Vanité

© http://www.photo-effect.com/Des enfants qui s’en vont vivre leur propre chemin
A l’amant que l’on perd ou l’on fuit un matin
Des fous rires partagés à l’ami trop lointain
Comme chaque souffle d’air arraché au destin
Tout est vain

D’une famille ignorée à l’inconnu d’un train
De ce corps qu’on abhorre au cancer en son sein
De ces tâches qu’on répète chaque jour et sans fin
Au pas que l’on fait pour se lever le matin
Tout est vain

De ces mots que l’on saigne aux tableaux que l’on peint
Des souvenirs qu’on adore au futur que l’on craint
Des émotions intenses au ronron du train-train
Tout est vain

De l’instant fugace à l’inéluctable fin
Des douleurs, de la peine aux moments les plus sains
Qu’importe quelle sera la trace de ton chemin
Tout est vain

Une Plume – 01 Novembre 2009

Donner de la voix

Image courtesy of imagerymajestic / FreeDigitalPhotos.net - voixCe qui est chouette avec les outils modernes c’est que je peux donner de la voix sur le blog alors que je suis totalement occupée à autre chose. Je peux en écrire deux coup sur coup et les laisser paraitre à un intervalle de temps plus raisonnable… Bref tout ça pour dire que des brouillons dorment aussi et ressortent en décalé. Enfin, pour ne rien dire en fait, juste que les parutions sont toujours aussi hazardomadaires…

Une phrase m’est revenue, comme ça, il y a peu, une de ces phrases sorties des multiples chansons que ma mémoire a stockée. En parlant de chanson, j’aimerais revoir Une Voix venir nous en parler mais il semble qu’elle manque soit de temps, soit d’inspiration… Je garde espoir !

Mais je vous parlais d’une entêtante qui me donna envie de publier, la voici :

On écrit bien mieux qu’on ne dit
On ose tout ce que la voix bannit

De M. Goldman, d’une de ses chansons que je fredonnais adolescente.

Je ne peux que souscrire à cette assertion, grande muette que je fus dont les pages noircies d’encre envahissent les placards. Ces mots que la voix bannit, je tentais de les écrire. D’aucuns qui m’ont connue alors, du lycée à la fac, vous confirmerait ce silence, celui qu’à l’époque j’ai mis en mot dans le poème ci-dessous.

Ah ! Mais voilà donc la raison de l’article : un vieux poème à dépoussiérer et à ajouter aux autres ! C’est l’air du temps, en attendant de revenir à des articles plus construits…

Silence

J’aimerais pouvoir hurler sur les toits du monde
L’étau qui m’emprisonne n’est souffrance immonde
Ma voix enchaînée dans des liens inextricables
Entraîne que de hurler je suis incapable

Je voudrais tant que tu saches m’entendre enfin
De ma voix de muette seras-tu atteint?
Mais cette cage qui me bloque la poitrine…
Tu ne m’entendras pas, malgré une ouïe fine

J’aimerais pouvoir hurler sur les toits du monde
L’étau qui m’emprisonne n’est souffrance immonde
Mais cette cage qui me bloque la poitrine…

Tu m’entendras si ta sincérité s’affine
Je cherche comment te le hurler sans un bruit
Comment te dire je t’aime sans un cri.

Une Plume – 29 juin 1993

Brève du temps

Image courtesy of surasakiStock / FreeDigitalPhotos.netCe soir ce sera une « brève du temps », telle qu’elle m’est venue. Les mots tels qu’ils s’écrivent pour exprimer un ressenti, sans chercher la rime ni la raison.
Vous noterez qu’ils finissent toujours par s’orienter sur des alexandrins, mais que la contrainte de la forme les transforme alors, et leur enlève, tout du moins ce soir, sur ce cas-là, il me semble, un peu de leur saveur.
C’est une « brève du temps » car c’est le reflet d’un instant, mais aussi parce qu’elle nait d’une faille temporelle, vingt ans d’un coup, exactement, rien que ça !

Visiteur

Si je te dis « je me souviens de tout », te moqueras-tu de moi ?
Toi, homme, que je ne connais pas.
Si je te conte les souvenirs flous du temps lointain, resteras-tu là ?
Voudras-tu savoir celle que tu ne connais pas ?

Peu m’importe, sais-tu !
Ces couleurs ravivées de vieilles images m’ont réchauffée.
Je ne cours pas après les temps perdus,
Mais aime parfois à me les rappeler.

Je joue à m’imaginer, au gré des indices,
Ce que tu as vécu, qui tu es devenu
Je m’amuse à te construire une vie moins lisse,
Retarde le moment de réalité nue.

Je reconnais des traces de qui tu étais,
Et rencontre en moi celles que tu as laissées.
Quel savoureux mélange de curiosité,
De nostalgie, que je t’invite à partager.

Une Plume – 28 Décembre 2015

Adulte

Image courtesy of Salvatore Vuono / FreeDigitalPhotos.netTu as une femme et des enfants
J’ai un mari un peu absent
Mes descendants sont déjà grands
Ils n’appellent plus après maman

Tu es lassé de ses courroux
De ses petits jeux je suis à bout
Après ces années, voilà, tu l’aimes
Après tant d’années, voilà, je l’aime

Soudain le vent emporte le tout
Dans un envol discret, si doux
Cafés, paroles, quelques sourires
Des présages on ne fait que rire

Raconte moi, tes yeux, ta voix,
Le cœur s’y prend, il veut de toi
Reflet qui vient, on n’ose point
Un soir banal parlent les mains

Sur ce chemin on est perdants
A tous les coups, mais si vivants
De ce chemin je pleure encore
Ce bel amour qu’on déshonore.

Une Plume – 03 Juin 2008

Dans les lambeaux d’un rêve

Certaines grasses matinées, trop rares, ont du bon. Celle de ce matin m’a offert les mots qui me sont venus ce soir et que je viens partager après ce long été de silence… C’est un tout autre article que je vous avais commencé cet après-midi, mais c’est celui-ci qui veut être publié ce soir, alors je l’écoute et le suis. Bonne nuit, puisse-t-elle nous amener de doux rêves !

 

Image courtesy of Serge Bertasius / FreeDigitalPhotos.net

Toi que l’on n’homme pas

Dans les lambeaux d’un rêve
J’entends encore ta voix,
Un murmure, une trêve,
Comme je n’en connais pas.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je sens encore ton cou
Une odeur, une sève,
A en devenir fou.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je vois encore tes yeux,
Comme la mer sur la grève
Me noyer dans ce bleu.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je goûte encore ta peau,
Quand dans ta tenue d’Eve
Tu m’invites au repos.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je sens encore tes bras
Qui m’enserrent, me soulèvent,
Et m’entrainent avec toi.

Dans les lambeaux d’un rêve…
Donc dans un autre état !
Et je pleure et j’en crève :
Je ne te connais pas.

Une Plume – 13 Septembre 2014