LLL (Lynda Lemay Live ! )

LLLJe l’ai entendue en vrai, cette chanson dont je vous avais parlé !

Assise, au premier rang – juste à côté d’une amie de Lynda Lemay, lectrice de ce blog qui m’a procuré cette place pour son concert à Nice le 25 Mars – je vous assure que je n’en menais pas large quand j’ai reçu toute cette émotion à la figure. Il faut vous imaginer que j’étais suffisamment près pour voir les yeux de l’artiste briller et ses lèvres trembler !

« Comment ça va ? » n’est pas la seule chanson qui m’a émue. Je dirais même que ce n’est pas celle qui m’a le plus émue car, ne connaissant pas encore beaucoup cette artiste, de nombreuses chansons du set m’étaient inconnues et ont déversé sur moi, par surprise parfois, un flot d’émotions.

Et de rires aussi, car si toutes les chansons de Lynda sont très expressives, elles ne sont – heureusement – pas toutes tristes. L’humour de la chanteuse est par moment très fin,  souvent grinçant. Il s’approche parfois aussi du grotesque tellement elle n’hésite pas à grossir les traits des personnages qu’elle dépeint ou les situations qu’elle mime en même temps avec emphase.

Certains diront que son interprétation est « surjouée ». Ça se discute. Je comprends ce point de vue mais il me plait de croire qu’il s’agit plus d’une émotion incarnée que d’une émotion jouée ou surjouée. Pour avoir assisté également à la séance de dédicace après le concert, je peux vous assurer de la spontanéité et du franc parlé de l’artiste. Vous me direz qu’être naturel et direct n’empêche pas d’avoir un côté acteur. Je vous l’accorde et vous confirme même qu’il est nécessaire parfois de savoir se cacher derrière un masque lorsque l’on monte chaque jour sur scène pour interpréter ses propres chansons.

Quelle part de lui-même un artiste met-il dans ses chansons ?

Dans quelles limites le masque porté par un artiste lui ressemble-t-il ?

Je me suis souvent posé cette question en tant que fan… et aussi parfois en tant qu’auteur ! Il me plairait de connaître votre avis. Qu’en pensez-vous ?

7 réflexions au sujet de « LLL (Lynda Lemay Live ! ) »

  1. A mon avis, l’artiste et son masque ne sont finalement qu’une seule et même personne. On ne peut devenir quelqu’un d’autre que soi-même. L’individu a tellement de facettes (connues et inconnues de lui, en latence de découverte) que tout ce qu’il dégage et projette à l’extérieur de lui n’est que le reflet de son propre monde intérieur. C’est d’ailleurs pour cela -pour mieux se connaître- qu’on est poussé par des forces inconscientes à monter sur une scène quitte à en crever de trac!
    Alors, bien sûr, emporté par l’enthousiasme du psectacle et les énergies du public, on peut évidemment surjouer un peu ou beaucoup. Néanmoins, même connecté à l’énergie d’une salle remplie, l’artiste y envoie sa propre énergie (parfois négative ou à contre courant ce qui implique que le spectacle tombera à plat par le seul fait de ne pas être dedans…).

    Pour se confronter aux autres, même dans le partage, on porte toujours les masques que l’on a choisi (consciemment mais la plupart du temps inconsciemment) et ainsi nous montrons de nous-mêmes des images qui nous arrangent et qui nous semblent convenir aux situations. Ou, pour certains, pas de masque du tout ! Mais là, c’est bien plus rare car soit on est complètement désinhibé et capable de tout, soit on est devenu un vrai sage. Les artistes qui jouent (dans le bon sens du terme) avec leur émotionnel et celui des gens n’échappent pas à cette règle. Pour peu qu’ils soient auteurs -comme Linda Lemay – je ne vois pas comment il pourrait ne pas être eux-mêmes sur une scène.

    C’est vrai aussi qu’ils peuvent être différents en dehors de la scène et sembler ne pas correspondre à l’image que nous nous faisons d’eux en représentation. Mais un humain à toujours plusieurs facettes et un potentiel d’adaptabilité inné lorsqu’il est en groupe. Nos réactions sont toutes différentes au travail et à la maison, en groupe et en solitude. C’est pareil pour les artistes sauf qu’une fois monté sur scène, ce sont eux qui sont sensé « mener la danse ». Il est par ailleurs très intéressant de faire l’expérience de scènes « direct public » -de plein pied avec lui- et de scènes surélevées….. Le mental change du tout au tout et on se découvre des facettes de nous-mêmes que nous ignorions auparavant…..

    Bref, pour conclure, et à mon sens, un artiste ne peut faire autrement que de mettre tout de lui dans ses chansons et son masque lui ressemble trait pour trait au moment où il se produit. Justement parce qu’on ne peut être quelqu’un d’autre que soi-même. Le public est un miroir et il reflètera toujours l’image du moment. Le travail qui convient ensuite est de pouvoir prendre assez de recul afin d’analyser ses émotions, ce qu’elles font résonner en elle ou en lui (l’artiste) de plus profond et d’apprendre à positiver et transcender tout cela pour essayer d’aller plus loin.

    Même si nous mettons très souvent de la distance envers nous-mêmes (en croyant la mettre envers les autres) et quels que soient nos masques (choisis ou inconscients), nous restons nous aussi nous-mêmes et nous sommes finalement toutes et tous des artistes, chacun à son niveau et à sa manière, puisque nous jouons à chaque instant dans ce jeu de la vie, notre propre création face à un public aussi divers que varié. La salle de spectacle est juste différente voilà tout ! 🙂

    • Bonjour Philou, merci pour ce partage très intéressant 😀
      Je suis assez d’accord avec ton point de vue et je suis contente que tu l’aies exprimé ainsi et aussi bien expliqué.
      J’aimerais beaucoup avoir l’avis d’autres lecteurs, notamment s’il y en a qui ont assisté à ce concert 😉
      (Ou à un autre concert de Lynda Lemay, ou à des concerts d’autres artistes…)

  2. Lynda… Je l’ai vue en concert au troisième rang il y a… pfiou ! J’étais enceinte en tout cas, donc 2004 ou 2006… Je me souviens m’être dit qu’elle faisait comme Serge Lama, pour ce qui est de l’alternance de chansons « tristes » ou « profondes » et de chansons gaies et légères. Beaucoup d’émotion, une belle présence.

    Je l’ai découverte en 2002, à la télé, c’est peut-être même cet extrait-là. « La centenaire ». Écoutez-là, elle est magnifique. La chanson m’a tellement touchée et plu que j’ai cherché à entendre les autres, et puis, ma vie étant ce qu’elle était à cette époque, je me suis entichée de tellement de ses chansons que je ne saurais en choisir une parmi toutes ! Durant les années qui ont suivi j’ai acheté tous ses albums, écouté toutes ses chansons, m’en appropriant de nouvelles. Puis j’ai cessé et je ne connais pas ses œuvres des dernières années. J’écoute encore de temps en temps toutes celles qui m’accompagnent depuis 11 ans et me racontent des souvenirs ou se réactualisent.

    Dans le désordre :

    « Dans mon jeune temps » me tire les mêmes larmes et la même émotion que « Cadeau » de Marie Laforêt, celle qui se réveille dès que je lis ou entends quelque chose qui parle de l’enfance ou du lien entre les enfants et leurs parents.

    « Je voudrais te prendre » me parlait, curieusement, d’une sœur perdue de vue, là où elle s’adresse à sa mère biologique inconnue. Et dans des situations diverses « je voudrais te prendre dans mes bras » est une phrase que m’impose ma radio interne.

    J’ai trop souvent entendu le train passer dans ma tête à une époque, et j’ai évité autant que possible « Chaque fois que le train passe », mais quand ma cargaison était trop pleine je ne pouvais qu’y revenir et espérer ce fou rire.

    Je chantonnais « Le plus fort c’est mon père » à l’attention de mon fils quand il était tout petit, en lui parlant du sien, le plus fort c’est ton père… Je ne sais pas s’ils le savent. Forcément elle a du coup eu une saveur plus amère plus tard, et je l’ai chantée pour moi, comme elle le fait, avec ces mêmes questions.

    « Ma plus belle déception » chantée pour toi, et, oui, sans doute, tu es ma plus belle déception, c’est vrai que j’y ai cru, c’est que l’amour on y croit, mais l’amour ça peut se déchirer aussi vite que ça se coud…

    Le rythme et l’utilisation des mots de « Des pieds et des mains » me ravissent, et la colère rentrée que j’y entends en a fait une de mes chansons « de colère », de celles que je chante quand la rage m’habite et qui m’aident à l’exorciser ! Son « Roule-moi » me sert de même, bien que la chanson soit loin de mon vécu, le refrain reste utile ! En troisième chanson de colère fournie par Lynda (un autre pourvoyeur étant justement Serge Lama), il y a « J’aime pas les femmes ». Je me sens ridiculement femme…

    Pourquoi « De tes rêves à mes rêves » me ramène à cette passion de jeunesse tumultueuse, je ne saurai le dire, mais je l’adore, vraiment, vraiment. Et parfois, je n’ai plus rien à blesser qui soit vierge de coups et c’est moi qui suis trop vieille pour réparer d’anciennes erreurs.

    Et dans la même veine, « Les perles de l’Atlantique » qui me parlent d’une époque encore plus lointaine, où moi aussi à moitié femme et à moitié petite fille j’ai laissé derrière moi le sable et la mer et un certain jeune homme. J’ai mis près de dix-sept ans à laisser le fantôme de l’adolescente amoureuse se confronter aux adultes que nous étions devenus, et se fut bien une réponse à toute ma vie qui s’embrouillait.

    Encore une histoire d’amour dans ma mémoire avec « Je veux bien t’aimer », de toutes façons avais-je le choix ? J’ai voulu me moquer du proverbe moi aussi et forcer les hasards qui ne jouaient pas en notre faveur, j’ai voulu t’aimer de loin, le cœur tout plein de ton grand vide… Je t’ai aimé même si tout ça c’était sans issue, c’était impossible.

    Bien que je la connaisse depuis longtemps je n’avais pas encore lié « Montre-moi » à quiconque, c’est maintenant fait. C’est fragile ce bonheur mais on apprend à se montrer et à se voir.

    Dans les deux premières où je me suis fortement reconnue, à l’époque où j’ai découvert ses chansons, il y a « Mon nom », ode à une dépendance affective ? J’étais dans cet état-là à ce moment-là, et je lui demandais de porter tout cet amour tellement lourd. Je ne me suis jamais donnée à petites doses.

    Et donc parmi ces deux-là, « Je suis grande », si je devais en citer une ce serait celle-là. Combien de fois ai-je eu envie de baisser mes bras de femme forte ? Mais, chut…

    Combien d’autres encore ? « La louve », ce désespoir, cette défaite qui chantait parfois aussi en rengaine dans ma tête. Pour ma fille, comme pour moi, « Donnez-lui la passion ». Et puis « La lune et le miel », baume au cœur et sourire, « Je cherche un homme de cinquante ans » qui le décrit plutôt bien qu’importe son âge, « M’exaucerais-tu quand même ? », « Les souliers verts », « Drôle de mine » , « La veilleuse », « J’te l’avais dit », « J’ai battu ma fille », « Ceux que l’on met au monde », « Pourquoi tu restes ? », « Ne t’en vas pas », « Les mains vides», « On m’a fait la haine », « Maudite prière » mince, la liste n’est pas exhaustive ! Et je n’ai pas parlé des gaies !

    Euh, Une Voix, t’avais-je dis que j’aimais les chansons de Lynda ? 😀

    • Oui, Une Plume, tu me l’avais dit 😀
      Mais je ne savais pas qu’elle accompagnait ta vie d’aussi près !
      Merci pour toutes ces références. Lynda a chanté certaines chansons que tu sites le 25 Mars. Je me rappelle que « la Centenaire » m’ bien secouée, « je voudrais bien t’aimer » aussi.
      « Je suis grande », tu me l’avais fait écouter et elle me parle aussi. Tiens, un peu dans le même esprit mais dans un autre style, connais tu « Je suis liquide » de Jeanne Chrehal, qui dit justement « Non, je ne suis pas grande mais… » ? Petite perle aussi, je trouve.
      http://youtu.be/pp8PmPu7Azo

      • J’ai beaucoup aimé ton témoignage Une Plume 🙂

        Lynda aussi était enceinte en 2006, c’était l’époque de son opéra folk « Un éternel hiver », un show dans lequel elle raconte une histoire sur 51 chansons avec 5 interprètes.
        Donc ca devait être en 2004, et si c’était à Nice, ben on devait être dans la même salle 🙂 ; c’était la première fois que je la voyais en concert, et je l’ai vue… de loin lol. Me suis rattrapée depuis 🙂

        C’est aussi à la télé que je l’ai découverte, c’était en 2000 avec « les souliers verts »; quelques mois plus tard, de nouveau le même extrait sur la même chaine, j’ai alors acheté son album de l’époque « Du coq à l’âme » en pensant y trouver que des chansons drôles du style des souliers verts, mais j’ai surtout pleuré à son écoute, tellement j’étais touchée par « les mains vides », « je suis grande » et « mon nom » …
        J’ai alors acheté tous ses albums précédents, et depuis… tous ceux qui ont suivi…

        • Salut Ô Carole !
          Merci pour l’information, donc oui c’était certainement en 2004 ! A l’Acropolis.
          Les souliers verts, c’est la deuxième que j’ai entendue et la plus connue à l’époque où elle est parvenue à mes oreilles. Et Du coq à l’âme je l’écoute encore régulièrement avec grand plaisir, touchée par les trois mêmes que tu cites.
          Bon dimanche et à bientôt te lire dans ces pages !

  3. Contente que le show t’ait plu Une Voix ! 😉

    Je ne saurais dire pour les autres artistes, mais en ce qui concerne Lynda, je ne pense pas qu’elle porte un masque.
    Le premier adjectif qui me vient à l’esprit à son sujet, c’est « vrai », « vrai » comme « authentique »; c’est ce qui m’avait attirée chez elle au tout début et les années qui ont suivi ne m’ont pas fait changer d’avis.
    C’est quelqu’un de très sensible, de très empathique. Quand elle crée une chanson dont le sujet au départ n’aurait rien d’autobiographique, elle va imaginer et dépeindre les réactions et émotions qu’elle aurait si elle avait à vivre elle même la situation… S’il y a une part d’autographie, elle déguisera parfois un peu l’histoire, et parfois pas du tout (« le plus fort c’est mon père », « donnez lui la passion », « le vieux garçon », …) et les réactions et émotions décrites seront les siennes.
    Alors, pendant  leur « interprétation », je dirais, qu’elle est juste elle-même. 

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