Bon courage ! Ou pas.

Bon courage !

Dimanche. J’appelle une amie pour prendre quelques nouvelles, la conversation se termine invariablement par « Bon courage pour ta semaine ». Euh… merci. Je te souhaite une très belle semaine !
Lundi. Mon patron m’envoie un mail en me demandant d’effectuer une tâche, tâche qui m’incombe de surcroit. Il achève son mail par « Bon courage ! ». Mais chef, c’est mon boulot. Et en plus j’aime mon travail, je t’assure. Bonne journée, chef !
Mardi. Je pars en déplacement professionnel. Au moment où je passe la porte, mon compagnon me lance un « Bon courage pour la route ! ». C’est gentil… un « Bonne route ! » aurait suffit, non ?
Mercredi… Dois-je continuer ?

Vous avez certainement compris où je voulais en venir. Nous vivons une époque tellement difficile, qu’il nous faut du courage pour tout. Du courage pour nous lever le matin, pour faire le métier pour lequel on est payé, pour affronter le mauvais temps, faire sa déclaration d’impôts, les courses, la lessive,… Stop !!!
Pourquoi pas du courage aussi pour sortir boire un verre avec des amis, pratiquer mes loisirs, faire la sieste ?

S’il me faut du courage pour vivre au quotidien, la vie que j’ai choisie et que je choisis chaque jour, que me souhaiterez-vous quand j’aurai à affronter une épreuve, une perte, un échec ?

Surtout que du courage, j’en ai plein, moi ! Je n’ai pas besoin qu’on m’en souhaite. Alors s’il vous plait, souhaitez moi de bonnes journées, de belles rencontres, des matins colorés, des soirées douces, des nuits noires (ou blanches). Souhaitez moi de la joie, du bonheur, la paix ou l’amour… Éventuellement de la chance, mais pas du courage, hein, d’accord ?

D’ailleurs c’est amusant, quand on traduit « Bon courage » en anglais, ça donne « Good luck » ce qui veut dire aussi « Bonne chance ». La chance c’est finalement mieux que le courage, vous ne trouvez-pas ?

Il parait que les mots que nous utilisons nous transforment. Ils montrent notre perception de la vie et nous transforment dans ce sens. Qu’en penses-tu, cher lecteur ?
Penses-tu qu’en t’habituant à utiliser des mots jolis et positifs, des tournures optimistes et des expressions joyeuses, tu peux infléchir ta façon de voir la vie et donc de la vivre ?

C’était la minute de réflexion philosophique. Revenons à nos moutons et à nos lectures. J’ai aperçu qu’il existe un livre qui porte ce titre Ne me dites plus jamais bon courage !. Je suis rassurée de ne pas être la seule à lutter contre ces expressions toutes faites du quotidien et je m’en vais de ce pas lire ce petit bouquin. Je vous en reparle bientôt !

D’ici là, bon… mois de Novembre à tous !

3 réflexions sur « Bon courage ! Ou pas. »

  1. Tu es excusée ! 🙂
    Comme tu le dis « c’est personnel ». Tu as tout résumé. Et c’est toute notre problématique qui fait que : quoi qu’on dise, quoi qu’on entende, quoi qu’on voit ou croit, cela reste toujours personnel puisque chacun de nous voit le monde sous le prisme de ses propres pensées.
    Mais finalement, tout ceci n’est absolument pas grave puisque quoi qu’on fasse on avance, porté par l’énergie de vie qui, elle, ne s’embarrasse ni de mots, ni de barrières inutiles et superflues. Nous jouons un peu à « nous faire croire », tels des enfants. Le seul truc qu’on perd un peu (beaucoup) en grandissant, c’est la joie enfantine; ce qui fait qu’on dramatise beaucoup trop pour, souvent, pas grand chose de réellement important….

  2. Ah : le fameux pouvoir des mots…… Vaste programme.

    Il est vrai que nous utilisons tous des lieux communs ou des petites expressions « clichés » pour nous exprimer et communiquer avec les autres. Il est certainement vrai aussi que nous ne réfléchissons que très rarement à la signification exacte des ces mots et expressions ; d’autant plus que beaucoup d’entre nous ne la connaissent pas toujours ou bien l’ont oubliée….. Est-ce grave pour autant ? Finalement ce qui importe vraiment n’est-ce pas l’intention qui soutient les mots qu’on exprime ? Si on souhaite un « bon courage » à sa compagne avec amour, est-ce moins bien que d’avoir réformé son vocabulaire et d’avoir joué de son intellect pour lui exprimé notre ressenti avec une expression dite « positive » ?
    Je n’en sais trop rien mais ce dont je suis pratiquement certain c’est que, quels que soient les mots qu’on utilise dans nos rapports aux autres, ce qui compte, c’est la vibration qui sous-tend leur expression. Finalement, les mots, même s’ils sont très importants pour nous exprimer, ne sont que des symboles assez neutres. Ils viennent à notre esprit et c’est nous qui les chargeons d’énergie selon notre bon vouloir avec notre connaissance (limitée ou pas), notre culture et notre ressenti émotionnel du moment.
    N’oublions pas qu’autrefois, les nobles s’entretuaient en utilisant un vocabulaire très riche et soutenu et des expressions dignes des encyclopédistes….

    Pour en terminer, même si les mots et les expressions ont évidemment leur importance, il me semble que ce qui compte a plus affaire avec ce qui est sous-jacent à leur utilisation : l’énergie et l’émotionnel qui les exprime. A force de vouloir tout réformer, on risque fort de ne plus rien y comprendre…..

    • Bonsoir Philou,
      Je m’aperçois que j’ai laissé ton commentaire sans réponse, je m’en excuse.
      Je suis de ton avis sur l’intention derrière les mots qui compte plus que les mots eux mêmes. Pourtant les mots et les expressions ont un impact tant sur celui qui les prononce que celui qui les reçoit. C’est mon avis.
      Au delà de cela, il s’agit plus d’essayer par nos expressions de rendre le quotidien plus léger. Et en ce sens le « bon courage » me pèse. Mais c’est personnel…

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