Ecrire un livre : résolution ou objectif ?

Image courtesy of pakorn / FreeDigitalPhotos.net(Attention pavé ! Mais ça vaut le coup.)

Il n’y pas si longtemps, Une Voix vous a présenté sa résolution pour cette année 2014, comme nous l’avions d’ailleurs fait, même si sous une forme différente, l’année dernière. Nos résolutions s’avèrent d’ailleurs souvent assez proches. Et… devinez quoi ?

Nous ne les « tenons » pas !

Manquerions-nous de persévérance ? Où serait-ce tout simplement la forme des résolutions qui ne convient pas ? Je parierais bien sur cette dernière hypothèse. Les résolutions que nous prenons ont bien souvent la forme d’une simple phrase du style : « j’arrête de fumer », « je fais du sport », « je perds du poids », « je cesse de me ronger les ongles », « je passe plus de temps à jouer avec les enfants », « je consacre du temps à une cause humanitaire », j’en passe et des meilleures… Ces pieuses promesses restent souvent lettres mortes, ne servant qu’à donner parfois un petit coup de culpabilité quand on y songe et qu’on constate qu’on ne les a pas « tenues ».

A ce stade vous vous demandez peut-être le rapport avec les mots, les chansons ou les techniques d’écriture ? Que vient faire là un pensum sur les résolutions de la nouvelle année quand vous y cherchez soit des conseils pour écrire, soit une sympathique analyse de chanson, soit un conseil de lecture ?! Patience, j’y viens. En attendant, méditez un peu sur la résolution « j’écris un livre/une chanson et je suis publié(e)/diffusé(e) » ! Ça vous parle ?!

Je disais donc que c’est la forme des résolutions qui pêche. Dire « j’écris un livre » (oui, ce sera mon exemple de prédilection pour le coup), ne me dit ni comment je m’y prends, ni quand, ni pourquoi d’ailleurs… Et c’est là qu’intervient la nécessité de transformer ma résolution en objectif ! Et attention, pas en un objectif sous la forme d’une phrase simple comme la résolution (tel un « j’arrive à écrire une chanson complète prête à passer à la radio » qui est un but, et non un objectif au sens où je l’entends !).

« Au sens où je l’entends », car oui, on pourrait ergoter un moment sur la différence entre un but, un objectif et une résolution, et ce n’est pas mon propos ! Mon propos, puisqu’il faut bien que j’y arrive, est de vous parler de la façon de définir nos objectifs qui nous donne beaucoup plus de chances de les atteindre que ma fameuse résolution « j’écris un livre ». Et donc, au vu de la résolution choisie, une clé pour nous aider à écrire ce fameux bouquin.

J’ai d’abord cru me souvenir avoir lu cette « façon » de se poser des objectifs dans un livre précis, que j’aurais pu présenter ici. En fait, il n’en est rien.

Bien sûr vous trouverez des indications sur l’art et la manière de se définir des objectifs (et de les réaliser) dans bien plus d’un livre et à profusion sur le net. Pour ma part, ce sont diverses sources (formation de sciences humaines, ateliers de développement personnel, cours sur la gestion de projet, sites internet où je musardais…) qui ont forgé ma vision des objectifs et de l’art de les fixer. Globalement, quand je suis à la lettre cette « méthode », je réalise souvent ces objectifs. Quand je ne la suis pas, et bien… Je ne les atteins pas ! Je vous invite à la tester vous même et voir si elle vous aide. Et vous la livre sans filets, un peu comme elle arrive, ci-dessous, en me servant de notre exemple « j’écris un livre ». A vous de l’adapter à votre résolution ou à votre livre !

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Clair

Déjà il faut que mon objectif soit clair, spécifique, détaillé, tout l’inverse de nos exemples de résolutions vagues ci-dessus ! Alors spécifiez bien ce que vous voulez atteindre, jusqu’au moindre détail. Ce n’est plus « J’écris un livre » mais « J’écris un roman de fiction basé sur des éléments auto-biographiques traitant notamment de insérez-ici-votre-sujet-de-prédilection destiné à être édité, lu par un public adulte et qui devrait faire dans les 300 pages ». Sentez-vous déjà la différence ? Je m’en trouve bien plus motivée rien qu’à l’énoncer ! Et je sais que je ne vais pas écrire un essai, une nouvelle, un mémoire, un recueil de poèmes, ni un conte pour enfants. J’ai une meilleure idée de « », vers « quoi » je vais. C’est spécifique et clair. Mais… Ça ne suffit pas !

Daté

Daté, c’est à dire situé dans le temps. « J’écris un roman (… je vous épargne l’intégralité de la phrase à chaque répétition …) de 300 pages » ne me dit pas quand je l’écris et quand je souhaite qu’il soit prêt à publication. Et mine de rien, c’est une des raisons principales de l’échec de nos résolutions avec leur « demain » sous-entendu qui fait qu’on ne commence jamais ! Mon objectif devient « J’écris un roman (…) de 300 pages dont une première version sera prête le 31 Août 2015 » (attention ceci est un exemple, pas un engagement de ma part !!!). Donc décidez d’une date à laquelle vous souhaitez atteindre votre objectif (et tachez de la tenir !). Il est « pour quand » ? Ah, par contre, une date ré-a-lis-te !

Réaliste

Ça parait évident comme ça, mais pourtant, combien d’entre nous se démotivent juste parce qu’ils se chargent d’objectifs irréalistes, inatteignables ? Alors si « J’écris un roman (…) pour le 31 Août 2015 » me parait faisable, il est clair que « J’écris un roman pour le 25 Février 2014 », alors que j’ai des enfants, un travail à plein-temps, une vie de couple, une vie sociale, des activités sportives et un certain besoin de sommeil, est totalement irréaliste et ne servira qu’à me décourager ! Pensez à votre objectif, à vos contraintes, à vos ressources, à vos possibilités pour en mesurer la faisabilité. Demandez-vous « est-ce possible ? ». Et, selon la réponse, vous pouvez soit être moins gourmand plus réaliste (« ah oui, je ne peux pas l’avoir fait pour dans un mois, bon ok je me donne un an ! ») soit adapter vos ressources et contraintes pour que l’objectif le devienne (ce qui n’est pas toujours faisable : non, je ne peux pas prendre un mois sabbatique et le consacrer à écrire exclusivement, en plus ça n’y suffirait sans doute pas). Mais d’ailleurs, pourquoi s’adapter pour le rendre réalisable ?

Motivé

Le fameux « pourquoi ? ». Et il est crucial. Pourquoi j’écris un livre ? Pourquoi je vais passer des heures à jouer avec les mots ? Pourquoi je vais prendre sur mon temps de sommeil, de lecture, de repassage, de congés, de jeux, de… (cherchez l’intrus !) ? Listez tout ce qui vous motive à réaliser votre objectif. J’ai bien dis TOUT. Tous les bénéfices que vous tirerez à l’avoir atteint, ne serait-ce que d’avoir tenu une décision que vous avez prise ! Ça parait tout bête, on a l’impression de le savoir, et bien, non, ce n’est pas si évident de faire une liste de ce que nous apporte la réalisation de notre objectif ! Mais c’est nécessaire, c’est ce qui nous fera continuer même dans les moments de découragement. C’est la liste à laquelle nous reviendrons quand nous voudrons abandonner.

J’écris pour la joie et le soulagement que ça me procure, j’écris pour la presque transe dans laquelle l’activité me met, j’écris pour toutes ces phrases qui demandent à sortir de mon esprit surchargé, j’écris parce que j’ai envie d’être lue, parce que j’aime les mots, les belles phrases, les rythmes des sons. Mais au-delà de ça, pourquoi « J’écris un roman de fiction basé sur des éléments auto-biographiques traitant notamment de relations humaines destiné à être édité, lu par un public adulte et qui devrait faire dans les 300 pages dont une première version sera prête le 31 Août 2015 » ? Qu’est-ce que cela va m’apporter ?

Je garde ma liste pour moi, écrivez la votre selon votre objectif et vos motivations.

Atteignable

Je tiens mon objectif (mon « où » je souhaite parvenir, mon « quoi » je veux faire), je connais la limite temporelle que je me suis fixé (mon « pour quand »), je sais « pourquoi » je souhaite l’atteindre, je le pense réaliste, il me reste à l’atteindre ! C’est mon « comment ».

Souvent on bute sur ce « comment » parce que ça parait une montagne immense ce « J’écris un livre » (ou la résolution de votre choix). C’est là que je me souviens de cette phrase, dont je ne sais plus d’où elle me vient, qui dit qu’on mange un éléphant une cuillère à la fois ! Tout simplement. La peur qui nous tétanise devant un but vague et trop vaste s’efface grâce au découpage. Si l’objectif est trop énorme, et bien, je le découpe en plus petits objectifs. C’est ainsi que mon livre devient non plus un livre mais un ensemble de dix-huit chapitres (bon, parce que l’idée a quand même muri dans ma tête et m’a informée de la structure potentielle de mon ouvrage). Tiens, écrire un chapitre c’est déjà moins énorme à réaliser qu’un livre entier. Aller hop, dix-huit éléphanteaux, plutôt qu’un énorme pachyderme ! Et me voilà avec dix-huit objectifs « J’écris un chapitre », auquel je vais appliquer le même traitement qu’à mon objectif global: les rendre plus spécifiques, définir pour quand de façon réaliste etc.

Mouais, mais bon, ça reste gros un éléphanteau… Alors je vais encore découper : quels sont mes objectifs intermédiaires pour écrire un chapitre ? Je suis un écrivain sans expérience, je ne saurais dire combien de pages je peux écrire à l’heure, combien de temps il me faut pour relire, alors pour ce premier livre je vais découper par tranche horaire plutôt que par nombre de pages ou de caractères (d’autant que c’est le genre de contrainte qui me briderait au lieu de m’aider, cette quantifications des signes !). Et voilà que mon « comment » (qui inclut le « quand ») devient « J’écris pendant trois heures tous les lundis et jeudis soirs de 20h30 à 23h30 à mon bureau, toutes sources de distraction potentielles coupées ». Bien sûr vous n’écrirez pas n’importe quoi, ce sera en fonction de la structure de votre livre, de l’idée que vous avez de votre sujet, de l’inspiration du moment, de ce qu’est censé raconter ce chapitre etc. Mais ça ce sera l’objet d’un autre article, restons focalisés sur la définition d’objectifs !

Alors, prenez votre éléphant, et découpez-le jusqu’à obtenir les portions que vous êtes capables d’avaler, une à la fois. Obtenez-en les objectifs à atteindre successivement qui vous donneront un « comment » clair, réaliste, daté, motivé, atteignable et attelez-vous à l’action !

Souple (mais pas trop)

J’ai donc décidé d’écrire six heures par semaine et que mon chapitre sera prêt dans un mois. Et je vais me tenir à ces six heures, coûte que coûte, sauf cas d’extrême urgence (et il en existe peu de ces cas-là, une invitation à dîner d’un couple d’amis n’en est pas une !). Et quand je serai tentée de procrastiner, je relirai la liste de mon « pourquoi » pour me motiver.

Mais mon objectif doit rester souple : inutile de se décourager en réalisant au bout d’un mois qu’à raison de six heures par semaine, à peine la moitié du chapitre est finalisée ! C’est notre premier livre que diable, nous apprenons en faisant ! Alors nous allons réévaluer nos portions d’éléphanteau et le temps qu’il nous faut pour les dévorer, et nous remettre à l’action avec ces nouvelles données. En fonction de mes contraintes et de mes ressources, peut-être que je pourrais écrire neuf heures au lieu de six ? Ou je devrais juste revoir la date de livraison. En tout cas je m’adapte. Attention, je m’adapte, je réévalue mon objectif par une confrontation à la réalité, mais je maintiens l’effort !!!

Engagé

Je maintiens l’effort… Mais même avec ma belle liste de bonnes raisons pour laquelle je le fais, je vais passer par des périodes de découragement et être tentée d’abandonner. C’est pourquoi, quand j’ai établi mon objectif, il est bon de m’engager à le tenir. En moi-même mais aussi (surtout ?) auprès d’autres. J’annonce donc publiquement mon objectif (et un post Facebook n’y suffit pas, non). Il est plus facile d’atteindre un objectif avec des proches qui nous y encouragent et suivent nos progrès. A ce sujet, parlez-en à des personnes qui croient en vous, qui sont positifs, des gens indulgents, qui vous féliciteront, qui vous épauleront. Fuyez ceux qui tenteront de vous décourager ! Votre objectif est réaliste rappelez-vous !

Mesurable

Il est réaliste, clair, daté, motivé, découpé en cuillerées. Reste à ce qu’il soit mesurable, c’est à dire que vous puissiez mesurer selon un ou des indicateurs, que vous l’avez atteint. Comment je sais que j’ai atteint mon objectif ? Dans notre exemple la mesure est facile:  je vois bien si au bout d’un mois j’ai écrit mes six heures par semaine et si j’ai un chapitre entier, je verrai bien si le 31 Mai 2015 j’ai une première mouture d’un roman. Et les étapes entretiennent ma motivation. Non seulement je peux mesurer que j’ai atteint mon objectif, mais je peux même voir peu à peu mes progrès et combien je m’en approche.

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Voilà, j’ai un objectif qui est devenu : « J’écris un roman de fiction basé sur des éléments auto-biographiques traitant notamment de relations humaines destiné à être édité, lu par un public adulte et qui devrait faire dans les 300 pages dont une première version sera prête le 31 Aout 2015. J’y parviens en écrivant dix-huit chapitres, à raison d’un chapitre par mois, le dernier mois étant consacré à des relectures et ajustements. Afin d’écrire un chapitre par mois, je prévois d’écrire pendant trois heures tous les lundis et jeudis soirs de 20h30 à 23h30 à mon bureau, toutes sources de distraction potentielles coupées. ». A côté de cela, j’en ai parlé à des proches qui m’encourageront et j’ai établi ma liste de raisons positives pour le réaliser. Ce n’est qu’un exemple, en réalité il sera même un peu plus complexe et détaillé que cela et en l’état je ne suis pas sûre qu’il soit réaliste ! Mais vous voyez déjà la différence avec mon « J’écris un livre » du départ.

Il reste deux ou trois petites choses à ajouter pour peaufiner le tout, notamment la nécessité de l’écrire ! Il y a une grande différence entre penser, dire et écrire les choses. Outre le travail de réflexion bien utile pour transformer la résolution en objectif réaliste, le fait d’écrire l’objectif et notre liste de motivation aide beaucoup à l’atteindre. Alors écrivez ce que vous allez faire, pour quand, comment, pourquoi. Mieux encore, relisez quotidiennement ce que vous avez écrit (objectif et motivation) !!!

Et puis, il manque une information : quand allez-vous commencer ? Pourquoi prend-t-on nos résolutions en Janvier (voire en Septembre) ? Tout autre moment de l’année est valable ! Vous n’aurez jamais plus de temps libre que maintenant pour écrire si vous ne décidez pas de commencer. Le meilleur moment c’est donc maintenant. Je vous l’ai déjà dis, appuyée par d’autres !

Si vous voulez être écrivain, arrêtez d’en parler, asseyez-vous et écrivez !

(Jackie Collins *source non vérifiée*)

Voilà, si après avoir bien défini votre objectif ainsi et vous être engagé à commencer, vous n’arrivez pas à passer à l’action, il ne reste qu’une chose à faire selon moi : chercher toutes les bonnes raisons qu’il y a à ne pas le faire et comprendre pourquoi cet objectif ne peut être atteint : ce qui vous freine vraiment !

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Hou que je fus longue ! Bravo de m’avoir lue jusqu’ici ! C’est long, mais c’est super important. Une dernière chose: nous n’avons pas parlé du « qui », parce que le kiki de tout les kikis qui, c’est vous. Et uniquement vous, votre objectif ne doit dépendre que de vous. Vous pouvez écrire un livre, vous pouvez même l’éditer. Là-dessus vous avez la main. Qu’il soit retenu par une grande maison d’édition et lu par des milliers de personnes ne dépend pas que de vous, par contre. Faites ce qui est en votre pouvoir, pour le reste lâchez prise et laissez faire. Et puis, avant d’être lu, il faudrait peut-être que votre livre soit écrit, non ?

Alors, si vous êtes de ceux qui veulent écrire un livre, est-ce donc actuellement pour vous une résolution, un objectif ou un doux rêve ?!

18 réflexions au sujet de « Ecrire un livre : résolution ou objectif ? »

  1. Quid de l’inspiration ?……… Il me semble que le premier moteur de l’écriture de livres,de chansons, de tableaux ou de sculptures, c’est d’abord l’inspiration. On a beau se fixer tous les objectifs que l’on veut, je crois que si on n’est pas inspiré, on n’arrivera pas à grand chose de très bon. Et l’inspiration ne vient pas forcément sur commande, hélas. Dès qu’elle frappe à notre porte, là, on n’a plus le choix puisqu’il faut en quelque sorte que « ça sorte » de nous et que cela s’exprime. Et, dans cet « état », peu importe ce qu’on avait prévu de faire ou ce qu’on avait programmé à une autre date : l’art s’extériorise et on trouve (ou on prend) forcément le temps nécessaire à son expression.
    Je parle sans doute pour moi puisque j’ai une petite expérience en matière de composition de chansons ou de musiques instrumentales mais, avec l’expérience et le recul, je sais que j’aurais beau me fixer tous les objectifs possibles et inimaginables, si je ne suis pas inspiré…….. rien ne sortira de vrai ni de tangible sinon que du rabâchage sans âme ou de l’insipide sans saveur. Un peu comme lorsqu’on fait la cuisine (je suis également un petit adepte de cet art difficile) par force et contrainte et qu’on n’y met pas d’amour ni d’âme. C’est souvent sans saveur et très insipide au goût….

    Donc, pour conclure, je ne dis pas que ton article n’est pas utile car c’est certainement très bien de se fixer des objectifs et d’en déterminer les contours, les tenant et aboutissants ainsi que les délais. Je pense simplement que, dans le domaine de l’art, le paramètre essentiel et primordial est l’inspiration. Cette énergie venant d’on ne sait où qui nous donne des ailes et qui nous force parfois à tout abandonner le temps de son expression. Mais je peux aussi me tromper…. 🙂

    • Nous n’avons pas oublié l’inspiration, elle est même déjà évoquée dans un article rien que pour elle ! 🙂

      Mais l’inspiration, elle vient souvent à des moments où on, en tout cas je, ne peux pas « tout abandonner ». Pour ma part la plupart de mes plus belles phrases s’acharnent à surgir sous la douche ou quand je nage… Et je n’ai toujours ni plume ni dictaphone waterproof. Par contre je peux me souvenir d’une partie d’entre elles et les utiliser au moment où je suis disponible.

      Pour le coup, je songe à ce que Stephen King écrit dans son bouquin dont j’ai parlé en ces pages : si oui on peut profiter des moments d’inspiration pour écrire, il insiste sur la nécessité de pratiquer régulièrement, même si c’est pour faire des pages impubliables et qu’on n’utilisera pas, car une fois le cerveau habitué à ce moment, il est possible que Mme Muse s’invite plus facilement justement à ces moments là. On peut savoir se mettre en mode « créatif ».

      Je sais d’expérience que ce que j’écris quand je me « force » à écrire n’a pas du tout la même saveur que quand je me sens transportée et que ça s’écoule librement je ne sais d’où. Je reconnais très bien à quelle catégorie appartiennent chacun de mes articles !
      Mais je ne pourrai avoir des moments productifs ET inspirés qu’en me ménageant des plages de temps pour se faire, et se décider à ménager ces plages de temps dans un quotidien surbooké ça passe par se fixer un objectif et voir les progrès. Sinon ça continuera à être un « j’écrirai un jour ». Et cela me semble vrai pour beaucoup d’entre nous, qui ont quelque chose à dire, l’inspiration, l’idée, mais pas le déclic de passer à l’action.

      Bref, je pense qu’il faut un savant mélange d’inspiration, de discipline et de persévérance pour écrire un bouquin !

  2. Oui, je me souviens de cet article de Marie. 🙂

    C’est vrai que vu sous cet angle, tu as sans doute raison. D’un travail régulier peut certainement découler l’inspiration. Comme en musique, on travaille son instrument afin de ne pas perdre les automatismes et l’inspiration qui est « cachée derrière » (référence à un vieil album de Laurent Voulzy) montrera certainement le bout de son museau à un moment ou à un autre.
    Comme je n’écris pas, j’ai un peu de mal à m’imaginer me discipliner d’une façon régulière pour écrire des phrases sur une page blanche. De toutes manières, je suis assez indiscipliné et ceci explique sans doute cela… 🙂

    Cela dit, pourquoi donc nous acharnons-nous à continuer à vivre dans un « quotidien surbooké » et sommes-nous réduits à nous ménager des plages de temps pour être créatifs ? C’est, à mon avis, une des questions essentielles de notre civilisation moderne où le temps de travail est de plus en plus réduit et où l’on a de moins en moins de temps pour se retrouver face à soi-même…. Tu vois, on en finit même par utiliser en création des termes de business : « se fixer un objectif » par exemple. 🙂 C’est évidemment louable et il faut bien utiliser des mots pour exprimer ses idées, mais, toujours pour moi, le terme « objectif » a vraiment du mal à rimer avec le mot « créatif »…. Sauf en photographie évidemment ! 🙂 Mais c’est certainement mon côté indiscipliné qui reprend le dessus. Indécrottable je suis…… 🙂

  3. Chère Plume, je t’avoue que, moi qui suis pourtant une adepte des résolutions, objectifs et autres TODO-List, je ne suis pas totalement de ton avis.
    En effet, je pense que l’esprit des bonnes résolutions du début d’année (ou de tout autre moment de l’année d’ailleurs), n’est pas de se fixer des objectifs. Je dirais qu’il s’agit plutôt de poser une intention, quelque chose qui répond à « De quoi ai-je envie pour moi pour cette année ? ».
    Mais j’ajouterais que dans l’idée de résolution, il y a : poser une intention ET faire le premier pas dans cette direction.
    C’est à dire que si je désire que 2014 soit l’année où je vais commencer à écrire mon livre, j’avance d’un pas en commençant à établir mon plan ou à rédiger les premières pages.

    Ce n’est que mon approche et je ne dis pas non plus que les objectifs n’ont pas leur utilité, hein 😀

  4. Je tombe à l’instant sur cet article… Comme quoi, tout arrive un jour ! 😉
    Et si quelqu’un peut se sentir concerné, c’est bien moi puisque je me suis lancé dans l’aventure il y a bien longtemps déjà… Pourtant, même si comme vous, je reconnais l’utilité de se fixer des objectifs clairs et définis dans divers domaines, lorsque j’écris c’est avant tout parce que j’en ai envie ! Une idée a germé dans mon esprit et à partir de cet instant, c’est souvent elle qui m’emporte dans cette formidable aventure qu’est l’écriture. Si mes objectifs sont bien là quelque part dans ma tête, il m’est complètement inutile de les définir aussi clairement et de m’astreindre à écrire. De toute façon quand je l’ai (cette idée !), je ne peux m’en défaire tant que je n’ai pas achevé mon ouvrage.
    Tout ça pour dire que je rejoins un peu « Philou » : en matière d’écriture, un jour l’envie est plus forte que tout, et plus besoin alors de se fixer un nombre de pages ou de lignes, celles-ci s’écriront toute seule…
    Alors, inspirée « Une Plume » ? 😉

    • Décidément j’aurais dû choisir un autre objectif comme illustration de l’article ! Mais il fallait bien que ça ait à voir avec les mots, donc… 🙂

      Pour ma part, j’ai envie d’écrire, en gros… tout le temps. ! J’y passerais tout mon temps… Du coup, je n’en passe aucun 😀 et donc il serait bon (depuis combien d’années dis-je cela ?) que je me cale des rdv d’écritures dans mon emploi du temps. 🙂 Surtout parce que mon emploi du temps est obèse, gros de tout ce qu’il y a à faire avec 4 enfants, un compagnon, une maison, un travail à temps plein, des amis, un blog, plusieurs centres d’intérêt et … une tendance à vouloir tout contrôler ! Si il existait des plages libres, je n’aurais pas à les fixer, juste à en profiter pour écrire quand l’envie est là. Mais voilà, mon emploi du temps a horreur du vide. Alors va falloir que je le mette un peu au régime, que je l’allège pour trouver cet espace d’écriture (ailleurs qu’au volant, sous la douche, quand je marche pour aller à un rdv etc… qui décidément ne sont pas des moments où je peux céder à l’envie !).

      L’envie est là et me ronge, mais elle ne peut pas être plus forte que tout, mon sens du « devoir » la musèle.

  5. Peut-être que tu écris sans t’en rendre compte finalement. Vivre une vie très remplie (comme tant de gens, par ailleurs car tu es dans la mouvance actuelle) est sans doute une façon d’écrire une histoire dans l’action, mais sans porte plume. Si nous nous impliquons dans une vie de famille, une vie professionnelle, une vie de loisirs, des rencontres amicales… et tout le reste en surplus qui relève apparemment de l’aléatoire, c’est sans doute que nous faisons ce choix inconscient d’écrire notre histoire de la sorte. On finit par se faire croire que c’est le devoir qui l’emporte mais je n’y crois pas vraiment. Chaque action que nous mettons en place n’est que le signe extérieur d’une volonté intérieure de nous révéler à nous-même. Et l’on est toujours à sa place quel que soit ce qu’on pense de cette place.
    « Employer son temps » n’est qu’une succession de responsabilités mises en place par soi-même et acceptées même si l’on pense parfois qu’on pourrait faire autrement ou que le stress vient des autres. Notre univers mental et physique fonctionne sur la base de l’action/réaction en plus d’un formatage personnel et collectif sociétal. Il est évident que lorsque la coupe déborde un peu et qu’on finit par se sentir finalement trop loin de soi-même, on commence à prendre conscience de l’étroitesse de notre espace/temps. Certains en arrivent parfois à « péter les plombs », jusqu’au fameux burn out, très en vogue aujourd’hui. Et je sais de quoi je parle, crois-moi !
    L’envie d’écrire peut exprimer également un signe de besoin de retour à soi-même et d’une pause mentale en extériorisation sur papier. Dans ce cas, il te faudra dégager du temps pour te libérer un peu.
    Mais, je crois qu’en étant au maximum dans le moment présent, si tu en as envie et que tu y arrives, tu te rendras compte que ton histoire s’écrit à chaque instant que ce soit en relation avec tes enfants, dans tes rendez-vous, avec ton compagnon, chez toi, sur ton blog et partout où tu seras réellement présente. Si tu n’as pas écrit plus que cela, c’est que cette envie ne correspondait pas vraiment à la manière dont tu souhaitais t’exprimer. Sinon, tu l’aurais fait depuis longtemps quelles que soient tes contraintes. C’est pour cela que je persiste à penser que tu écris -pour le moment- ton histoire d’une manière plus active et concrète qu’en la couchant sur du papier…… Mais je peux également me tromper n’est-ce pas…… 😉

  6. Se lancer dans l’écriture d’un roman ou d’une fiction, quelle qu’elle soit, est une aventure bien différente que « d’écrire son histoire » au jour le jour (blogs, pensées et autres belles phrases…) suivant son inspiration du moment. Mais là encore je rejoins « Philou », si l’envie est là, on finit par se lancer un jour…
    Je crois comprendre que ce que tu pencherais davantage vers une sorte de biographie (éventuellement romancée ?)… Là encore l’aventure est bien différente et le challenge très relevé. N’as tu jamais eu envie d’écrire une pure fiction, tout simplement ? Juste pour le plaisir d’imaginer une histoire et de la mettre en mots ? En commençant peut-être par des nouvelles ? Désolé si je m’immisce quelque peu dans ton intimité, mais perso, c’est ça qui m’intéresse ! 😉

  7. Et bien ! J’aime les débats et quand un post commence à générer des commentaires comme celui-ci !!! 🙂

    Bon, je ne suis pas ici pour étaler ma vie (je l’ai déjà fait sur un autre blog fût une époque…), ou du moins je ne suis censée aborder que sa partie « littéraire ». Du coup je ne m’étendrai pas sur si je l’écris, comment je l’écris, pourquoi je l’écris ainsi, ni sur mon propre burn out, ni plus avant sur mon rapport au temps et à son emploi. Même pas sur mon extériorisation quotidienne dans des écrits réservés à mes propres yeux (si tant est que je les relise un jour, c’est rare).

    Ou… en fait si… je vais m’étaler un peu. 😀

    Je n’aime pas, mais alors pas du tout l’idée du « si tu en avais vraiment envie tu l’aurais déjà fait », qui ignore la force de certaines résistances (ok j’admets que les contraintes soient une excuse pour faire oublier les-dites résistances). L’envie est vraiment là, ce qu’il y a c’est que la peur y est tout autant. Dois-je l’avouer ici ? Tant que je ne l’ai pas fait, je peux encore CROIRE que je suis capable de le faire… Alors oui, je sais, si j’y arrive ce sera encore mieux, je SAURAI que j’en suis capable. Mais si je n’y arrive pas ?

    J’ai fait pareil pour beaucoup de choses en fait (notamment le passage du bac): c’était plus facile de ne rien faire pour y arriver, ce qui expliquait que je n’y sois pas arrivée, que de faire ce qu’il fallait et de ne pas y arriver… Et oui, je sais aussi que finalement, j’y suis souvent arrivée quand même !

    Je comprends ton approche, Brice, mais ce n’est pas une question d’inspiration biographique ou de fiction, les deux m’ont déjà envahie. C’est vraiment une question de passage à l’acte, je ne connais pas la demi-mesure, si je m’y mets je voudrai le faire à fond (pour le coup si j’ai rien foutu pour le bac, j’ai par contre donné un an et demi entièrement consacrée à mon diplôme supérieur au point de ne sortir le soir que deux fois sur cette période !!! Quitte à faire quelque chose et que ça se sache, sans montrer l’ampleur de l’ investissement quand même, il faut être sûre d’y arriver au final…….). Je n’ai pas les moyens de le faire à fond, sans que ce soit au détriment de ceux que j’aime. Reste donc à le faire « juste ce qu’il faut ». Euh… ben… j’y songerai demain hein ?! :p

  8. lol !
    Difficile, en effet, de discuter de tout ceci sans trop parler de soi et je comprends tout à fait que ce ne soit pas, pour les auteurs, le but de ce blog. Mais puisqu’il s’agit de commenter et comme tu dis apprécier le débat, alors débattons ! 😉 Et profitons en pour éclaircir, voire développer quelques idées…
    Tout d’abord si je te posais la question du genre, c’est parce que je pense qu’il est plus facile de se laisser emporter par un univers, une histoire, une simplement une idée… que par la rédaction de sa propre histoire. Je vois l’écriture d’une biographie davantage comme un travail (de mémoire, de transposition, de choix, etc.) qu’un plaisir. Même si l’on peut, bien sûr, éprouver une grande satisfaction à revivre les moments clé de sa vie, et à les mettre en mots, n’est il pas plus facile de se laisser emporter par une histoire et des personnages créés de toute pièce, qui se dessineraient au fil des chapitres et pourraient nous surprendre nous-même ?
    La démarche pour se lancer pourrait alors être totalement différente selon le type d’oeuvre choisie car l’envie même serait différente. (Plus facile notamment d’envisager ton approche « objectivée » dans le cadre d’une bio par exemple qui demandera davantage de travail préparatoire mais, sans doute, une part moins importante d’imagination, d’improvisation, voire d’inspiration…)
    Je ne dis pas : « si tu en avais vraiment envie, tu l’aurais déjà fait » – pas tout à fait… 😉 – et je ne prétends pas que les contraintes de la vie soient de fausses excuses, je dis juste que (du moins, pour ma part) lorsque l’idée et l’envie sont là, je ne peux les contenir, un jour cela devient plus fort que tout et je m’y mets (je suis sûr que tu as déjà connu ça…). Mais tu l’as dit toi même, on n’est pas obligé non plus de se lancer dans un roman en trois tomes de 500 pages chacun ! Écrire une histoire avec un début, un milieu et une conclusion, est déjà un réel aboutissement et le simple fait de poser le mot FIN à son oeuvre, est tellement valorisant !
    J’ai commencé ma dernière nouvelle « Noces de papier » par ceci : « Écrire c’est souffrir. » Et je peux t’assurer que c’était du vécu car à chaque fois que je me lance dans un nouveau récit, je me remets en question et me dévoile au regard des autres, à leurs jugements, mais surtout aux mien. Il m’est arrivé de ne pas écrire pendant des années. L’envie était là, mais je bloquais. Et un jour, sans savoir ni pourquoi, ni comment, je m’y suis remis. Là encore, cela s’est imposé à moi. Cela étant je comprends tout à fait cette crainte de ne pas y arriver. (Impossible de ne pas penser à Marty Mc. Fly ! 🙂 ) Mais finalement la question qu’il faudrait peut-être se poser est la suivante : Arriver à quoi ? Est-ce qu’en « objectivant » comme tu le proposes dans ton article, on ne se tromperait finalement pas de méthode ? Est-ce qu’on ne se mettrait pas un peu trop de pression ?
    En conclusion je dirais juste que quelle que soit la démarche initiale, écrire doit rester un plaisir avant tout, un moyen de s’évader, de vivre autre chose… l’écriture est une clé qui peut ouvrir toutes les portes. 😉

    • J’adhère et retiens surtout le « L’envie était là, mais je bloquais » ! 😀
      Ensuite, le « arriver à quoi » m’interpelle aussi, et me rappelle l’article « écrire, mais pourquoi ? » de Une Voix.
      Et puis, quelque soit la façon dont je m’y met, oui, c’est toujours un plaisir…

  9. Nos actes, dans nos vies, ne sont finalement qu’une question de choix conscients ou inconscients. Et la peur, tu l’as souligné toi-même, fais souvent partie des sentiments qui nous animent lorsqu’on réfléchit, en avance, aux éventuelles conséquences qui pourraient résulter de ces choix. Cette peur est pratiquement toujours un blocage mental nous empêchant souvent de mettre en œuvre (ou en actes) notre créativité. Nous nous contraignons la plupart du temps dans nos propres limites et tissons les fils de notre propre toile d’araignée sans trop savoir comment en sortir après coup.

    En fait, nous n’avons à nous sortir de rien du tout. Tout le potentiel est là, en nous et prêt à être utilisé pour peu qu’on veuille bien « lâcher-prise » sur tout ce qui constitue nos « blocages », qu’ils soient internes ou qu’ils semblent provenir de l’extérieur (et donc des autres). Pourquoi le fait d’aimer ses proches nous empêcherait-t-il d’exprimer notre créativité et notre talent de quelque manière qu’ils se présentent ? Tu me répondras que notre temps horaire est ce qu’il est et qu’il demeure certainement incompressible jusqu’à nouvel ordre…… C’est certainement vrai (bien qu’il soit aujourd’hui démontrable par la physique quantique qu’il en est certainement autrement…. mais c’est une autre histoire… encore que…. 🙂 ), mais je suis certain qu’il existe forcément un moyen de concilier créativité, vie de famille, travail, loisirs…etc….. sans que personne ne soit « perdant » et sans que cela entraîne des problématiques en surplus. A toi de trouver ce moyen. Tu pourras me rétorquer itou que je ne me mouille pas trop en te conseillant cela et que c’est presque inutile de te conseiller ce que tu savais déjà ! 😀
    Chacun de nous a tout le potentiel nécessaire pour avancer dans sa vie sans que rien ne soit « sacrifié » et sans que personne n’ait à en souffrir (même si pour certains, « écrire c’est souffrir »… évidemment, je plaisante Brice hein ! 🙂 ). Pour en arriver là, il est évident qu’il faut changer notre état d’esprit, accepter de regarder nos peurs en face, de se rendre compte de leur inutilité et finalement de les transcender en lâchant prise et en se reconnectant à ce qu’est réellement notre « être profond ». Là aussi, c’est d’abord un choix à faire, pas forcément facile en apparence mais tellement porteur !
    J’aime beaucoup cette citation de Paulo Coelho, dans « L’alchimiste » : « Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer. » Vaste programme non ? 😉

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