Poérotique

CircéIl a fallut un style, une voix, une liberté d’écriture un peu hors norme pour me sortir de mon mutisme rédactionnel et me faire retrouver le chemin de ce blog que j’ai laissé un peu prendre la poussière ces derniers temps.
Des chantiers personnels m’ont éloignée de vous pendant quelques temps. Chers lecteurs, je vous prie de m’en excuser.

Vous connaissez peut-être déjà Circé Deslandes ?
Elle vient de sortir un album, dont le titre (Œstrogenèse) annonce la couleur.

Je découvre cette artiste et je pressens qu’elle va faire parler d’elle prochainement et pour plus d’une raison.

La première est sans aucun doute son vocabulaire. Je pensais ma plume affranchie, je tombe de haut quand je découvre le premier extrait de son disque, dédié au sexe masculin, et dont le titre arbore fièrement et tel un obélisque un mot de quatre lettres commennçant par « b » et finissant par « ite ». Je ne vous parlerai pas du clip de la dite chanson, je vous laisse vos recherches par vous même…

Certains parleront de style provocant, à cause des images suggérées par les mots (et les mots suggérés par les images du clip d’ailleurs). Mais ce serait à mon sens assez réducteur et je préfère parler de liberté, de désinvolture. Désinvolture mais toutefois aussi beaucoup de sérieux dans cet univers qui, on le ressent, n’a pas été artificiellement construit pour choquer ni interpeller.

Les sujets érotiques, voire un peu crus sont abordés sans fausse pudeur mais avec une grande poésie. Poésie que l’on retrouve dans la musique qui est subtile et ciselée et qui m’a fait penser aux premiers albums du groupe Air dans les atmosphères et les orchestration. La voix est tantôt suave, tantôt ingénue et portent de vraies mélodies.

Trop la décrire risquerait de la desservir ou de rétrécir son univers et je n’en ai pas envie.
Je vous laisse la découvrir et venir nous en parler sur ce blog si le cœur vous en dis.

J’essaie de vous revenir vite, Inch Allah.
Bonne écoute !

Bon courage ! Ou pas.

Bon courage !

Dimanche. J’appelle une amie pour prendre quelques nouvelles, la conversation se termine invariablement par « Bon courage pour ta semaine ». Euh… merci. Je te souhaite une très belle semaine !
Lundi. Mon patron m’envoie un mail en me demandant d’effectuer une tâche, tâche qui m’incombe de surcroit. Il achève son mail par « Bon courage ! ». Mais chef, c’est mon boulot. Et en plus j’aime mon travail, je t’assure. Bonne journée, chef !
Mardi. Je pars en déplacement professionnel. Au moment où je passe la porte, mon compagnon me lance un « Bon courage pour la route ! ». C’est gentil… un « Bonne route ! » aurait suffit, non ?
Mercredi… Dois-je continuer ?

Vous avez certainement compris où je voulais en venir. Nous vivons une époque tellement difficile, qu’il nous faut du courage pour tout. Du courage pour nous lever le matin, pour faire le métier pour lequel on est payé, pour affronter le mauvais temps, faire sa déclaration d’impôts, les courses, la lessive,… Stop !!!
Pourquoi pas du courage aussi pour sortir boire un verre avec des amis, pratiquer mes loisirs, faire la sieste ?

S’il me faut du courage pour vivre au quotidien, la vie que j’ai choisie et que je choisis chaque jour, que me souhaiterez-vous quand j’aurai à affronter une épreuve, une perte, un échec ?

Surtout que du courage, j’en ai plein, moi ! Je n’ai pas besoin qu’on m’en souhaite. Alors s’il vous plait, souhaitez moi de bonnes journées, de belles rencontres, des matins colorés, des soirées douces, des nuits noires (ou blanches). Souhaitez moi de la joie, du bonheur, la paix ou l’amour… Éventuellement de la chance, mais pas du courage, hein, d’accord ?

D’ailleurs c’est amusant, quand on traduit « Bon courage » en anglais, ça donne « Good luck » ce qui veut dire aussi « Bonne chance ». La chance c’est finalement mieux que le courage, vous ne trouvez-pas ?

Il parait que les mots que nous utilisons nous transforment. Ils montrent notre perception de la vie et nous transforment dans ce sens. Qu’en penses-tu, cher lecteur ?
Penses-tu qu’en t’habituant à utiliser des mots jolis et positifs, des tournures optimistes et des expressions joyeuses, tu peux infléchir ta façon de voir la vie et donc de la vivre ?

C’était la minute de réflexion philosophique. Revenons à nos moutons et à nos lectures. J’ai aperçu qu’il existe un livre qui porte ce titre Ne me dites plus jamais bon courage !. Je suis rassurée de ne pas être la seule à lutter contre ces expressions toutes faites du quotidien et je m’en vais de ce pas lire ce petit bouquin. Je vous en reparle bientôt !

D’ici là, bon… mois de Novembre à tous !

J’aime les mots

j'aime les mots

J’aime trouver les mots justes, les mots vrais, les mots beaux

J’aime trouver les mots justes, juste là quand il faut

J’aime les mots qui supputent, qui chatouillent les nasaux

Et qui tous azimuts vous rabotent le museau

J’aime les mots qui percutent, bousculent les idéaux

A renfort de culbutes et de doux noms d’oiseaux

J’aime au son de la douche, faire sonner mes refrains

Qui peut-être feront mouche, ou qui ne donneront rien

J’aime chanter des rengaines, des mots sots ou rigolos

Babiller des fredaines, répandre des ragots

J’aime tourner dans ma tête les phrases autour du pot

Et chercher la p’tite bête quand elle monte un peu trop

J’aime prendre des détours, jouer des synonymes

Appeler au secours mon dictionnaire des rimes

J’aime les mots qui déraillent, en provoc contrôlée

Les calembours canailles dans la cour de récré

J’aime les mots qui dévalent, les pentes et les ruisseaux

Les paroles en cavale, les traits bien à propos

J’aime quand ils sont de vous, les mots doux dans le cou

Hiboux cailloux genoux, de votre ton voyou

J’aime trouver les mots justes, les mots vrais, les mots beaux

J’aime trouver les mots justes, juste là quand il faut

Ces mots qui tournent autour du pot

Trois ansRien depuis Juin, c’est pas bien… mais en même temps, on vous avait prévenus. Et Une Plume, faut pas lui parler de liberté, sinon, elle se prend au jeu. Pourtant, je peux vous le dire, elle a envie de vous écrire. Elle en a envie et elle le fera sans doute bientôt.

Quant à moi, depuis Juin, j’ai lu et j’ai écrit. Sans vous le dire, c’est vrai. Je ne peux quand même pas tout vous dire. Non, n’insistez pas, je ne le ferai pas. Toutefois, aujourd’hui, j’ai envie de partager quelque chose avec vous. Un texte que j’ai écrit il y a peu.

Mais avant cela, je voudrais vous raconter comment ce texte s’est écrit. Je ne sais plus si je vous l’ai déjà expliqué mais souvent pour écrire, je pars d’une émotion, d’une idée, d’une couleur, d’un mot et je tourne autour. Enfin, plutôt, c’est l’émotion, l’idée ou le mot en question qui tournent autour de moi. Moi je ne fais rien, rien que les écouter et les coucher sur le papier. Parfois, l’émotion exprimée, je l’ai ressentie en écoutant une amie se confier, en voyant le visage d’une personne croisée dans la rue ou en entendant une musique. Parfois, il s’agit de quelque chose que j’ai vécu, dont je me souviens, plus ou moins bien. Souvent, à l’émotion première font écho d’autres émotions enfouies, endormies, latentes. C’est d’ailleurs souvent lorsque je vis une émotion vive que j’ai envie (besoin) d’écrire, car celle-ci va secouer tout un tas de choses en moi qui ont envie de s’exprimer.

Les mots qui viennent alors (tous seuls la plupart du temps) peuvent être très proches de ce que je ressens… ou plus éloignés. Ils peuvent mélanger plusieurs souvenirs, plusieurs histoires, plusieurs contextes, imaginaires même de temps à autres. Le résultat, je ne le connais jamais à l’avance et je ne sais parfois même pas dire, au moment où l’inspiration frappe à ma porte, sur quoi va porter le texte final. Pour ouvrir une parenthèse, dans l’expression comme ailleurs, cela se saurait si l’on maîtrisait quoi que ce soit. Non, on ne contrôle rien. On peut juste décider de résister… ou de laisser faire. Sur ce, je referme cette parenthèse en vous répétant que ce sont bien les mots qui m’écrivent. Moi, je ne fais que les entendre et les « autoriser ».

Finalement, j’ai changé d’avis, je ne vous raconterai pas l’histoire du texte suivant (qui deviendra peut-être une chanson, il en a déjà le format). Je vous dirai juste que l’émotion était là, qu’elle est allée en piocher une autre et peut-être encore une seconde et une troisième, qui ne m’appartiennent pas forcément d’ailleurs et puis que les mots se sont ensuite improvisés. Inutile donc d’essayer d’en interpréter le propos. Laissez juste les mots venir à vous et peut-être auront-ils quelque chose à vous dire…

Bonne lecture et à bientôt !

Trois ans

Trois ans et des poussières
Je la regarde s’accumuler
Sur les photos imaginaires
De nos projets non réalisés


Trois ans et des brouettes
De ressentiments, de prises de tête
De non-dits bien pensés
Mal pensant et mal embrassés


Combien de temps depuis
Ce regard qui m’avait éblouie
Combien d’années j’ai pris
Au coin des yeux… depuis…


Trois ans et des bananes
C’est marrant mais, où est la flamme ?
Le petit feu fragile
Notre trésor et talon d’Achille ?


Combien de temps depuis
Ce regard qui m’avait éblouie
Combien d’années j’ai pris
Au coin des yeux… depuis…


Trois ans c’est presque rien
Rien de plus qu’au premier matin ?
Mais qu’est-ce qui nous retient ?
Dis-moi, est-ce bientôt la fin ?


Trois ans, c’est que dalle
Mais ça fait quand même un peu râler
Cette mésentente cordiale
Même notre rupture nous fait bailler


Combien de temps depuis
Que la magie s’est évanouie
Combien d’années j’ai pris
Au coin des yeux… depuis…