrit mes six heures par semaine et si j’ai un chapitre entier, je verrai bien si le 31 Mai 2015 j’ai une première mouture d’un roman. Et les étapes entretiennent ma motivation. Non seulement je peux mesurer que j’ai atteint mon objectif, mais je peux même voir peu à peu mes progrès et combien je m’en approche.

Image courtesy of photostock / FreeDigitalPhotos.net

Voilà, j’ai un objectif qui est devenu : « J’écris un roman de fiction basé sur des éléments auto-biographiques traitant notamment de relations humaines destiné à être édité, lu par un public adulte et qui devrait faire dans les 300 pages dont une première version sera prête le 31 Aout 2015. J’y parviens en écrivant dix-huit chapitres, à raison d’un chapitre par mois, le dernier mois étant consacré à des relectures et ajustements. Afin d’écrire un chapitre par mois, je prévois d’écrire pendant trois heures tous les lundis et jeudis soirs de 20h30 à 23h30 à mon bureau, toutes sources de distraction potentielles coupées. ». A côté de cela, j’en ai parlé à des proches qui m’encourageront et j’ai établi ma liste de raisons positives pour le réaliser. Ce n’est qu’un exemple, en réalité il sera même un peu plus complexe et détaillé que cela et en l’état je ne suis pas sûre qu’il soit réaliste ! Mais vous voyez déjà la différence avec mon « J’écris un livre » du départ.

Il reste deux ou trois petites choses à ajouter pour peaufiner le tout, notamment la nécessité de l’écrire ! Il y a une grande différence entre penser, dire et écrire les choses. Outre le travail de réflexion bien utile pour transformer la résolution en objectif réaliste, le fait d’écrire l’objectif et notre liste de motivation aide beaucoup à l’atteindre. Alors écrivez ce que vous allez faire, pour quand, comment, pourquoi. Mieux encore, relisez quotidiennement ce que vous avez écrit (objectif et motivation) !!!

Et puis, il manque une information : quand allez-vous commencer ? Pourquoi prend-t-on nos résolutions en Janvier (voire en Septembre) ? Tout autre moment de l’année est valable ! Vous n’aurez jamais plus de temps libre que maintenant pour écrire si vous ne décidez pas de commencer. Le meilleur moment c’est donc maintenant. Je vous l’ai déjà dis, appuyée par d’autres !

Si vous voulez être écrivain, arrêtez d’en parler, asseyez-vous et écrivez !

(Jackie Collins *source non vérifiée*)

Voilà, si après avoir bien défini votre objectif ainsi et vous être engagé à commencer, vous n’arrivez pas à passer à l’action, il ne reste qu’une chose à faire selon moi : chercher toutes les bonnes raisons qu’il y a à ne pas le faire et comprendre pourquoi cet objectif ne peut être atteint : ce qui vous freine vraiment !

Image courtesy of photostock / FreeDigitalPhotos.net

Hou que je fus longue ! Bravo de m’avoir lue jusqu’ici ! C’est long, mais c’est super important. Une dernière chose: nous n’avons pas parlé du « qui », parce que le kiki de tout les kikis qui, c’est vous. Et uniquement vous, votre objectif ne doit dépendre que de vous. Vous pouvez écrire un livre, vous pouvez même l’éditer. Là-dessus vous avez la main. Qu’il soit retenu par une grande maison d’édition et lu par des milliers de personnes ne dépend pas que de vous, par contre. Faites ce qui est en votre pouvoir, pour le reste lâchez prise et laissez faire. Et puis, avant d’être lu, il faudrait peut-être que votre livre soit écrit, non ?

Alors, si vous êtes de ceux qui veulent écrire un livre, est-ce donc actuellement pour vous une résolution, un objectif ou un doux rêve ?!

Il était un piano noir…

Il était un piano noirLa première fois que j’ai entendu Nantes, une grande émotion m’a saisie. Depuis, chaque fois que j’entends cette chanson, j’ai – dans le meilleur des cas – les larmes aux yeux. Outre celle-ci, nombre de chansons de Barbara et de chansons d’autres auteurs interprétées par Barbara me touchent profondément. Me sentant très proche des émotions transportées par ses morceaux, j’avais presque l’impression de connaître l’artiste. En réalité, après avoir découvert les mémoires interrompus de Barbara, je m’aperçois qu’il n’en était rien.

Les transports en commun sont un fantastique moyen de découvrir et de se cultiver. Une Plume qui profite de ses trajets en bus pour dévorer une grande quantité de livres, confirmerait ce point. Moi c’est en me préparant à un long trajet en train, que j’ai « podcasté », sur les recommandations avisées de mon conseiller personnel en lecture (bon ok, mon père), un feuilleton en dix épisodes, produit par France Culture reprenant des extraits des mémoires interrompus de Barbara, entrecoupés d’enregistrements de ses chansons.

Ce texte nous livre nombre de secrets, d’évènements, d’anecdotes de la vie de la dame en noir. On la découvre enfant puis ado nomade, jeune fille vivante et vibrante et enfin femme aimante et passionnée. Sa vie est très tôt guidée par une envie profonde de devenir une « femme qui chante » au piano et elle ne lâchera jamais ce rêve, même lorsqu’il fut réalisé. Il lui imposa parfois des décisions pouvant ressembler à des sacrifices. Mais vivre c’est faire des choix, et choisir, c’est forcément accepter de perdre. Barbara le savait et elle a choisi.

Les chansons de Barbara parlent de sa vie, des personnes et des lieux qu’elle a rencontrés. Si certaines sont très connues, comme Nantes que je citais plus haut ou Dis quand reviendras-tu, d’autres le sont moins. Éclairées par le replacement dans leur contexte, elles deviennent limpides de clarté. Elles nous parlent d’amour mais surtout elles nous parlent d’elle. Les mémoires de Barbara sont le prolongement de ses chansons. Elle décide de les écrire après avoir fait le deuil de la scène, alors que sa santé fragile l’empêche de remonter sur les planches. Pour Barbara alors, « Écrire, aujourd’hui, est un moyen de continuer le dialogue. ». Le ton choisi lui permet d’évoquer ses émotions avec pudeur mais sans artifice. Comme le font ses chansons, finalement.

Dans le feuilleton, le récit est présenté comme un dialogue entre Barbara et son piano noir, qui l’accompagne toute sa vie, virtuellement d’abord puis physiquement sur scène. Ce procédé radiophonique, qui rend le récit plus vivant, m’a donné envie de lire le livre (Il était un piano noir – Mémoires interrompus) en intégralité. Enfin, l’intégralité de ce que Barbara a eu le temps d’écrire avant sa disparation. Je viens d’en terminer la lecture. Pour ceux qui sont touchés par cette artiste, je vous invite à faire de même ou, si vous avez devant vous un long moment en train à meubler, je ne saurais trop vous conseiller de préparer votre trajet en téléchargeant le feuilleton ici.

Il était un piano noir

Plus jamais je ne rentrerai sur scène.
Je ne chanterai jamais plus.
Un soir de 1993, au Châtelet, mon cœur, trop lourd de tant d’émotion, a brusquement battu trop vite et trop fort, et, durant l’interminable espace de quelques secondes où personne, j’en suis sûre, ne s’est aperçu de rien, mon corps a refusé d’obéir à un cerveau qui, d’ailleurs, ne commandait plus rien.
J’ai gardé, rivée en moi, cette panique fulgurante pendant laquelle je suis restée figée, affolée, perdue.
J’ai dû interrompre le spectacle pendant quelque temps, puis définitivement…
Durant deux ans, j’ai fait le deuil d’une partie de ma vie qui venait brusquement se terminer.
Ecrire, aujourd’hui, est un moyen de continuer le dialogue.

Ecrire, mais pourquoi ?

Et joyeux NoëlEn cette fin d’année, je m’interroge : Nous sommes nombreux à avoir envie (ou besoin), de prendre sa plume (ou son clavier) pour coucher des mots sur le papier (ou sur son disque dur). Mais pourquoi ? Pourquoi écrivons-nous ?

Est-ce pour le prestige de l’uniforme ? Le métier d’écrivain fait rêver… et en même temps ne fait pas très sérieux. Vous l’avez sans doute remarqué comme moi : dans les films, l’écrivain est souvent considéré comme un fainéant, un marginal, voire un « raté ». Et pourtant, succès ou pas, les écrivains en herbe sont légion. Mais pourquoi ?

Sans doute ont-ils des choses à dire. Une idée, une inspiration ou juste quelque chose sur le cœur. On peut écrire pour informer, pour instruire, pour faire rêver, pour faire voyager. Oui, mais pour qui, pour quoi ?

Parfois ces mots n’auront même pas de lecteur, ou en tout cas pas d’autre lecteur que soi. Nombre de personnes tiennent un journal et écrivent, jour après jour, ou juste à l’envie, les pensées qui ont traversé leur journée, leurs faits et gestes, leurs impressions et sentiments. Souvent, j’ai envie de demander à celles et ceux qui tiennent un journal : Vous relisez-vous ensuite ? Ecrivez-vous pour vous, pour vous souvenir et vous remémorer plus tard les éléments de votre vie ? Comptez-vous permettre à vos enfants, vos petits enfants de lire ce document lorsqu’il y aura « prescription » sur les situations décrites ?

Je pense souvent à Anne Frank, dont les écrits intimes sont plus que célèbres. Je me dis que peut-être, elle a écrit ces pages en espérant être lue, par hasard ou par indiscrétion. Peut-être même a-t-elle senti qu’elle écrivait une oeuvre utile. Que penserait-elle aujourd’hui en sachant que son journal est un best seller ? En serait-elle heureuse ou offusquée ?

Un cas encore plus extrême. Certaines lettres sont écrites et adressées à un destinataire en particulier mais ne seront, volontairement, jamais envoyées. Donc jamais lues par celui même pour qui elles ont été écrites. Quel est l’intérêt d’une telle action ? Sans doute un besoin d’expression, de formulation qui, une fois comblé, ne nécessite aucun accusé réception. Mais n’y a-t-il pas derrière ce besoin, une attente à satisfaire ? 

Dans la catégorie des « non-lus », on trouve aussi les passionnés. Tellement pointus dans leur domaine, tellement captivés eux mêmes par ce qu’ils écrivent, qu’ils en oublient la possibilité même d’être lus. Seul le contenu revêt de l’importance. La question devient alors est très philosophique : « Lorsqu’un arbre tombe dans un lieu où personne n’est présent pour l’entendre, fait-il du bruit en tombant ? (sans commentaire).

Et puis, il y a le blogueur, sorte de « soldat inconnu » qui écrit pour un « lecteur inconnu ». Ainsi, sur Une Plume & Une Voix, on écrit. Nos statistiques nous disent qu’on est lues, mais on ne sait pas par qui ni pour quoi. On ne sait pas si le lecteur trouve un intérêt particulier à nos articles, à nos tentatives maladroites d’approche pédagogique et à nos poèmes, s’il apprécie l’intention et les thèmes abordés, ou s’il est tombé par hasard sur notre site suite à une recherche google malheureuse. C’est alors que finalement, on s’aperçoit que cela n’a pas tellement d’importance, qu’on écrit pour ce lecteur anonyme mais aussi pour soi, parce que l’on aime ça. On aime assembler les mots en phrases, entremêler les phrases pour en faire des paragraphes et tordre les paragraphes pour leur donner une direction. On aime lorsque l’article prend forme avant d’être enfin publié. On aime expliquer, décrire, argumenter, plaisanter, tourner autour du pot, rêvasser, partager…

Ainsi, en cette fin d’année, je m’interroge. Je m’interroge mais j’écris. Et toi, pourquoi écris-tu ?

De la légèreté

légèretéJe voulais revenir sur mon dernier article. Vous avez remarqué ? Je fais souvent cela. Je vous écris quelque chose puis je m’aperçois que je ne vous ai pas tout dit, que j’ai négligé un aspect ou que j’ai manqué de nuance dans mes propos. En ingénierie informatique notamment, on appelle cela un processus itératif et incrémental. Itératif parce que l’on s’y reprend à plusieurs fois pour arriver au résultat final et incrémental parce qu’on apporte chaque fois un nouvel élément. Je ne suis pas ici pour vous parler méthodologie informatique, mais je m’aperçois que je fonctionne comme cela pour les thèmes que j’aborde dans mes articles, et que je fonctionne également parfois comme cela dans l’écriture de mes chansons et c’est d’ailleurs un peu ce que j’ai tenté de vous expliquer la dernière fois. Mais vous aviez suivi, bien sûr…

Ce que j’ai oublié de vous dire la dernière fois, c’est que ce n’est pas parce que l’on a envie d’écrire une jolie chanson qu’il faut prendre cet exercice trop au sérieux. N’hésitez pas à y mettre de la légèreté, à en rire, à essayer, à faire des expériences, sans vous concentrer sur le résultat. J’irais même jusqu’à dire : allégez-vous de la pression du résultat !

D’ailleurs, je vous conseille, pour votre premier essai, de choisir un thème léger : les vacances, la plage, le shopping ou le chocolat (soit dit en passant, le chocolat en chanson, ça marche très bien !). Plus le thème est léger, plus vous oserez vous lancer. Peut-être même persévérerez vous au point de nous faire le plaisir de partager vos essais sur ce blog ?

En tout cas, tout cela me donne envie de refaire un essai avec vous, sur un thème léger. Chiche ?

Partons sur le thème de la drague et sur le champ lexical du shopping, ça peut être rigolo. C’est parti !

Vocabulaire

Allez, je choisis mon vocabulaire : Shopping : acheter, prix, marchandise, produit, solde, promotion, caisse, étiquette, réduction, rabais, stock, vitrine, boutique, qualité, marques, emballage, dépenser, carte bleue, chèquier, essayage, cabine d’essayage, taille, pointure, modèle, mannequin, coloris, …

Premier jet

Y a l’embarras du choix
Dans cette soirée
Que des invités de marque
Déposés sur ce canapé
Comme des big Jims dans une vitrine
Bien emballés dans leur blue jeans
J’ai repéré un modèle qui me plait bien
Je ferais bien un essayage
Histoire de voir si c’est ma taille
J’hésite un peu sur la finition
Brun ténébreux ou blond platine
(J’évite le châtain, parait que ça déteint)
Ca tombe bien, y a une réduction
Deux pour le prix d’un
C’est trop bien

Mise en forme

Je vous avais prévenus que ce serait léger ! Que cela ne nous empêche pas de faire du tri et de mettre en forme ces bouts de phrases en vrac. Un autre conseil pour la mise en forme : ne vous imposez pas trop de limites, de règles. Une chanson peut avoir un refrain… ou pas, des couplets réguliers… ou pas ! L’important c’est que ça « sonne », mais nous en reparlerons.

Je n’avais pas prévu de faire les soldes aujourd’hui
Je me suis laissée entraîner par une amie
Qui m’a dit, je connais un endroit, t’en reviendras pas
Y en a pour tout les goûts, l’embarras du choix
 
Invités de marques, marques déposées
Alignés en rang sur le canapé
Dans leur emballage bleu, jean
Tout un assortiment de big Jims
 
J’ai repéré un modèle qui me plairait bien
Il me semble qu’à mon bras, il siérait si bien
Mais j’ai appris cette leçon avec l’âge :
Aucun engagement sans un essayage !
 
 
Pourvu, pourvu qu’il m’aille
Espérons qu’il sera à ma taille
 
J’hésite un peu, sur le coloris
Bof, le brun tire trop sur le gris
J’évite aussi le châtain
Il parait que ça déteint
 
Mais le blond et le roux
Sont tout à mon goût
 
Je n’avais pas prévu de faire les soldes aujourd’hui
Mais des offres comme ça, ça n’a pas de prix
Deux pour le prix d’un, ça c’est de la promo
Pour une fois que c’est moi qui joue les machos !
 

Allez, voilà, c’était pour rire, c’était pour jouer. J’espère que vous prendrez plaisir à essayer. Et n’oubliez pas la légèreté !