Adulte

Image courtesy of Salvatore Vuono / FreeDigitalPhotos.netTu as une femme et des enfants
J’ai un mari un peu absent
Mes descendants sont déjà grands
Ils n’appellent plus après maman

Tu es lassé de ses courroux
De ses petits jeux je suis à bout
Après ces années, voilà, tu l’aimes
Après tant d’années, voilà, je l’aime

Soudain le vent emporte le tout
Dans un envol discret, si doux
Cafés, paroles, quelques sourires
Des présages on ne fait que rire

Raconte moi, tes yeux, ta voix,
Le cœur s’y prend, il veut de toi
Reflet qui vient, on n’ose point
Un soir banal parlent les mains

Sur ce chemin on est perdants
A tous les coups, mais si vivants
De ce chemin je pleure encore
Ce bel amour qu’on déshonore.

Une Plume – 03 Juin 2008

Dans les lambeaux d’un rêve

Certaines grasses matinées, trop rares, ont du bon. Celle de ce matin m’a offert les mots qui me sont venus ce soir et que je viens partager après ce long été de silence… C’est un tout autre article que je vous avais commencé cet après-midi, mais c’est celui-ci qui veut être publié ce soir, alors je l’écoute et le suis. Bonne nuit, puisse-t-elle nous amener de doux rêves !

 

Image courtesy of Serge Bertasius / FreeDigitalPhotos.net

Toi que l’on n’homme pas

Dans les lambeaux d’un rêve
J’entends encore ta voix,
Un murmure, une trêve,
Comme je n’en connais pas.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je sens encore ton cou
Une odeur, une sève,
A en devenir fou.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je vois encore tes yeux,
Comme la mer sur la grève
Me noyer dans ce bleu.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je goûte encore ta peau,
Quand dans ta tenue d’Eve
Tu m’invites au repos.

Dans les lambeaux d’un rêve
Je sens encore tes bras
Qui m’enserrent, me soulèvent,
Et m’entrainent avec toi.

Dans les lambeaux d’un rêve…
Donc dans un autre état !
Et je pleure et j’en crève :
Je ne te connais pas.

Une Plume – 13 Septembre 2014

Réveil

Ça fait déjà quelques temps que je ne vous en ai pas proposé un petit, et je n’en ai pas publiés tant que ça depuis nos débuts ici. Alors aujourd’hui ce sera poésie ! Vous seriez gentils de donner votre avis, de me corriger aussi, attention je ramasse les copies…

Image courtesy of Digital Art / FreeDigitalPhotos.net

Une douce langueur consume peu a peu
Les restes déchirés de ce cœur trop peureux,
L’attente sans défi qui reste sans réponse,
Souvenir d’un lambeau de chair parmi les ronces.

Le temps où du sang courait encor dans mes veines,
Le temps où ce cœur battait, palpitations vaines,
Un temps où la cendre ne l’avait statufié,
Ce temps où il n’était une pierre effritée.

Je croyais éteinte cette vie qui couvait,
Elle dévale, eau emportant toutes les portes,
Envahissante elle méprise ma révolte,

Elle m’étreint, sensation qui revient m’aider,
Ma révolte est éteinte pour un nouveau jour.
Une vie qui renaît de la mort de l’amour.

 Une Plume – 28 Mai 1993

Si…

Image courtesy of Anusorn P nachol / FreeDigitalPhotos.netJ’avais dans l’idée, suite à mon article sur la persévérance, de venir vous parler du temps.

Non.

Pas du temps qu’il fait.
Pas de cet été qui a tardé.
Du temps qui passe.

De cette denrée où pour le coup il y a une certaine équité : nous avons tous vingt-quatre heures dans une journée. Certains sont nés pour s’asseoir au bord d’une rivière, certains sont nés pour être frappés par la foudre, certains ont l’oreille musicale, certains sont des artistes, certains nagent, certains s’y connaissent en boutons, certains connaissent Shakespeare, certaines sont des mères et certaines dansent (je vous laisse retrouver le film d’où me viennent ces mots à l’heure où j’écris ces lignes !). Et certaines écrivent ou chantent. Mais quoi que nous fassions, quoi que nous soyons, nous avons vingt-quatre heures dans chacune de nos journées, tous autant que nous sommes (je ne crois pas Renan Luce qui prétend avoir une minute supplémentaire à vous et moi!).

Je voulais donc vous parler du temps, mais comme l’image qui illustre cet article vous l’aura peut-être soufflé, j’ai changé d’avis.

Je voulais vous parler de ce temps qui s’échappe, dont nous manquons, et que nous oublions souvent d’employer pour nos priorités plutôt que pour des futilités (je vous demande humblement pardon de vous inclure dans ce « nous » alors que je ne sais rien de vous et d’ainsi généraliser outrageusement un sentiment qui m’est propre, mais à écouter et observer autour de moi, il me semble tout de même partagé par beaucoup d’entre nous !).

Je voulais vous parler du temps, dis-je, parce que c’est une de ces premières excuses que trouve l’aspirant écrivain pour fuir la page qui l’attire pourtant comme un aimant, pour excuser le retard de sa production, pour justifier qu’il n’en soit que là où il en est.

Je voulais vous parler du temps parce que quand Stephen King dit qu’il écrit tous les jours, tous les matins et décrit sa journée, je me dis que lui, mince alors, il a le temps ! Puisque c’est de cela qu’il vit ! Oubliant que, avant d’être connu, avant d’en vivre, il était comme beaucoup aux prises avec une vie quotidienne et une vie professionnelle chronophages, et que cette chance qu’il a d’avoir le temps d’écrire aujourd’hui il la doit à sa persévérance et à sa gestion de ses priorités, entre autres.

Je voulais vous parler du temps jusqu’à ce que je me dise que je n’en avais pas le temps, et qu’à la place j’allais vous déposer un de mes vieux poèmes d’amour écrit dans un autre temps, histoire d’en gagner (du temps, pas de l’amour). Sauf que ce vieux poème m’a fait voyager dans le temps et prendre le temps du souvenir. Et qu’au moment de le partager, je me suis surprise à finalement aussi prendre le temps de vous parler, un temps, du temps. Point comme je l’avais imaginé, mais comme ma pensée l’a créé à ce moment précis.

Merci de prendre le temps de me lire, et, aller, voilà quand même le poème qu’en un autre temps une gamine de seize ans grattait de sa plume sur des pages de lycéenne.

Si j’aimais à crier dans l’oreille d’un sourd
De ma voix de muette qui ne sait t’atteindre,
Si j’allais, sous l’aveuglement de cet amour
Contempler encor un rêve qui ne peut s’éteindre,

Si je continuais à croire en plusieurs vies
Qui me permettraient de toujours te retrouver,
Si je croyais en une histoire vite abolie
Mais qui renaît toujours de ses cendres passées,

Si la vie n’est qu’une caresse qui s’en va,
Si la pensée ne naît que par un cœur qui bat,
Si la haine n’est qu’un être qui ne voit pas,

Si la mort existe pour que la vie soit belle,
Si je pensais encore à toi, si je t’appelle,
Enfin si je t’aime, reviens. Reste avec moi.

Une Plume – 03 Mai 1993

Si vous avez un peu de temps, je vous invite dans le grenier, parce que le saut dans le temps et le titre de mon article m’ont rappelés une vieille chanson, une face B d’un disque oublié !
Et dans tous les cas, je vous invite à prendre une profonde inspiration et le temps de vivre…

Léthé

Laissez-moi compter, dix-sept moins quatre ça fait ? Treize… Une semaine compte ? Sept jours… Ah ben…  oui…  nous sommes en retard ! Ce serait le bon moment pour parler de la persévérance je crois, mais, en fait, non ! L’article en question requiert plus de disponibilité que je ne lui en accorde en ce moment. Alors, à défaut, et puisque c’est assez rare, voici un nouvel extrait des poèmes que j’ai écrit.

Jetee

Tu t’es réveillée un matin dans l’inconnu
Un rêve étrange pénétrait tes souvenirs
De ce long, trop long fleuve aux multiples soupirs
De ses eaux noirâtres sort une nymphe nue

Seul, un voile diaphane la cache à la vue
Et ses si longs cheveux, si lourds de souvenirs
Dont la noirceur invite ton âme à périr
De l’eau est sortie une nymphe presque nue

Les rives infinies disparaissent dans la brume
De contours flous en pierres coupantes il ondule
Et des algues noires s’attachent sans scrupules
A des roches abruptes où l’œil de la mort s’allume

Un félin noir s’avance, pauvre être tremblant
D’un geste gracieux la nymphe haïe l’emporte
Se délectant déjà de sa mémoire morte
Dans le fleuve se répand peu à peu ton sang.

Une Plume – 17 Mai 1994.