Le sel de la vie

wpid-seldelavie.jpgCette semaine, j’ai lu un livre. Oui, ça m’arrive assez régulièrement, je sais bien, rien de notable.  Mais le livre, lui, est assez spécial. Et puis, je triche un peu en disant que je l’ai lu : je ne l’ai pas fini, quelques pages me manquent. Non que je m’en sois lassée, mais que la date limite pour le rendre est arrivée sans que j’ai eu le temps de l’achever. Double effet Kiss Cool d’un changement de travail qui a réduit ma disponibilité pour lire (et écrire bien sûr…) et de la lecture en cours de la biographie de Steve Jobs, qui s’avère bien plus longue que je ne m’y attendais… Il faut dire que c’est ma première lecture sur Kindle et que j’ai ainsi réalisé qu’il est plus difficile d’estimer son temps de lecture quand on n’a ni regardé le nombre de pages ni pu voir si le bouquin est un pavé ou un fin petit objet !

Concernant le livre dont je viens vous parler, lu en format « classique », il appartient à la seconde catégorie (d’autant plus frustrant de ne pas avoir réussi à le lire dans les temps !). Et il a la particularité d’obéir à une contrainte incongrue: il s’agit d’une phrase unique tout au long du livre, à l’exception de la préface et de la postface. Il s’agit du « Sel de la Vie » écrit par Françoise Héritier.

Au départ je fus réticente. Enfin, non, au tout début, j’étais intéressée, suffisamment pour l’emprunter ; c’est quand je l’ai eu dans les mains que ma réticence est apparue. Comme je le disais il est fin, et il contient une phrase unique, à peu de choses près ; une longue phrase certes, mais une seule ! Et puis ce n’est pas une histoire mais une énumération… Du coup, son prix m’a paru excessif (OK, pour ma part je l’ai emprunté à une médiathèque, donc lu gratuitement, mais quand même…). Et puis j’ai commencé à le lire, et je n’ai pas trop accroché, encore une fois rebutée par cette impression de « trop peu ». Sauf qu’au final je suis ravie de l’avoir lu (et que j’irai le rechercher dès que possible pour en lire la fin) pour une raison simple: sous ses dehors « faire un livre avec si peu c’est un peu abuser », il possède un fond riche et il provoque des émotions, une réflexion et même des envies de changement !

Le sujet du livre est simple : elle écrit une lettre à un ami et lui liste tout ce qui fait le sel de la vie, ces petites choses que l’on vit et qui nous touchent, qui nous forgent, dont le souvenir s’installe dans un coin de notre mémoire et peut resurgir à toute heure. Les petites choses que l’on ne voit pas toujours, mais sans lesquelles notre vie ne serait pas ce qu’elle est. Alors bien sûr le sel de sa vie ne ressemble pas au mien, certaines parties de sa liste me laissent froide, quand d’autres me parlent car j’ai connu les mêmes et qu’elles m’ont aussi procuré une émotion, qui m’est propre. Lire sa liste n’a pour intérêt que de réveiller chez moi (nous ?) la question du sens de la vie, plus spécifiquement de la mienne ; de m’émouvoir sur certaines évocations et de vouloir prêter plus d’attention aux petites choses.

II y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d’exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie.

Alors, le lire, pourquoi pas ? C’est rapide et inspirant. Mais plus intéressant encore, l’écrire ! Voilà l’envie qu’il a provoqué chez moi. La forme que je choisirai pour ma part ne sera pas un livre, un temps où je liste indéfiniment mes petites choses, mon sel, mais une publication quotidienne d’une de ces choses sur mon mur Facebook (et pourquoi pas celui de notre page si Une Voix se prête au jeu ?). Comme ça chaque jour je profiterai du rayon de soleil du souvenir d’un détail, d’une émotion, d’une joie. Et vous, qu’est-ce qui fait le sel de votre vie ?

4 réflexions au sujet de « Le sel de la vie »

  1. Pour moi, mon « sel » serait justement plutôt d’essayer d’avoir le moins d’émotions possibles…… ce qui n’empêche absolument pas d’être joyeux. Il s’agit simplement d’une joie paisible. Évidemment ce n’est pas si simple car y’a très souvent un grain de sel qui s’insinue dans ce processus, mais cette philosophie de vie pimente assez bien le parcours. Il ne faut d’ailleurs pas abuser du piment….. comme du sel qui est très mauvais (parait-il) pour les Arts Terre. 🙂

  2. Pour ma part, j’ai un petit faible pour le sucre et, c’est vrai que ça a tendance à masquer le goût du sel des petites choses du quotidien.

    Pour répondre à la question de la fin de l’article, Une Voix se prêtera volontiers au jeu… si celui-ci ne l’engage pas dans une production quantitative qu’elle n’arrivera pas à assumer 😉

    • J’ai lu ce livre et ne l’ai pas terminé non plus. Pas pour raison de « date limite » mais par lassitude. Comme pour la musique répétitive (cf Steve Reich par exemple) le style est plutôt intéressant au départ, puis ça passe ou ça casse. J’ai lâché prise ! Cela ne m’a pas empêché de me laisser prendre par le fond du propos, bien analysé par Une plume. Chacun (il faut du moins l’espérer) a éprouvé l’une ou l’autre des émotions ou admirations énumérées par Françoise Héritier.
      Le livre a pour principal intérêt de nous ouvrir les sens et les émotions. il nous dit : « Regardez autour de vous, écoutez vos sensations, ne soyez pas blasés de tout.  » Savoir regarder, ressentir, quelle richesse.
      Même si le style n’a aucun rapport, je pense aussi à « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » (Ph Delerme).
      La vie est remplie de ces toutes petites choses qui, si l’on daigne y prêter attention, apporte à l’existence son goût épicé (si l’on ne veut pas en rester au sucré-salé !).

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