Rythmer un texte (2ème partie)

Chanson d'applombJe suis certaine que depuis mon dernier article, tu t’es entraîné, mon cher lecteur, à rythmer tes textes sur des chansons de Cabrel et même que tu as poussé l’audace jusqu’à faire la même chose sur des chansons de Piaf ou de Gainsbourg. Oui, dans mes rêves les plus fous j’en suis certaine et je jurerais même que tu en redemandes, des astuces comme celles-là !

Et bien, avant même que tu en formules la requête, ton vœux est exaucé. Voici donc un second article sur la rythmification (le rythmage ?!) d’un texte.

Cette fois nous allons choisir une approche un peu plus théorique. Choisissons une autre chanson, par exemple « Comme Toi » de Jean-Jacques Goldman et analysons le rythme des vers sur les temps de la mesure.

Pour comprendre comment le texte est structuré il suffit donc de compter. Jusqu’à 4, qui plus est, c’est à ma portée.

Elle [1] avait les yeux [2]clairs et la [3] robe en velour[4]
A [1]côté de sa [2]mère et la [3]famille autour[4]
Elle [1]pose un peu di[2]straite au doux [3]soleil de la [4]fin du [1]jour [2] [3] [4]
 
La [1]photo n’est pas [2]bonne mais [3]l’on peut y voir[4]
Le [1]bonheur en per[2]sonne et la [3]douceur d’un soir[4]
Elle [1]aimait la mu[2]sique surtout [3]Schumann [4]et puis Mozart[1] [2] [3] [4]
Maintenant que j’ai compté, j’observe :
  • Tiens tous les vers font 4 temps, soit une mesure complète.
  • Et, ça c’est amusant, et il y a une mesure à vide à la fin de la strophe. Ce qui fait que notre strophe dure 4 mesures.
  • Par contre, c’est bizarre, il y a une syllabe avant le premier temps. On dirait qu’elle tombe « dans le vide »…
Si je reproduis cet exercice plusieurs fois avec des chansons différentes, je m’apercevrai que c’est un découpage classique : des vers de 4 temps, regroupés par 4 (ou par 3 avec une pause d’une mesure après). On retrouve parfois le même genre de regroupements non plus par 4 mais par multiples de 4. Et puis, bien sûr, il y a les exceptions, les textes beaucoup plus libres qui ne répondent à aucune règle, mais ceux-là, on ne va pas s’en préoccuper pour l’instant.

Ce que j’ai noté en troisième remarque est également très courant. Le premier temps d’une mesure est ce que l’on appelle un temps « fort ». Il est accentué. On entend bien, lorsque l’on chante une chanson, que c’est rarement le premier mot qui est accentué, rarement la première syllabe. Il y a souvent une voire plusieurs syllabes qui arrivent avant le premier temps temps, c’est à dire qu’elles appartiennent à la mesure précédente. On appelle ce procédé « anacrouse » ; Il permet de donner de la dynamique à la mélodie et de lier les différentes mesures entre elles. Un exercice intéressant serait de faire l’essai de rythmer un même texte avec et sans utiliser l’anacrouse. Tu verras, mon cher lecteur, que l’impression globale sera complètement différente.

Ici s’achève notre deuxième approche du rythme d’une chanson. Je t’invite, d’ici la prochaine fois, à observer comment sont rythmés les textes des chansons que tu aimes. Sont-ils sur le même modèle que celui que je t’ai présenté ? Y a-t-il des différences ?

Plus tu seras familier avec ces rythmes et plus tes textes trouveront leur propre rythme facilement, sans que tu doives, pour cela fournir beaucoup d’efforts. Ce qui est, avouons le, le but ultime : arriver, avec un minimum d’effort, à écrire de belles chansons !

2 réflexions au sujet de « Rythmer un texte (2ème partie) »

  1. Décidément je ne sais rien de la musique… Si certaines chansons me plaisent par leur mélodie, en général c’est clairement le texte qui me fait les aimer ! Je n’ai aucune notion de « mesure » (dans tous les sens du terme !!! 😀 ). Il me faudra écouter Comme toi en lisant ton article pour identifier cette inconnue.

    Par contre, je m’amuse de ton choix de chanson, car, bien avant de te lire, bien avant de te connaître, bien avant ton conseil, il y a déjà 12 ans (pfiou !), j’avais fais rythmer mes mots sur Comme toi :

    Il y avait l’eau claire et le sable de velours
    A coté le désert et la savane autour
    J’rêvais un peu distraite au doux soleil de la fin du jour
    La photo n’est pas bonne mais l’on peut y voir
    La plage de la Somone et la douceur du soir
    Je vivais insouciante, aimant Saly et puis Dakar

    Et puis toi, et puis toi, et puis toi, et puis toi,
    Et puis toi, et puis toi, et puis toi, et puis toi,
    Et puis toi que je regrette tout bas
    Et puis toi qui dort sous la terre là-bas
    Et puis toi, et puis toi, et puis toi, et puis toi.

    Et j’allais à l’école au lycée de là-bas
    J’y apprenais la France en ignorant le froid
    Je chantais le soleil et la chaleur qui veillaient sur moi
    Et j’aimais mon foyer et j’aimais mes amis
    Surtout Claire et Deniz et surtout Hamady
    Je les aurais emmenés, un jour, peut-être en Australie

    Avec toi, avec toi, avec toi, avec toi,
    Avec toi, avec toi, avec toi, avec toi,
    Avec toi que je regrette tout bas
    Avec toi qui dort sous la terre là-bas
    Avec toi, avec toi, avec toi, avec toi.

    Je m’appelais Sarah et n’avais pas quinze ans
    Ma vie c’était douceur, rêves et nuages blancs
    Mais d’autres gens en avaient décidé autrement
    Et j’aimais cette terre et j’aimais ces ombrages
    Je vivais des histoires à travers mes images
    Et je me redécouvre soudain, ici, et maintenant

    Mais sans toi, mais sans toi, mais sans toi, mais sans toi,
    Mais sans toi, mais sans toi, mais sans toi, mais sans toi,
    Mais sans toi que je regrette tout bas
    Mais sans toi qui dort sous la terre là-bas
    Mais sans toi, mais sans toi, mais sans toi, mais sans toi…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.