Ces mots qui tournent autour du pot

Trois ansRien depuis Juin, c’est pas bien… mais en même temps, on vous avait prévenus. Et Une Plume, faut pas lui parler de liberté, sinon, elle se prend au jeu. Pourtant, je peux vous le dire, elle a envie de vous écrire. Elle en a envie et elle le fera sans doute bientôt.

Quant à moi, depuis Juin, j’ai lu et j’ai écrit. Sans vous le dire, c’est vrai. Je ne peux quand même pas tout vous dire. Non, n’insistez pas, je ne le ferai pas. Toutefois, aujourd’hui, j’ai envie de partager quelque chose avec vous. Un texte que j’ai écrit il y a peu.

Mais avant cela, je voudrais vous raconter comment ce texte s’est écrit. Je ne sais plus si je vous l’ai déjà expliqué mais souvent pour écrire, je pars d’une émotion, d’une idée, d’une couleur, d’un mot et je tourne autour. Enfin, plutôt, c’est l’émotion, l’idée ou le mot en question qui tournent autour de moi. Moi je ne fais rien, rien que les écouter et les coucher sur le papier. Parfois, l’émotion exprimée, je l’ai ressentie en écoutant une amie se confier, en voyant le visage d’une personne croisée dans la rue ou en entendant une musique. Parfois, il s’agit de quelque chose que j’ai vécu, dont je me souviens, plus ou moins bien. Souvent, à l’émotion première font écho d’autres émotions enfouies, endormies, latentes. C’est d’ailleurs souvent lorsque je vis une émotion vive que j’ai envie (besoin) d’écrire, car celle-ci va secouer tout un tas de choses en moi qui ont envie de s’exprimer.

Les mots qui viennent alors (tous seuls la plupart du temps) peuvent être très proches de ce que je ressens… ou plus éloignés. Ils peuvent mélanger plusieurs souvenirs, plusieurs histoires, plusieurs contextes, imaginaires même de temps à autres. Le résultat, je ne le connais jamais à l’avance et je ne sais parfois même pas dire, au moment où l’inspiration frappe à ma porte, sur quoi va porter le texte final. Pour ouvrir une parenthèse, dans l’expression comme ailleurs, cela se saurait si l’on maîtrisait quoi que ce soit. Non, on ne contrôle rien. On peut juste décider de résister… ou de laisser faire. Sur ce, je referme cette parenthèse en vous répétant que ce sont bien les mots qui m’écrivent. Moi, je ne fais que les entendre et les « autoriser ».

Finalement, j’ai changé d’avis, je ne vous raconterai pas l’histoire du texte suivant (qui deviendra peut-être une chanson, il en a déjà le format). Je vous dirai juste que l’émotion était là, qu’elle est allée en piocher une autre et peut-être encore une seconde et une troisième, qui ne m’appartiennent pas forcément d’ailleurs et puis que les mots se sont ensuite improvisés. Inutile donc d’essayer d’en interpréter le propos. Laissez juste les mots venir à vous et peut-être auront-ils quelque chose à vous dire…

Bonne lecture et à bientôt !

Trois ans

Trois ans et des poussières
Je la regarde s’accumuler
Sur les photos imaginaires
De nos projets non réalisés


Trois ans et des brouettes
De ressentiments, de prises de tête
De non-dits bien pensés
Mal pensant et mal embrassés


Combien de temps depuis
Ce regard qui m’avait éblouie
Combien d’années j’ai pris
Au coin des yeux… depuis…


Trois ans et des bananes
C’est marrant mais, où est la flamme ?
Le petit feu fragile
Notre trésor et talon d’Achille ?


Combien de temps depuis
Ce regard qui m’avait éblouie
Combien d’années j’ai pris
Au coin des yeux… depuis…


Trois ans c’est presque rien
Rien de plus qu’au premier matin ?
Mais qu’est-ce qui nous retient ?
Dis-moi, est-ce bientôt la fin ?


Trois ans, c’est que dalle
Mais ça fait quand même un peu râler
Cette mésentente cordiale
Même notre rupture nous fait bailler


Combien de temps depuis
Que la magie s’est évanouie
Combien d’années j’ai pris
Au coin des yeux… depuis…

 

5 réflexions au sujet de « Ces mots qui tournent autour du pot »

  1. C’est pas faux boumic21.
    Cependant, pour la plupart d’entre nous, totalement imbriquées dans des vies de souffrances plus ou moins grandes et appréhendées avec une perception basée presque essentiellement sur la peur et l’incertitude -que ces sentiments soient conscients ou inconscients – il est très difficile d’être productif en « chants » lorsque nous avons l’impression de baigner dans des moments de bonheur. C’est sans doute pour cela que la plupart des grandes œuvres ont éclos par le canal de gens très souvent malheureux, perturbés ou écorchés par leur parcours intérieur ou extérieur. Nous portons certainement cette mémoire collective en nous et celles et ceux qui s’expriment par l’art, naturellement plus sensibles que la moyenne, à l’évidence plus que les autres.
    Ceci dit, tu as raison et il faudrait faire mentir cette idée. Mais mentir n’est finalement que cacher (ou se cacher) la vérité (La Palice n’aurait pas dit mieux n’est-ce pas ! 🙂 ) et il me semble qu’il y aura beaucoup moins de chants désespérés lorsque notre perception du monde sera beaucoup plus positive et heureuse. Ceci implique que nous trouvions, en préalable, la paix intérieure qui nous fait tant défaut…… Là, non seulement nos mots seront bleus, nos harmonies majeures, mais également notre ciel ainsi que nos vies terrestres qui vont avec.

  2. Il faut faire mentir l’idée selon laquelle les chants désespérés sont souvent les plus beaux.
    Que viennent les harmonies majeures qui illuminent la vie ! Et les mots bleus qui vont avec !

    • Les mots bleus, je ne sais pas, je préfère les verts 🙂
      Pour le reste, j’ai plein d’harmonies majeures en stock et de chansons heureuses en travail. Peut-être en partage ici bientôt 😉

  3. Si ce texte devient une chanson, sera-t-il plutôt porté par des harmonies majeures ou bien plutôt par des mineures….. ?

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