Rentrée chansonnière

Rentrée des classesJe ne vous apprends rien, c’est la rentrée. Bon, on ne va pas déprimer pour autant. On va plutôt s’attaquer à un gros morceau du programme de l’année qui traite – je vous le donne en mille – de l’écriture de chansons.

Cet article inaugure en effet une série d’écrits dédiés à la composition de chansons en tentant de répondre à la question que vous vous posez forcément : Faut-il écrire d’abord le texte ou la musique ?

Et la réponse va vous surprendre (ou pas) : Cela dépend. Forcément.

Cela dépend tout d’abord de votre facilité. Si vous avez plus d’aisance avec les mots, il est probable que vous allez noircir des pages de cahier et disposer de nombreux vers qui vous réclameront ensuite des notes à leurs pieds. Si au contraire, vous êtes plus confortable avec les touches de votre piano ou les cordes de votre guitare, ce sont des suites d’accords, des bribes de mélodies qui vont s’exprimer en premier.

Et puis cela dépend de votre inspiration. On écrit souvent pour exprimer un sentiment, une émotion. Parfois, cette émotion se traduit facilement en mots, parfois pas. Et puis de temps à autres, les paroles s’improvisent en même temps que la musique ou bien ce sont les mots qui fredonnent d’eux mêmes une mélodie.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que cette question d’écrire le texte ou la musique en premier est à la fois inutile, incomplète et centrale.

Inutile parce que finalement, cela n’a pas d’importance : si je commence par composer la musique de ma chanson, je devrai de toutes façons, à un moment ou un autre, en écrire les paroles.

Incomplète aussi parce que c’est simplifier à l’extrème que de dire qu’une chanson est composée d’un texte et d’une musique. Qu’entendons nous par musique ? La trame mélodique, l’enchaînement harmonique, l’orchestration ?

Et enfin centrale parce que, même en tergiversant et en retournant le problème dans tous les sens, il nous faut bien commencer par quelque chose.

Je sais, tout cela vous semble bien nébuleux, obscure, abscons. Nous allons tâcher d’y voir plus clair au fil des articles qui vont suivre. Et pour cela nous allons poser la question dans des termes différents : Quel est mon objectif et quels sont les moyens dont je dispose pour atteindre celui-ci ?

Mon objectif est simple : arriver à une chanson complète, prête à passer à la radio.

Quant aux moyens à disposition, nous allons en étudier plusieurs, notamment des techniques permettant de mettre en musique un texte, de placer des mots sur une mélodie ou de trouver une trame harmonique à partir d’une ligne mélodique. D’ailleurs, si vous reprenez votre cahier de texte à la page juste avant les vacances, vous vous apercevrez que nous avons déjà commencé le travail en essayant une technique d’écriture d’un texte à partir d’une idée de départ.

Avez-vous fait vos devoirs de vacances ?

4 réflexions sur « Rentrée chansonnière »

  1. J’ai horreur des devoirs ! Surtout pendant les vacances. Les cahiers Passeport….. Quel gaspillage d’argent !! 🙂
    Pour moi, ce serait plutôt une rentrée « chansons d’hier » vu que mon répertoire serait plutôt basé sur les années 60/70…… On fait ce qu’on peut n’est-ce pas ? 🙂

    Sinon, pour celles et ceux qui ne rechignent pas au « partage », y’a la « collaboration ». Oh, pas celle de l’occupation ni celle de l’utilisation de ce mot dans le nouveau langage des entreprises (on ne dit plus un employé ou un collègue mais un « collaborateur » !!!) … non : je veux parler de la collaboration qui consiste à « travailler de concert avec quelqu’un d’autre » (définition Larousse) et à partager de la musique et des textes avec un ou une partenaire. Cela ouvre des horizons, fait passer d’excellents moments (à condition bien sûr que cela ne finisse pas en brouille ou pire, en baston… mais là…. 😀 ) et permet souvent un échange fructueux en amicale harmonie constructive.

    Certains préfèrent bosser seuls et c’est évidemment bien normal mais, en échange à deux (ou à plusieurs), c’est une autre expérience très enrichissante. Le duo Alain Souchon/Laurent Voulzy, par exemple, nous a montré bien des fois que ça paye. Remarquons bien que ces deux talents s’accommodent également parfaitement bien d’un travail en solitaire mais c’est tellement plus complet en duo… On pourrait citer aussi Eddy Mitchell/Pierre Papadiamandis ou bien Raymond Asso/Edith Piaf ou encore Etienne Roda-Gil/Julien Clerc ou Roland Vincent/Michel Delpech….. Que des jeunes quoi ! 🙂 Bref.

    Sinon, je suis d’accord avec toi Marie. Y’a pas vraiment de secret pour fabriquer une chanson. Chacun trouvera sa voie (ou sa voix…) selon ses aptitudes et ses facilités à écrire ou à composer. De plus, la réussite d’une chanson est totalement subjective car il faut évidemment tenir compte des modes, critères médiatiques et bourrage de crâne des radios et télés. C’est pour cela que vouloir écrire une chanson pour qu’elle passe à la radio est une aberration totale. Qui décide, qui dirige, qui fabrique les tubes ?
    Cela dit, certains artistes n’ont absolument pas besoin de ce type de médiatisation pour que leurs œuvres soient appréciées. Damien Saez par exemple en est un exemple vivant. D’autres, plus anciens, comme Brassens, Férré ou Brel, n’ont pas eu besoin des supports médiatiques (bien moins puissants à leur époque) pour exprimer leurs talents. Il faisaient beaucoup de scène et c’était le public qui leur renvoyait (ou pas) les vibrations positives de ceux qui apprécient une bonne chanson. On revient d’ailleurs aujourd’hui à plus de scène et plus de spontanéité en partage commun et c’est tant mieux.

    Enfin, pour en terminer, pour qu’un bon texte épaulé par une bonne musique sonne bien, on a également besoin d’autres catégories d’intervenants. Les arrangeurs et les ingénieurs du son. Les premiers entrent évidemment dans la catégorie des musiciens, mais ce sont ceux qui mettent en place, qui épurent (ou qui rajoutent) et qui font vivre cette « énergie » d’une manière harmonieuse et équilibrée. Et ce sont rarement les compositeurs de la chanson su laquelle ils instillent leur expérience. Cette catégorie de travailleurs de l’ombre est assez rare et pourtant, très souvent, sans eux, pratiquement aucune de nos belles chansons préférées n’aurait pu avoir le succès et l’audience qu’elle ont eues.

    La seconde catégorie (les ingés/son) a une importance capitale pour la diffusion d’une œuvre sur les médias actuels. Ce sont eux qui fabriquent le « son » d’une chanson et, même si personne ne s’en rend vraiment compte, leur travail de finalisation est essentiel. C’est ce qui a fait le succès de certains studios mythiques comme Abbey/Road, et, en France, les Studios Ferber ou Davout ou bien encore le Château d’Hérouville (près de Pontoise)…. car le « son fini », les salles d’enregistrement et les ingénieurs y étaient des éléments hyper importants pour la production.

    Voilà. Si je suis trop long ou trop « encombrant » avec mon bla-bla faut le dire hein ! 🙂 A +

    • Merci Philou pour ton commentaire très complet …qui m’évitera d’avoir à écrire un article sur les ingénieurs du son et les arrangeurs hihi 😉

      S’il n’y a pas de « secret pour fabriquer une chanson », je vous donnerai quand même quelques pistes et exercices (que feront peut-être ceux que les devoirs n’ennuient pas 😀 ) pour en structurer l’approche. Ces éléments ne remplaceront pas l’inspiration, ne vous donneront pas des idées de chanson et n’écriront pas à votre place mais vous permettront je l’espère d’aboutir à un premier résultat. Après cela, on enlèvera les petites roulettes, et personne ne pourra plus vous arrêter 😀

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