Quitte moi

Cher lecteur,

Je me permets aujourd’hui d’écrire un article d’auto-promotion puisque j’ai le grand bonheur de t’annoncer la sortie de mon premier Single « Quitte moi » aujourd’hui ! Il est produit par le label ApplePie et distribué en version dématérialisée sur les principales plateformes de diffusion musicale (streaming & vente en ligne).

Quelques mots sur la genèse de la chanson en Face A de ce single : il y a cette rencontre qui s’avère rapidement être essentielle, structurante, profonde, décisive. Définitive ? Puis une envie qui naît, celle de crier : « Aime moi ! Aime moi de cet amour qui dure éternellement. Nous avons déjà vécu toi et moi, plusieurs vies même. Il n’y a plus rien à prouver, plus rien à craindre non plus. Juste à aimer, aimer à ne plus jamais se quitter… ».

Tu auras sans doute noté, cher lecteur, une incohérence apparente entre le titre de ma chanson et la description que je viens de te faire de l’état d’esprit dans lequel elle a été écrite. Je te laisse découvrir le texte par l’écoute et comprendre par toi même ce qui ne nécessite pas d’avantage d’explications.

Retrouve la, ainsi que le deuxième titre « De la tendresse à revendre », à partir des liens suivants :

Sur Deezer

Sur Spotify

Sur Google Play

Sur Amazon

Sur YouTube

Je serais ravie de connaître ton avis en commentaire de cet article. Par ailleurs, si ces chansons te plaisent et que tu souhaites m’apporter ton soutien, tu peux le faire de l’une (ou de plusieurs) des manières suivantes :

  • Faire écouter ces chansons à tes amies, amis, copains, copines, cousins, cousines, collègues, oncles, tantes, …et toutes les personnes qui te semblent susceptibles de les aimer !
  • Cliquer sur « J’aime » à l’endroit où tu les auras écoutées …et sur toutes les plateformes où tu as un compte actif !
  • Ajouter les chansons à tes playlists et les partager !
  • Suivre ma page Facebook en cliquant, encore une fois (quand on aime on ne compte pas), sur « J’aime » !
  • Venir à mes concerts (toutes les infos sont sur ma page Facebook) !

Pour te remercier de ta fidélité, de tes écoutes et de tes clics (et d’ailleurs même si tu ne cliques pas), je t’annonce d’ores et déjà la poursuite de mes écrits sur l’écriture et la diffusion de chansons avec notamment à venir un article sur la structuration d’une chanson.

A très bientôt !

Lève-toi et marche

Liberté. Liberté :

De se dire, d’écrire
De s’aimer, de rêver,
De danser, de chanter,
De bouger, de donner,
D’enlacer, d’embrasser,
De toucher, de brûler,

De partir, revenir
De feindre pour enfreindre,
De geindre, de se plaindre,
S’étreindre puis éteindre,
S’enflammer, raviver,
Caresser, cajoler,

De s’unir, réfléchir,
Profiter, voyager,
De créer, s’envoler,
Écouter, regarder,
De nager, chevaucher,
De jouer, de pleurer,

De sourire,
Exister.

Ce dont tu me privais.

Engagée. Engagée :

A unir, réunir,
A tenter, retenter
Accepter, regretter,
Confronter, conforter,
Arranger, travailler,
Ordonner, calculer,

A maudire, à médire,
A se taire et à plaire
A faire puis défaire,
A omettre, à promettre,
Transmettre, disparaître,
Paraître se soumettre,

A finir, contenir,
Limiter, terminer,
Se forcer, galérer,
Avancer, progresser,
Effectuer, arriver,
Patienter, essayer,

Réussir
A plier.

Ce que tu demandais.

— Fuir ?
Une voix s’élève et susurre :
— Lève-toi et fais ce que bon te semble.

D’Artagnan en fauteuil roulant

Image from www marcloret comÇa a duré une fraction de seconde. Il n’a pas prononcé un mot. Il m’a regardée. Nos yeux se sont happés. Ma chute dans le corps, dans le cœur, dans le temps fut brutale et intense. Moi qui venais de toute ma naïve arrogance lui apporter une once de présence, je me suis pris la sienne en pleine face, toute de chaleur, de douceur et de force. D’explication ? Point. De raison ? Aucune. Du ressenti à l’état brut. J’ai touché le cœur de la source, toutes frontières abolies.

Je l’ai croisé dans ce gruyère parisien qu’est le Métropolitain. Sur mon chemin, un mendiant. Un jeune homme à longs cheveux bruns et à barbiche, tel d’Artagnan, mais en fauteuil roulant, posé au cœur de la galerie, la main tendue, le regard droit devant. Il se repérait aisément dans ce déversoir de zombies pressés qui le dépassaient aveuglément. Je me suis heurtée à mon ambivalence, stoppée net dans ma course.

Une seconde, pour me souvenir que oui, j’avais au moins une pièce de deux euros en poche.

Une autre, pour envisager de poursuivre ma route, dans une feinte concentration qui aurait occulté sa demande silencieuse. Possible. Mais je me connais, j’aurais emporté avec moi, et me serais trainée un moment, le petit Jiminy Cricket qui me susurrerait aux oreilles que j’aurais « quand même pu… ».

Quelques-unes, pour le souvenir d’une ancienne discussion :

— Ah non, je ne donne jamais la pièce, si c’est pour qu’ils aillent picoler…

— Possible, mais on n’en sait rien !

— N’empêche, entre ceux qui boivent, ceux qui ont des Nike hors de prix aux pieds, ceux qui font partie d’un réseau, celles qui se refilent un gamin pour apitoyer, ceux qui…

— Ca va, j’ai compris ! N’empêche, ça me gêne de leur passer devant en les ignorant, mais si je choisis de leur prêter attention faut bien que je leur donne, non ?! Parce que : bonjour-je-t’ai-vu-je-te-souris-mais-je-te-donne-rien, je suis pas sûre que ça vaille mieux… Sauf que quand je donne, ensuite, avec des réflexions comme la tienne, j’ai le sentiment de m’être fait « avoir » ! Ras-le-bol !

Une dernière, enfin, pour me souvenir que j’ai résolu le dilemme puisque j’ai décidé que, ayant les moyens de le faire, quand je croise un demandeur, je donne, qui qu’il soit, quels que soient mes doutes.

Et voilà comment je me retrouvais, une ellipse plus tard, face à lui, porteuse de ma pièce mais surtout de mon humanité, dans une étonnante posture et calculée et sincère, se voulant contre-pied du flot d’aveugles qui continuait à dévaler autour de nous.

Je notais du coin de l’œil sa jambe manquante, prononçais un « bonsoir » appuyé et hésitant, déposais la pièce dans sa main, me voulant présente, ouverte à l’autre.

L’étais-je trop ?

Me voilà bouleversée, je m’arrache à son regard. Je fuis.

Mon pilote automatique reprend les rênes, et la poignée de ma valise, pour m’entrainer dans la course folle du quotidien, dans une hâte lente vers la seule issue. Mes jambes me portent, mon souffle me prête vie et me voilà repartie, mais mon âme, elle, reste un instant encore en suspens, faisant fi de mon mental déboussolé. Les portes du métro se ferment et j’y demeure songeuse, bouleversée et heureuse, comblée d’un présent inattendu.

J’aurais pu vous faire croire que cet instant a changé ma vie. Que je me suis alors dévouée dans un engagement magnifique auprès des plus démunis. Il n’en est rien. J’ai repris le cours de mes jours. Je suis restée la même, une pépite en plus dans ma besace, avec mes doutes et mes ambivalences. Et vous, dites-moi, quels sont-ils ?

Tu m’as manqué

Enrouée la voix après deux… hum… presque trois ans de silence ?

Point du tout. Juste un peu intimidée de te retrouver, cher lecteur, comme un ami que l’on revoit après une longue absence.

Je dois te dire que tu n’as pas changé ! A peine un peu vieilli, mais qui est épargné par le temps qui file ?

Moi non plus, enfin je ne crois pas… mais parlons plutôt de toi ! Tu as l’air en forme et ça me fait plaisir. Tu m’as manqué, tu sais. Comment vas-tu ? Bien ? Tant mieux !

Quoi, et moi ?

Oh, tu sais moi… bon d’accord, je te raconte. Comme souvent et comme beaucoup, je me suis laissée entraîner dans une cadence infernale et dans un combat perdu d’avance : j’ai lutté et bataillé pour tâcher de m’épanouir, à pleine vitesse. Contradictoire ? Oui je sais… perdu d’avance, je te l’ai dit. Comment espérer gagner de l’énergie en rognant sur les temps de récupération nécessaires ? Comment imaginer faire rentrer dans mon quotidien et à grand coup de masse un peu de détente et de bien-être ?

J’ai changé de méthode. Enfin, je suis en train. Des mutations sont en cours. Petit à petit car les habitudes ont la peau dure. Mais, doucement, je change de rythme en modifiant mes priorités. J’ai un besoin profond d’autonomie et de liberté, je l’ai expliqué à mon patron quand je lui ai dit au revoir.

Je ne lui ai pas raconté que j’avais des projets et mille envies aussi et, entre autres, celle d’écrire et de faire de la musique. Et que pour cela, j’ai besoin de légèreté et de disponibilité. Temporelle, physique, émotionnelle.

Bon, d’accord, je le lâche le scoop : je prépare un single qui sera prochainement distribué (en ligne) chez tous les bons disquaires (de l’internet). Je prépare des concerts sous forme de deux spectacles différents (je t’en reparlerai). Et aussi, je prépare mon grand retour sur ce blog avec des lectures et des chansons à écouter et à décortiquer.

J’ai tellement de choses à te raconter !

J’ai hâte… enfin non, j’ai envie et je prends mon temps.
Passe une belle journée, cher lecteur, à bientôt !

Dans la peau du poisson bleu

Je me réveille. Enfin, je crois. Quelque chose cloche, je n’ai pas ouvert les yeux, ils l’étaient déjà. Quel jour est-on ? Tiens, ce n’est pas ma chambre, ni mon lit. Et cette agitation, là, autour de moi ? Je sais ! Des infirmières, des patients… Il y a un homme près de moi, assis, là, au bord de mon brancard, il a comme un air de panique au fond des yeux. Je me souviens, c’est mon mari !

— Salut, je me réveille ? C’est un hôpital ? Les urgences ?

Il ne répond pas tout de suite, un éclair de … lassitude ? traverse son regard.

— Oui…

— Que s’est-il passé ? Je ne me rappelle pas… Mais… On est en quelle année ? Qu’as-tu fait des enfants ? Où je travaille ? Attends je crois que je sais… Ah non… Oh, c’est sans doute une chute de cheval ? On est ici depuis longtemps ?

— Du calme, je vais tout te raconter… Encore.

Il pousse un soupir et entreprend de me dire qu’on est dimanche, que les enfants sont gardés par un ami, que mon cheval est tombé et que lors de notre chute ma tête a heurté le sol, que… Je l’entends d’une oreille déverser des mots qui parlent de choses que je connais et d’éléments qui m’échappent, alors que mon cerveau me susurre que j’ai omis un élément majeur. Je tente d’organiser ma pensée, de comprendre ce qu’il m’annonce, de me souvenir, mais…

Je me réveille. Enfin, je crois. Quelque chose cloche, je n’ai pas ouvert les yeux, ils l’étaient déjà. Tiens, je suis aux urgences et mon mari est là. Que s’est-il passé ? Il me parle, il parle de notre vie. Avec qui je travaille déjà ? Des choses m’échappent… Je l’interromps.

— Salut, je me réveille ? On est aux urgences ?

Je ne comprends pas sa réaction, il se montre presque excédé et en même temps c’est la peur que je lis dans son regard.

— Oui…

— Que se passe-t-il ? Je n’ai mal nulle part ! Mais… Quel jour on est ? J’ai bien 31 ans ? Pourquoi je suis là ? Je ne sais pas, je ne me souviens pas, je…

Ma voix s’éteint tandis qu’un flot de questions sans réponses se pressent dans ma tête. Tiens, je me souviens, c’est comme quinze ans auparavant, c’est ça, je dois faire une amnésie, il doit juste me manquer quelques jours. Mais pourquoi j’ai cette impression que je dois me rappeler d’un truc, qu’est-ce donc ? Bon. Où étais-je hier ? C’est rageant, je sens des images, des sons mais ils restent à la lisière de ma conscience et s’enfuient dès que je tente de les happer ! Aller ! Concentre-toi !

Je me réveille. Enfin, je crois. Quelque chose cloche, je n’ai pas ouvert les yeux, ils l’étaient déjà. Ah oui, mon mari est là, je sais, je suis aux urgences !

— Salut, je me réveille ?

Pas le temps d’en dire plus, le voilà qui m’interrompt :

— Oui, Sarah, tu es aux urgences, tu as fait une chute de cheval et ta mémoire est atteinte. Si j’ai bien compté, c’est la 42ème fois que tu te « réveilles », mais tu n’as jamais perdu connaissance…

— Je fais comme Dory dans Nemo c’est ça ?!

J’éclate de rire et il me suit dans mon hilarité. Une infirmière, qui nous surveille de loin, s’approche :

— Elle est toujours comme ça, Monsieur ? A rigoler tout le temps ?

— Non, seulement quand c’est grave !

Elle sourit et repart s’occuper d’un patient. J’interroge Michaël du regard.

— Ça fait trois heures qu’on est là et qu’on rigole souvent. Je ne saurais te dire combien de fois tu m’as sorti cette blague, et d’autres. Ils t’ont fait un scanner, tu n’as rien de visible, pourtant tu « rebootes » toutes les cinq, dix minutes depuis ta chute…

— Comme dans Matrix quoi, trois films pour une simple réinitialisation de serveur !

Son demi-sourire contrit m’indique que celle-là aussi, ça ne doit pas être la première fois qu’il l’entend de l’après-midi. J’ai quelques flashs, n’y avait-il pas un jeune homme en tenue de footballeur quand je suis allée au scanner ? Ah mais… Où étais-je hier soir ? Quel est cet élément qui m’échappe et me hante à la fois ? Il y a quelque chose d’anormal, au-delà de ma conscience vacillante, au-delà de la chute, mais qu’est-ce que ça peut donc être, bon sang !

Je me réveille. Enfin, je crois. Quelque chose… ah oui, je sais ! Je suis aux urgences et je suis coincée dans une boucle mémorielle ! Michaël est là, je vois qu’il comprend que je viens d’omettre, encore, tout ce qu’on vient de se dire. Oui, mais je sais que j’oublie, c’est un progrès, non ?

— Salut, je crois que j’ai, encore, « rebooté » ! Je n’aurais jamais cru un jour pouvoir tenir un rôle à la « Memento » !

— Je crois qu’on en est à plus de 100 fois… Ça m’occupe de compter, ça me canalise. Ils ne savent pas si tu vas rester comme ça, comment ça va évoluer…

— Oui mais regarde, je me souviens de nouveaux éléments à chaque fois maintenant, c’est rassurant, non ?!

Je réalise l’épreuve que cela doit être pour lui de me voir ainsi. Je comprends sa peur que je n’oublie pour toujours les minutes que je vis, sa peur de m’avoir perdue. Je me sens bien. Je suis confiante. Juste, je ne me souviens pas de certaines choses, j’en suis consciente, mais les ayant oubliées, elles ne me perturbent pas, seule l’idée d’avoir perdu des souvenirs me dérange. Non, pas seulement, c’est quoi ce fichu truc qui m’esquive et dont je sais qu’il faut que je me rappelle ?

Je me réveille. Il fait nuit. Mon mari n’est plus là. Il y a deux femmes qui partagent ma chambre, qui me regardent curieusement. J’ai dû leur faire le coup de Dory… Cette fois je sais que c’est pour de bon, je suis revenue. Comment je le sais ? Aucune idée. Je ne me souviens pas de l’accident, ni des jours précédents, ou juste quelques bribes. Je me souviens du principal : qui je suis, mes enfants, mon mari, toutes les personnes de ma vie, ma maison, mon travail, mes loisirs, mon passé, ce que j’aime, ce qui me déplaît. Je me souviens aussi, malheureusement, de ce qui m’a turlupinée toute la journée et qui avait peut-être une raison de se cacher : hier soir j’ai décidé de tout faire voler en éclats. Il ne m’aura pas perdue pour avoir égaré ma mémoire, mais parce que je l’ai retrouvée. J’ai décidé de divorcer.