Palimpseste

© http://www.photo-effect.com/

C’est drôle la vie, à un moment nous avons du temps et l’envie d’écrire alors nous lançons un projet et, pfiou, l’envie reste mais le temps lui s’envole, emporté par un tourbillon d’imprévus et de priorités changeantes, et ainsi un article sur la versification peine tant à s’écrire que c’est vers une envolée plus légère que je me tourne pour tenir notre engagement, celui de mettre à jour de façon hebdomadaire notre espace!

Je viens vous parler d’un mot. Un seul mot. Un simple mot. Enfin simple… peu usité en tout cas, mais que j’ai rencontré par deux fois: palimpseste. C’est un de ces mots incompréhensibles au non-initié, qu’on ne devine pas par ses racines, en tout cas pas moi! Un de ces mots qu’on a peu de chances de croiser dans sa vie mais qui sonne si joliment sous la langue, qui est si doux à écrire, pa-limp-ses-te…

C’est un de ces mots qui auraient fait pâlir d’envie les collègues avec qui je jouais autour de la machine à café. Vous savez, ce jeu où l’on doit caser chaque jour dans nos conversations anodines de pause-café un mot spécial, inhabituel, de la façon la plus naturelle possible. Inutile de préciser que j’adorais ce jeu… Mais à l’époque palimpseste n’était pas entré dans ma vie. Il y a débarqué au hasard d’un cours d’anthropologie quelque part fin 2011. Un prof ayant tendance à une logorrhée emplie de mots bizarres (et oui je m’y exerce en ce moment même, mais promis, uniquement avec des mots que je connais déjà, je ne triche pas!), a vu une centaine de yeux s’écarquiller lorsque qu’au détour d’une phrase il nous a sorti du chapeau « palimpseste ». Bien que cinquante étudiants d’une moyenne d’âge relativement élevée s’avèrent ignorants du mot, il nous a pris de haut, version « quoi vous ne connaissez donc pas? Enfin voyons… ». Enfin voyons, c’est évident, cher lecteur, n’est-ce pas? Un palimpseste, tout le monde connait cela!

Tout le monde le connait si bien que je t’en donne quand même la définition: un palimpseste est un manuscrit sur parchemin dont la première écriture a été lavée ou grattée et sur lequel un nouveau texte a été écrit. Tout simplement. C’est que le papier était rare et cher à une époque… Notre anthropologue l’a utilisé dans sa définition « étendue », pour désigner un quartier qui est détruit et reconstruit par la suite.

C’est dommage je ne me souviens de la deuxième circonstance où je l’ai entendu, peut-être dans un documentaire, en tout cas c’était en mai, et depuis je brûlais de venir vous susurrer : palimpseste.

4 commentaires

4 commentaires

  1. Et alors ? Ou en sont les projets de mettre à jour de manière hebdomadaire votre blog ?………….. Bon, y’a apparemment qu’un seul participant mais c’est pas une raison quand même !!! 🙂 🙂
    J’espère que les articles vont fleurir après ça hein ! 😀

    • Et oui, c’est fou comme la vie peut parfois prendre des tournures qui rendent difficile le simple fait d’écrire un article tous les 15 jours!!! Je compte donc me bloquer un créneau précis dans mon emploi du temps surchargé!
      Tu es le seul à interagir avec nous, mais nous avons plusieurs lecteurs, et c’est bien sûr en donnant du contenu que nous en attirerons et que nous créerons l’interaction, petit à petit, mot à mot…
      Bon week-end!

  2. C’est, je pense, dans le livre « Le nom de la Rose » de Umberto Eco (puis le film tiré du livre) que ce mot est revenu à nos oreilles non initiées.
    Il existe même aujourd’hui des palimpsestes informatique ! Voici un extrait d’un commentaire pris sur le site PINCE TON FRANÇAIS :
    « Il existe des palimpsestes informatiques, grâce aux pièges tendus par Microsoft Word à ses utilisateurs et généralement au grand dam de leurs auteurs involontaires.
    Ainsi, si quelqu’un par inadvertance (ou même un contributeur précédent à votre fichier et à votre insu) a activé la fonction « track change » sans autoriser l’affichage des corrections sur l’écran, et que ces correction n’ont pas été toutes validées avant expéditions, les futurs destinataires de ce fichier n’ont qu’à cocher l’option « highlight changes on screen » pour voir apparaître comme par magie toutes les précédentes versions. Je l’ai appris à mes dépens lorsque, durant des négociations délicates avec une société partenaire potentiel, je lui ai envoyé un projet de contrat qui lui a permis par ce biais de prendre connaissance des clauses d’un autre contrat de même nature que j’avais soumis précédemment (à partir de même fichier) à une société tierce… Heureusement, dans ce cas, cela a permis à cette société (qui a eu l’amabilité de m’avertir…) de constater ma bonne foi et que je ne promettais pas à d’autres plus que ce je lui offrais à elle, mais cette mésaventure (certainement fréquente, mais personne ne s’en aperçoit) aurait pu être très dommageable…
    Pire, tout fichier Word enregistre de manière « secrète » un certain nombre d’informations sur ses auteurs, ses contributeurs, ses destinataires, etc. Ces informations se baladent avec le fichier et ne sont accessibles qu’à des informaticiens. C’est ainsi que sur foi d’un fichier Word mis sur le site du gouvernement britannique, on a pu facilement prouver que, contrairement aux affirmations de Tony Blair, son cabinet avait bien pris connaissance d’une note démontrant avant l’attaque de l’Irak qu’il n’y a avait probablement aucune arme de destruction massive dans ce pays… »

    Comme quoi, l’humain ne change pas vraiment mais s’adapte simplement au gré des nouvelles technologies……

    • J’ai vu « Le nom de la rose », il y a bien longtemps, mais pas lu. Palimpseste ne m’avait pas marqué à l’époque! 🙂
      Quand aux explications sur les fichiers, l’informaticienne que je suis s’amuse beaucoup de toutes ces subtilités! Et celle qui souscrit à l’expression « nous récoltons ce que nous semons », te félicite d’être de bonne foi!
      Enfin, la capacité d’adaptation est une composante majeure des systèmes vivants… Parfois on a juste un temps d’inertie un peu trop long. 😉

Réagissez

Utilise Gravatars dans les commentaires - obtenez le votre et soyez reconnus !

XHTML : balises autorisées : <a href=""> <b> <blockquote> <code> <em> <i> <strike> <strong>