Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime

MLM« Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime ». C’est un beau titre, non ? Une belle phrase. Des mots qui donnent envie. En tout cas, affichés en grand dans la gare centrale de Bruxelles ils ont attiré mon œil, ils parlent de mots et d’amour comment ne serais-je pas happée ?! Voilà une campagne d’affichage efficace puisqu’elle m’a conduite à :

– Voir l’affiche
– M’intéresser au pourquoi de l’affiche
– Chercher le lieu dont elle parle
– Visiter le musée en question (tiens au passage, encore une de ces coquetteries de la langue française, un de ces mots qui est masculin et prend un « e », musée, histoire de compliquer un peu la tâche de nos têtes blondes qui usent les bancs de l’école…).

Parce que, oui, aujourd’hui je viens vous parler d’un musée et de l’exposition temporaire qui s’y tient. Pas n’importe quel musée, notez ! Un musée qui a toute sa place au sein d’un blog autour des mots puisqu’il s’agit du Musée des Lettres et Manuscrits de Bruxelles. Pourquoi celui de Bruxelles et pas celui de Paris me demanderont peut-être quelques chauvins ? Ben parce que j’ai passé mon réveillon de Nouvel An à Bruxelles et pas à Paris, pardi ! Il n’avait pas de cadeau pour m’offrir à Noël, alors… Ah non, ce n’est pas la chanson de Bénabar le thème du jour pardon, je m’égare !

Citation

Revenons à nos moutons, d’autant que même Le Petit Prince, enfin, son auteur, avait des lignes manuscrites présentées dans les vitrines de ce musée où j’ai passé de très belles heures à découvrir les pattes de mouches écrits de personnalités plus ou moins connues (plutôt plus que moins), plus ou moins éloignées de notre époque (plutôt plus que moins), plus ou moins décédées (plutôt plus que moins), enfin je veux dire, pour là-plupart décédées, même si certaines sont encore de ce monde, comme Brigitte Bardot pour ne citer qu’elle !

Le musée comprend deux étages. Au rez-de-chaussée il y a donc, jusqu’au 16 Mars de cette année (2014, information pour les trainards qui découvriraient cette note très très en retard), l’exposition nommée « Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime » (je sais je me répète, mais je ne me lasse pas de cette phrase !).

A travers une bonne centaine de documents, et accompagnés d’un livret explicatif qu’il nous faut malheureusement rendre à la fin, nous découvrons donc les mots d’amour de nombreuses personnes, dans un voyeurisme bien plus agréable que de voir les parades amoureuses d’illustres inconnus dans des émissions de télé-réalité destinées à offrir du temps de cerveau libre aux publicitaires de tout poil. Reprendre sa respiration. J’ai éprouvé une sensation étrange et agréable à les lire, à découvrir leur écriture, leurs peines et leurs joies amoureuses ; comme une proximité nouvelle, bien qu’on ne se soit jamais connus. Edith Piaf, Jacques Brel, Alexandre II, Jean Marais, le Marquis de Sade, Napoléon, George Sand, Zola et bien d’autres sont là, plus ou moins illisibles (plutôt plus que moins) à mes yeux non exercés à lire des écrits à la plume.

Le lieu n’est pas grand mais on peut y voir le bonheur en personne lire des mots d’amour entre hommes et femmes, des mots d’amour entre hommes et hommes, des lettres qui disent « Tu me manques », des lettres qui disent « Je t’aime », des lettres qui disent « Je t’en veux de m’avoir laissée », des lettres qui disent « Reviens ! », des lettres qui parlent d’amours légitimes, des lettres qui parlent d’amours adultères, un florilège de mots et d’amoureux.

Lettre
Nous quittons l’exposition « Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime » pour monter à l’étage. Là se tient l’exposition permanente. Nous laissons le thème de l’amour pour nous plonger au fil des vitrines dans l’Histoire, les Sciences, la Musique, la Littérature et les Arts et contempler des manuscrits des grands noms de ces domaines, que ce soit Einstein, Eiffel, Henri IV, Richelieu, Strauss, Brel, Hergé, Delacroix, Manet, Aragon, Baudelaire et tant d’autres… Ce ne sont plus les mots en eux-mêmes qui m’interpellent mais la forme des écritures, l’âge de ces papiers, mon imaginaire qui se plait à voir un roi d’il y a des siècles traçant ces traits.

Ce sont de belles heures que j’ai passées dans un autre temps dans l’ambiance feutrée de ce lieu grâce aux traces de ces vies maintenant envolées. Et je vous invite à tenter l’expérience, d’autant plus si vous êtes un amoureux et/ou un amoureux des mots.

BrelMLM
Inopinément, une question m’est venue alors que je profitais de ces écrits : à quoi ressemblera une exposition des mots d’amour de nos contemporains, envoyés via des ondes et des réseaux en pixels s’affichant sur des appareils électroniques ? Je ne suis pas sûre du tout d’aimer lire des copies d’écran, du langage SMS et des mails sans âme… Les écrans remplacent peu à peu le papier (ce n’est pas Une Voix, avec sa récente « trahison », dont elle vous parlera sans doute, qui affirmera le contraire !). Si pour des textes dactylographiés ça n’ôte finalement qu’un aspect tactile, une façon de lire, je trouve cela bien plus dommageable quand je pense aux lettres d’amours…

Dites à votre avis, ça ressemblera à quoi ?

2 réflexions sur « Je n’ai rien à te dire sinon que je t’aime »

  1. Ça ressemblera sans doute à ce que nous aurons fait de notre société et à notre état d’esprit de la période en cours.

    – Si l’on veut être plutôt pessimiste dans le scénario, la technologie aura certainement complètement pris le pas sur nos histoires respectives en nous forçant à vivre une sorte « d’instant présent dirigé »; ce qui aura pour effet de nous couper complètement de nous-mêmes (et des autres) afin de nous obliger à rester des « travailleurs/consommateurs » ayant peu de temps à consacrer à la conjugaison du verbe aimer. Nous sommes d’ailleurs déjà, pour bon nombre d’entre nous, engagés de manière très inconsciente sur cette pente glissante avec des dieux médiatiques qui nous dictent souvent nos façons de voir, de penser et d’agir. Dans ce monde-là, plus besoin d’exposition de souvenirs passés puisque seule l’émotion dirigée immédiate fera office de curseur sur l’échelle de nos valeurs……
    – Si l’on préfère un scénario plus optimiste, la technologie aura également certainement pris le pas sur nos façons actuelles de coucher nos histoires sur un support mais nous serons restés connectés à ce que nous sommes vraiment : des êtres menés par une énergie d’amour en expansion. Les expositions continueront donc certainement à exister et nous raconteront notre histoire (avec un grand H) et nos petites histoires personnelles sous d’autres formes plus imagées au sens propre du terme : films 3D, images holographiques, pensées dirigées….). Tout ceci ayant pour effet de nous inciter (comme aujourd’hui) à étudier le passé pour mieux comprendre l’instant présent et mieux appréhender notre futur. Ceci toujours en harmonie avec nous-mêmes et en connexion maximum avec cette force d’amour que nous recherchons toutes et tous de manière consciente ou inconsciente.

    Notre futur est déjà inscrit dans notre présent puisque tous ce que nous pensons ou imaginons est réalisable à plus ou moins long terme. A nous de penser le plus juste possible afin que nos rêves se réalisent. Je ne sais plus qui est l’auteur de cette citation mais elle me semble vraiment parlante : « Les miracles surviennent lorsque tu accordes autant d’énergie à tes rêves que tu en accordes à tes peurs. » Exposons-donc (comme toi ici dans cet article) nos mots d’amour de quelques manières que ce soit. S’ils doivent être un jour exposés en vitrine, ce sera un juste retour du don offert. S’ils devaient ne pas l’être, disons nous bien que rien ne se perd jamais dans ce monde et que cette énergie dépensée n’est jamais vaine puisque c’est un don dans le partage avec l’autre (ou les autres). Que ce don soit inscrit sur du papier ou sur un écran n’a finalement que peu d’importance à mon sens même si cela sert certainement à certains d’entre nous à ne pas oublier de conjuguer le verbe aimer au quotidien.

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