L’envie

Image courtesy of Stuart Miles / FreeDigitalPhotos.netL’article de la semaine ne se laisse pas happer facilement… J’ai pensé, je dis bien PENSE, c’est important, à vous parler de l’Art Poétique, de Nicolas Boileau. Évoqué dans notre lettre mensuelle, cité dans un article récent, cela semblait une évidence, non ? Cela impliquait déjà de le lire, avant d’en parler. J’ai parcouru la page Wikipedia, j’ai trouvé l’œuvre, puis je me suis lassée. Point envie de faire l’effort, pas cette fois. Et surtout rien que la description de l’œuvre me le (l’auteur) fait penser trop rigide, trop structuré, et ce n’est pas l’humeur du temps.

Du moins mon début de recherche m’a permis de découvrir un site inconnu (de ma personne) jusqu’alors et d’un attrait certain ! J’ai alors PENSE à vous écrire un mignon petit article, court, facile, sans effort, sur ma découverte, et vous inviter ainsi à lire des œuvres sur Wikisource.  Des œuvres tombées dans le domaine public plutôt que dans l’oubli, des œuvres libres de droits. Nous connaissons tous Frankenstein ou le Prométhée moderne ou L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, mais combien d’entre nous les ont lus ? Je me suis amusée à lui demander un texte au hasard et j’ai lu mon premier passage du Koran ! Bref, un outil agréable pour les amateurs de lecture et de mots, mais… non, ce n’est pas l’humeur du jour.

Alors ?

J’ai cessé de PENSER.

Et je me suis demandée de quoi j’avais envie. Tout simplement. Ce à quoi je pensais me lassait trop vite, ne me donnait pas matière. Alors, si je cessais de penser, qu’est-ce qui me venait, de quoi avais-je ENVIE? Et la réponse est apparue limpide, simple, lumineuse. J’avais envie d’un exercice d’écriture libre, sans cadre, sans contrainte.  Juste de poser mes mains sur le clavier et de laisser les mots venir, s’écrire comme ils le souhaitent, parler de tout, parler de rien, et donner mine de rien quelques informations à qui sait les y trouver. Peut-être est-ce l’épuisement actuel de mon corps et de mon cerveau qui m’y a poussé, en ce cas je l’en remercie, parce que c’est si bon ! Et puis, oh, ce sont les vacances, non ? La période en tout cas…

J’écris donc ce dont j’ai envie, sans structure, sans but, au point de ne pas encore savoir quel titre aura mon article, ni quelle image pourra l’illustrer, je ne le saurai qu’après. Nous avons parlé ici d’exercices, de contrainte, de structure, de persévérance et de choses rébarbatives, nous n’avons pas encore parlé du principal: l’envie. La motivation. Inutile de s’exercer, de connaitre les règles si nous n’avons pas l’envie. Et comment persévérer si nous ne sommes pas motivés ?

Si les écrivains écrivent, si les chanteurs chantent, si les compositeurs composent, si les acteurs jouent (grrr, pourquoi je ne peux pas mettre « actent » ici ?!) c’est parce qu’ils en ont envie, en tout premier lieu. Peut-être que c’est moins vrai plus tard, pour certains, après des années de carrière, mais il me semble que ce sont des domaines où l’on va d’abord par envie, par goût. Ce ne sont pas des métiers « alimentaires », choisis par défaut, histoire de gagner sa vie. Alors pour écrire un jour, la première chose nécessaire (mais non suffisante malheureusement) est d’en avoir ENVIE. Profondément, viscéralement. Et croyez-moi, c’est mon cas.

Et vous, là maintenant, de quoi avez-vous envie ?

4 réflexions au sujet de « L’envie »

  1. Envie d’être en vie ! 🙂

    Et ça, si on réfléchit bien au sens profond de la phrase, c’est tout un programme car, comme tu l’as dit, il faut d’abord en avoir « envie » ce qui implique donc d’avoir conscience de notre vie et de ce que cela implique.
    Il faut ensuite « être » et, là aussi, c’est tout un programme car, au delà de l’utilisation de ce verbe dans nos discours courants (qui deviennent bizarrement très égocentriques lorsqu’on conjugue cet auxiliaire), « être », au sens profond et vécu du terme, est bien plus difficile qu’il n’y parait.
    Pour finir, l’expression « en vie » qui devrait nous ramener au « Principe vital » qui sous-tend toute notre démarche lors de notre passage ici-bas. Et c’est apparemment loin d’être le cas pour bon nombre d’entre nous puisque ce principe est obscurci par toute une kyrielle de « voiles » (aucune allusion à l’Islam… je précise !) plus opaques les uns que les autres, qui finissent par nous engager soit sur des « voies de garage », soit sur des « chemins de traverse » (qui ne sont jamais les plus courts… merci Francis ! 🙂 ).

    Donc, être en vie est, pour moi, ma seule et unique envie ! Et ça prend tout mon temps…. 🙂

    PS: l’étymologie du mot envie vient du latin « invidia » qui signifiait malveillance, jalousie, antipathie…. Par extension le sens de « désir » aura été retenu plus tard.
    Le but ultime de l’envie ne serait-il justement pas alors d’éliminer toute malveillance, toute jalousie et toute antipathie….. Et pourquoi pas (soyons fous !), comme dans le bouddhisme, faire abstraction de tous nos désirs qui sont les sources de nos souffrances ?
    Mais là, je sens bien, que ça ne va pas plaire à tout le monde et que cela ne va pas susciter beaucoup d’envie…. 😀

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